‹ La Navarre françaiseChapitre 14 sur 131 · II · texte numérisé non relu

II

(^ délai, que personne ne lui fasse clc mal, à moins qu^il ne le «cherche [si non lo buêca). El si la cour décide qu*ii a donné a des cautions ou réparé sa faute, le roi doit lui rendre le sien ^{render lo suyo) et ne pas le laisser sans l'honneur (mi kh ^nor).v (L. I, t. ni, c. VI.)

Le rit*ombro, si puissant dans l'origine, fui plus tard nommé par le roi, qui conférait cette dignité à ceux qui l'avaient vaillamment servi à la guerre ou qui avaient gagné ses faveurs. On n'était plus ricombre parce que Ton était riche, mais on devenait riche parce qu'on était ricombre.

(Iharles il, en i35o, créa ricombre Pierre de Luxe,^Nwr nmi honneur, sa prouesse, bons et afjréables services. Il recevra. est-il dit, chaam an, du trésorier royal le payement de ladite ricombric. Voici une autre ordonnance du même roi, datée de septembre i35o :

Comme nous au temps de nostre couronnement eussions créé pour ricombre de nostre dict royaume au noble et nostre bien aymi Jrnauli Ramon de Gramont et à sa supplication les six cavalknes fm luy auons donné et octroyé en honeur come à ricombre aumu ordoné quil en re^oyve en la manière qui s'ensuit : cest â seauùir que le dict noble ayt pour manière de tribut, pour tant quil nous plaira, nostre ville de la Bastide el la confiscation et les meubles en rentes^,

Charles II, dans une charte de 1376^ donne au seiior it los Combros, en honor pour sa riconibrie, la ville et le château de Vuiturra, avec le baile, les fours, moulins, tributs , rentes et amendes, les homicides et demi -homicides, selon, est-il dit, que le ricombre de notre royaume qui tient honor en terre a coutume d'en jouir.

Les devoirs et les droits des ricombres sont tracés dans la

' Oihonarl, A'ofi7ia ntriuMqvp Vatnmiœy p. loO et 107. ' Arfhivos «le Pampoliinc.

loi. Il est aux ordres du roi, quil doit accompagner à la guerre. Le for prévoit le cas où il se trouve malade au moment où il est convoqué; dans ce cas il est obligé de faire partir ses caballeros avec son majordome. (L. I, t. IV, c. viii.)

Les privilèges et les honneurs attachés à la dignité de ricombre la faisaient rechercher par les plus puissants seigneurs étrangers. Gaston de Béarn, pour prix de ses exploits contre les Maures, fut nommé ricombre. Le roi de Navarre donnait aux ricombres le titre de cousin. Il traitait le seigneur de Lacarre de tâcher et bien aimé cousin » [caro y bien amado cormanoy.

Le for règle les honneurs à rendre au ricombre qui visite son honor ou seigneurie.

Les vilains doivent apporter du bois pour faire le feu et des torches de pin pour l'allumer. Ils sont obligés d'entretenir le feu pendant que le ricombre dîne avec ses hôtes. S'ils sont nourris , cette obligation continue tout le temps que leur seigneur est dans le village; si on ne leur donne pas à manger, ils sont dispensés de continuer à apporter du bois et des torches. Le fuero fixe le nombre des charges de bois, le mode de transport, etc. (L. I, t. IL c. ii.) Les vilains étaient obligés aussi de nourrir les chevaux du ricombi'e.

Lorsque ce n'était pas jour de fête, il leur était prescrit de sonner trois coups de cloche pour appeler à la messe le ricombre ou celui qui le représentait : le prestamero. L'omission de ce devoir était punie d'une amende de 60 sous.

Le curé, accompagné de son sacristain, était tenu de venir bénir le repas du ricombre. S'il était invité, il revenait tous les jours; s'il n'était pas invité, il pouvait se dispenser de revenir.

' Dans ic for, connano signifie ^ cousin germaine).

L'institution des ricombres remontait aux origines de la monarchie; on voit au xvf siècle apparaître les grands d'Espagne «t les ricombres ne paraissent plus.

La résurrection de cette dignité antique fut réclamée, même dans les temps modernes. En 179G, le marquis de San Adriao pria le roi de la rétablir dans sa maison, parce que ses ancêtres en avaient joui. Les cortès s'y opposèrent en disant que le titre de ricombre avait été toujours personnel et non héréditaire.

Les titres héréditaires ne furent créés que par Charles IIL Ils furent peu nombreux : le prince de Viane, les comtes de Cortès et de Lérin, les vicomtes du Val d'Erré et da Val d'Uzarbe, et le baron de Béorlégui.

Les rois d'Espagne , sous la grande monarchie espagnole, créèrent un grand nombre de marquisats , de comtés et de baronnies comme titulos de Navarra.

Les formules pompeuses étaient du goût du moyen flge.

En i33o, le conseil de Tudèle donnait au roi le titre de Majesté [real magestad). Le titre de Majesté n'était pas consacré comme aujourd'hui au roi el il était souvent remplace par d'autres. Nous trouvons : Vuestra Excelent Altessa; — El Serenissimo y Excelentissimo Prhicipe el Rey Redoptabîe Senior, etc.

Le i'^ mars 12219. ^^^^ Narbona, faisant un legs au roi pour qu'il assure le payement des autres, le salue ainsi :ibiitrissimo Domino Santio Régi l\avarrœ, de mi Narbona de Subiza saludespor eien mil vezes [sa\uts pour cent mille fois). Beao One»tro8 pies y manos.

Les grands seigneurs étaient qualifiés de très magnifiqu» el très nobles. Quelques villes adoptèrent des formules honorifiques pour leurs fonctionnaires locaux.

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