LK SERMENT ET LES DIVERS MODES DE LE PRÉTEK
Lorsque le serment était admis par le juge, il fallait le pri^ter au jour fixé. Le for accorde un délai de trente jours à la femme en couches. (L. II, t. IX, c. i.)
Une ville pouvait être obligée de défendre son droit par le serment. Comment devait-elle le prêter?
«S'il y a, dit le for, une contestation entre deux villes ((pour les irrigations, les pâturages ou toute autre cause, la «preuve se fait par serment. On tire au sort ceux qui doivent «jurer pour l'universalité des habitants : il ne faut que des «témoins honnêtes connaissant bien l'aiïaire, et ainsi finit le «^ procès 7? (e assifenezo el pleylo). — L. II, t. II, c. iv.
Uans les temps reculés, la formule du serment était d'une importance extrême. On jurait par sa foi [por la su fee) sur la têle (le son parrain, sur celle de son confesseur ordinaire, sur celle d'un compère dans un baptême. (L. III, t. X, c. t.) On jurait sur saint Antoine ou tel autre saint. Le sermcnl le plus solennel est celui qui se faisait la main sur l'Évangile et sur la croix, en jurant devant Dieu et sur son âme.
La loi et le juge mesuraient l'importance de la formule de serment à l'importance de l'aflaire.
Un chrétien npprié «^ jurer à la requête d'un Juif ou d'un Maure ne d<»Viiit jurer (|ue sur la tête d'un chrétien, si l'objet en litige n'élait pas d'une valeur au*dessus de i a deniers;
s*il s'agîssail d'une somme plus forte, le serment sur l'Evangile et sur la croix était ordonné.
Les Juifs plaidant contre les Maures juraient sur le livre de Moïse, s'il ne s'agissait pas de plus de 5 sous. Au delà de celte somme, la formule du serment était changée. (For de Sobrarbe, art. 261.)
En 1 370 , la reine de Navarre, dans un procès entre Dicail, jardinier à Pampelune, et Aparicio Larumbe, ordonna à l'alcade de faire prêter serment à Dicail sur l'autel de Saint-Antoine. Larumbe fit appel de cette sentence et la fit réformer; il obtint que le serment serait fait sur les saints Evangiles.