SBRMERT DBS JUIFS ET DES MAURES. ETRANGE FORMULE
Le serment imposé aux Juifs était entouré de formalités qui varièrent selon les temps et la nature des affaires. Voici la formule primitive du for ' (1. II, t. VII, c. m) :
' Le regrettable M. Giraud, dans son Enai iur le droit Jrançaiê au moyen âge (t H), a publié les Uiatici Barchinone patrie, où se trouve (p. 5oa et suiv.) le serment imposé aux Juifs. Il ne Ta pas traduit et a supprimé plusieurs mots. La formule du serment prescrit par le for de Navarre a quelques traits de ressemblance avec celle qui était usitée à Barcelone. Nous allons en donner one traduction complète, qui nous a présenté de grandes difficultés. Le for imprimé est si incorrect, que Yanguas, dans son Diccionario de antiguedadee (t. Il, p. 1/17), et Baraibar de Haro, dans son Diccionario para facilitar la intelUgencia delfuero, n^ont pu réussir à éclaircir les obscurités du texte officiel.
Le manuscrit de M. Barlhéty nous a aidé à comprendre quelques passages que le copiste , lors de l'impression , avait singulièrement défigurés. Ainsi Yangiias et le for imprimé disent, en parlant de Dieu : Alpha et Oquefo, et Seramuyt f amador dejutticia. Le manuscrit porte : Alpha eto( oméga ) , que/o et §era muyt amador de justicia. L'imprimé dit : Optimo et poitremero perdurable, varon manut thechel,faret tplendor. Le manuscrit dit : Primero et poitremero , varon perdurable , Manéf Thecel, Pharèi. Nous aurions dû trop multiplier les notes si nous avions %oulu faire ressortir toutes les grossières erreurs du texte officiel. Les erreurs du manuscrit sont grandes aussi. Au moyen âge, les copistes étaient d^admirables
2GG HISTOIKE DU DKOIT EN NAVARRE.
R Dis-moi, Juif, (|uel est ton nom? — Un tel. — Jurcs-tu à f^ce clirétieu (]iic tu dis la vérité et que tu feras droit sur la «demande qu'il te fait et que tu contredis? Dis : Je le jure! R — Jures-tu par le Seigneur Dieu, Père tout-puissant, qui ((a fait le ciel et la terre, la mer et les abimes, les anges et (^les archanges, les trônes et les dominations, les principant6 <cet les puissances, les chérubins, les séraphins et toutes les (t vertus qui sont en haut? Jures-tu par le Dieu qui apparat ((à Moïse sur le mont Sinai enflammé et lui dit : Je suis Celui n qui suis et il n'y a |)as d'autre Dieu ? Jures-tu par le sabbat que te célébrèrent les Juifs délivrés de la captivité d'Egypte, parla (c manne que Dieu, du haut du ciel, leur envoyait dans le déte sert; par le saint tabernacle qu'oiïrit Moïse au Seigneur: pr (d'autel qu'éleva Jacob, par l'échelle mystérieuse et les mei^ réveilles qu'il vil? Dis : Je le jure! — Jures-tu par le saiot R sacrifice qu'Aaron et ses fds célébrèrent dans le tabernacle feet par l'arche (|ui était dans le tabernacle, par la baguette cède Moïse et par les tables de marbre où Dieu écrivit la loi, ce par les cin(| livres de Moïse qu'on nomme Thorah, par les ttdix commandements (|ue Dieu prescrivit de garder et d'ob- «e server, commandements ainsi conçus: — Tu ne feras ni ce idoles, ni images; tu aimeras Dieu de tout ton cœur et ton ce prochain comme toi-m(}me: tu sanctifieras le sabbat: tu ««honoreras ton père et ta mère; tu ne tueras pas; tu ne diras fepas de faux témoignages; tu ne feras pas de parjure; tune "voleras pas; lu ne forniqueras pas; tu n'envieras pas h «femme ni autre chosr du prochain. — Le jures-tu? — Je «le jure! — Jures-tu, |)ar le temple que le roi Salonion éleva «eau St^igneur à Jérusalem et par les sacrifices qu'y offrirent
caiii{;ra|)lics, mais ce ir<Uiiient pas des s:ivants. ils sMnqiiioUieiit peu de pn'ndrc ce qirils érrivaiciit , el (léiialiiraitMil facilement les noms empninléf mi lan(;iirs élraiif;èrcs, Mirloiit à PhébriMi.
