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/i18 HISTOIRK DU DROIT EN NAVARRE.
RBCOGNOSCENCIA.
Le for s'exprime ainsi : ^ A la mort de tout vilain , ses enfants doivent au seigneur la pocha de recognoscencia , afin que le seigneur les reconnaisse comme héritiers du vilain décédé, et, s'ils refusent d'acquitter cette pécha, le seigneur peut faire saisir tous les enfants du vilain qui se rendront à Tenterrement.» (L. III, t. V, c. xiv.)
II y avait deux sortes de peclui de recognoscencia. Lorsqu'un abbé prenait possession d'une abbaye et des terres qui en dépendaient, tous les vilains et tous les tributaires du couvent devaient aller le reconnaître, en lui offrant le repas dont nous avons déjà parlé.
Lorsqu'un vilain venait à mourir, ses enfants devaient aller se mettre à genoux devant le seigneur [solariego)^ afin qu'il les reconnût comme ses sujets; avant d'enterrer leur père, ils étaient obligés de rendre leurs devoirs au seigneur, qui, autrement, pouvait les faire enfermer en prison ^wr la desatencion, c'est-à-dire pour avoir manqué aux égards qui lui étaient dus.
RBLBVACIOIVBS DBL 8RRVICI0 DB GHERRA.
C'était le rachat du service militaire. On lit dans une charte de 1 36q : Compo$icume$ por no ir àla guerra.
Le noble ne payait qu'un tribut : celui du sang. Lorsque l'âge ou les infirmités ne lui permettaient plus de prendre les armes et de mener ses hommes au combat, il se faisait exonérer du service en payant l'impôt de relemciones.
LOIS FKODALKS. 419
RUEDAS (hOLINo).
Le for consacre un titre aux moulins (ruedas). Dans plusieurs chapitres, ils*occupe des prises d'eau, de l'obligation de bien moudre, des réparations de l'usine, des fraudes du meunier. Celui qui apportait le grain devait le mesurer avec soin; s'il ne le mesurait pas, le meunier pouvait, s'il était accusé d'en avoir pris, se justifier par son serment. Ce serment, quand il s'agissait d'un robo ou plus de grains, devait se faire sur des reliques de saints [sobre santos)\ s'il s'agissait de moins d'un rabo, il suffisait au meunier (^rodero) de jurer sur la tête de son confesseur et de son parrain.
Le moulin pouvait appartenir à plusieurs personnes. Si les murs tombaient, s'il y avait de grandes réparations à faire, et qu un seul voulût se charger du travail, il jouissait seul de tous les revenus, jusques à ce qu'il eût été indemnisé de toutes ses avances. (L. VI, t. VI, c. vu.)
C'est au titre des forteresses , dans le premier livre, que le for place la défense de construire des châteaux, des moulins et des fours contre la volonté de ceux qui ont la seigneurie du lieu {^contra voluniad de aqueilhs que han el senorio en las villas).
Une autorisation préalable était exigée du noble comme du vilain. (L. !, t. III, c. ii.)
Le for ne prescrit pas j)récisémcnt l'obligation d'aller moudre au moulin banal; mais celte obligation existait en Navarre comme ailleurs. Une charte de Pampelune de i35i nous apprend que le roi exigeait le quatorzième de la farine faite à ses moulins et 3 deniers par mesure pour faire cuire le pain dans ses fours.
UiO HISTOIRE DU DROIT EN NAVARRE.