L'ALFEREZ
Ses fonctions consistaient à garder l'étendard royal et à le porter dans la guerre devant le roi. Cette dignité est contemporaine de l'origine de la monarchie.
Le for, dans son premier chapitre , impose au roi l'obligation d'avoir un alferez et un étendard royal.
Le for trace les droits et les devoirs de ce haut dignitaire. Je traduis : ce Et il fut ëtabli que tout roi d'Espagne aurait an « alferez qui porterait son drapeau , et qui aurait cent cava- « liers bien payés , et que dans le palais du roi il aurait sa ce table, et qu'à Pâques la coupe d'or ou d'argent du roi serait ce pour lui» ainsi que les vêtements du roi, son lit, et un chece val, d'une valeur au moins de loo maravédis; et cela fat ce établi parce que quelquefois des affaires et des embarras pence vent empêcher le roi d'aller à la guerre , et alors les ricombres ce y vont en suivant le porte-étendard royal sans que ce soit une ce honte pour eax.v (L. I, t. II, c. i.)
Oïhenart ^ a publié le catalogue des alferez navarrais depuis l'an 339.
Charles III investit de cette dignité don Carlos de Beaumont, qui en jouit jusqu'à sa mort, arrivée en 1 887.
LE C01fIfl(TABLB.
A la mort de Charles de Beaumont, Louis de Bcaumont,à l'occasion de son mariage avec la (ille du roi , obtint la dignité de connétable de Navarre, qui remplaça celle d'alferez, dont le vieux titre fut aboli.
Cette charge héréditaire resta dans la famille de Beaumont jusqu'à ce qu'elle passât dans celle des ducs d'Albe. Le connétable conserva toujours la présidence des certes navarraises.
LE MARiCHAL DO ROYAOUE.
Cette dignité était peu connue en Espagne; elle fut conférée par Charles III à Martin Henriquez de Lacarre, dont le
' Notitia utriuiqui Vateoniœt p- 363.
père avait ëté alferez et avait acquis une grande renommée. A la mort de Martin Henriquez, Godefroy, (ils naturel du roi, obtint cette charge, qui plus tard revint encore à la famille de Lacarre de la basse Navarre.
MBSNADBHO,
Ghavier^ dans ses explications de quelques mots obscurs du for, définit le tnemadero l'officier qui garde la personne du roi. Oîhenart^ fait dériver mesnadero de mesnada, mesonada, mansio (maison), parce que ces nobles habitaient avec la famille du roi.
A la différence des autres hidalgos, qui rentraient chez eux dès que Tost était terminé, ils étaient toujours obligés de rester au service du roi et d'avoir un cheval et des armes.
Haro^ traduit mesnada par expédition. Les memadas devinrent des places réservées à des nobles de bonne race, chargés spécialement de commander les gardes du roi. Ges nobles devaient être toujours prêts à accompagner leur maître, et ils jouissaient en général d'un traitement de 1,000 maravédis.
Les rois accordèrent plus tard à de vaillants chevaliers des lettres de gratie de mesnade.
Oïhenart^ en rapporte qui furent octroyées à un Bas Navarrais dont la famille existe encore. Le i*' mars 1 35o, Gharles II fit concession de la moitié du moulin de Béorlégui, avec une rente qui lui était due à Saint-Palais, à Guillaume Arnault de Belzunce, en récompense de ses bons services, h la charge de le servir avec un homme à cheval bien armé, entretenu à
' Fuero del reyno de Navarraf p. 283.
' Notifia utriuêque FcucontVp , p. iio.
* Diccionario para JaciUiar la intelligencia de lot fuero».
* Notitia utrimque Vasconiœ, p. 1 1 1 .
ses frais pour la défense du royaume dans Tintérieur ou au dehors. Il est expliqué que si Belzunce ne tenait pas ses engagements et méprisait les ordres du lieutenant du roi, toute concession serait nulle.