f< les rois et les grands prêtres; par la loi que Nébémie restaura ; (cpar le feu sacré qui tomba du ciel; par les cantiques que (( composèrent les enfants d'Israël; par Tordre que donna Moïse ^gravissant le mont Sinaï pour y recevoir la sainte loi; par la (t double sépulture , appelée Garizim , où Moïse et les patriarches «furent ensevelis sous la pierre d'Oreb ^ ? — Je le jure! — Le c( jures-tu par Dieu Adonaï Sabaoth, qui créa la nuit et le c< jour, le soleil , la lune, les étoiles; qui (it le monde en six jours «et se reposa le septième; qui créa Adam et forma Eve, et les («plaça au Paradis; qui sauva Noé et sa famille du déluge, «creusa la mer, lui fixa des limites en lui disant : Tu iras «jusque-là et tu n'iras pas plus loin? — Je le jure! — Jures-tu «parles trois patriarches Abraham, Isaac et Jacob; partons les «prophètes qui annoncèrent l'avènement de notre Seigneur «Dieu : Samuel , Isaïe , Jérémie, Ëzéchiel, Daniel, Joél, Amos, «Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Osée, «Zacharie, Moïse, Josué, Aaron, David, et par tous ceux qui «annoncèrent l'avènement du Messie, qui est notre Seigneur, «notre Dieu, notre Sauveur; par la sainte cité de Jérusalem; «par la synagogue où tu adores Dieu ; par la tête de ton rabbin? «Dis : Je le jure! — Maintenant, je te conjure, Juif, par tout
' Le for imprimé et Yanguas disent : Eipelunca dobla qu$ dicen ttegrariuimor do Moyuen et loi patriarca» fueroti entradot en la piêdra d*Oreb. Le manuscrit porte : Sepultura dobla que dicen Agarizim do Moyuei et lot patriarcoi fueron entnradoi. Les mots caverne double se trouvent dans la Vulgate : ipeltmcam dupUcem. Ce sépulcre était sans doute appelé double parce qu'il contenait deux tombes placées à côté Tune de Tautrc, Tune pour le mari, Tautre pour la femme. La tradition rapporte qu'Adam et Eve, Abraham et Sara, Isaac et Rebecca, furent ensevelis ensemble. Le tombeau nommé iépulcre de Sara est loin du mont Horeb. 11 fut acheté par Abraham à Éphron , fils de Sahor, pour y ensevelir Sara. Abraham, ainsi que d'autres patriarches et prophètes, y fut enterré, mais le Penlaleuquc dit formellement qu'on ignore où Moïse fut enseveli.
Quant au mont Garizim , on peut lire le long article qu'y a consacré dom Calmet dans son Dictionnaire d» la Bible (t. II, p. 54^).
f^cc (|iic tu viens de jurer, de dire la vërité et de ne pas jurer ccrauss<Mnent par le saint nom de Dieu, Elohim, Adonaî^Sa- « baoth ; et si tu mens , qu'il fasse peser sur toi sa colère et sa ((fureur, la faim et la soif, l'angoisse et la douleur. Réponds: r^Amen. — Si lu mens et si tu nies la vérité, que tu voies (c tomber les cheveux de ta tête, ta barbe et les sourcils, que (ctu perdes la lumière des yeux; que le Seigneur t'eiilc dans ((des terres inhabitées, oii personne ne te connaisse; que Dieu rte frappe de plaies mauvaises, de gale, de pourriture; que ((Tinfection soit dans l'haleine de ta bouche, et que tu rendes ((ce que tu prendras; que tu deviennes paralytique et sourd. (( Dis : Amen. — Si tu mens , que tu plantes des vignes, et que (( tu n'en manges aucun raisin ; que tout ce que tu gagnes et g»- (( gneras soit ddvori' par des étrangers; que tes Gis et petits-filste r soient toujours à charge ; enfm , si tu mens, que Dieu , qui n a ((jamais menti et qui ne mentira jamais, te détruise, toi et ta ((maison, et «[u'il soit à jamais irrité contre toi. Dis : AmeiL ^Si tu mens ou si tu jures faussement, que tes mains se ((dessèchent; que tes bras pourrissent; que la douleur torde (( tes os: que tes membres virils pourrissent: que sur toi tombent ((dos vers (|ui te brûlent; que tous les enfants qui sont nésoa (( naîtront <le toi soient et aveugles et sourds , et muets et boiteux, ((et un objet de dérision pour tout le monde, et qu'ils meurent ^ lé|)nMi\. Dis : Amen. Que le Seigneur Dieu, qui a défendu de ((jurer faussement en invoquant son nom, qui ne permet aucune (t sorte (le mensonge, te confonde et t'écrase : si tu mens, que (( tu sois privé de la synagogue d'Aaron; que tu ne puisses plus ((observer la loi du sabbat, de la circoncision et de la purificac(tion éternelle; que la malédiction du Créateur descende sur etoi, comme elle descendit autrefois sur les fabricants et les ((adorateurs du veau d'or au mont Oreb; que la terre t'en- ((gloulisse comme elle engloutit Dathan et Abiron, traîtres et
«sodomites; que tu sois excommunie de la loi de Moïse; que «tu n'aies point de part aux bénédictions que Dieu envoya du «haut du mont Garizim et que toutes les malédictions qu'il «lança du mont Ébal retombent sur toi. Dis : Amen.
«Si tu mens et te parjures, sois maudit dans les maisons, «dans les villes, dans les champs, dans tous les lieux où tu «seras et où tu iras; que tu aies une femme et que d'autres en «jouissent; que les fruits de ta terre ou de tes entrailles soient «maudits; que tu bâtisses des maisons et que tu ne les habites «jamais; que tu sèmes beaucoup et ne récoltes que peu; que «les sauterelles et les oiseaux te dévorent tout; que Dieu rem- «plisse ton cœur d'épouvante et ton âme d'horreur; que l'amour « de tes amis et de tes parents pour toi tourne en exécration ; que « tous te fuient comme les passereaux fuient devant l'épervier «affamé. Qu'en te voyant on crie que ta vie soit analhémati- «sée^; qu'une mort subite le saisisse; que la terre ne recueille «pas ton corps resté en proie aux chiens et aux vautours.
«Que Dieu t'enlève la cervelle et la mémoire; que tu aies «des yeux sans voir, des oreilles sans entendre, des mains « sans pouvoir rien toucher ni saisir. Si tu mebs , qu'un trem- «blement agite tout ton corps; qu'il entre en ta maison si «grande ruine qu'il ne reste personne chez toi; que tu ne «puisses compter sur une heure de vie; que tu perdes ta loi; «que tu deviennes païen, et que l'on te lapide comme un «fils de maudit^. Dis : Amen.
' Le for imprimé et Yanguas disent : Et vayan e$ia jura : herem tea tu vida. Le manuscrit porte : Et vean eita jura : herem tea tu vida, Baraibar de Haro dit que herem ou cherrem est un mot hébreu qui vient du verbe cWram (délniire). Herem signiGe tranathème') plutôt que « destruction t». C*est une destruction commandée pour servir d'exemple et de terreur à la postérité. Herem iea tu vida doit donc se traduire : «rQue ta vie soit analhémalisée.7)
* Le for imprimé et Yanguas dictent : Como unfixo de un Ihermin. Le manuscrit porte : Como un fillo de lecaretk que apedreo lomaJiUo de un de leremin.
270 mSTOlHE DU DROIT EN NAVARRE,
(cSi tu nions ou si tu fais un faux serment, que la faim te (^ fasse cuire et manger tes enfants rôtis; que ta douleur fasse (c enfler ton ventre et te fasse crever; que le dieu Adonaî, Sa- ''baoth. Alpha et Oméga, qui fut et sera toujours amateur de «^ justice, qui a dit à David qu'il perdrait tous les parjures, te «traite comnio toi K
(tSi tu inons. que lo jour^ anniversaire de ta naissance soit <c maudit et ponlu pour toi; que le fou circule dans tes os et « dans ton Aino do nuit ot do jour, et que la douleur ne te quitte « pas **. Dis : Ameïi, Jure encore , Juif, par le Messie qui est appelé t le (ilirist , rOint do Dieu , ot par lo jour du salut que tu dois ctsouliaitor. Si tu jures faussomont, sois maudit par Ami th, (c Atha, ^upi, Augoura\ ot sois maudit {)ar la bouche du Dieu <cfort; sois maudit par Klohim^ Adonaî, Sabaoth, Saday, (cKbroos, DioK Ëlim, Cabaorq, Ëroyo, Daramatanay, Matrin, <c Alpha ot Oméga, lo pn?mior et le dernier, FEternel, Manë, ttThécel, Phares. la splendeur merveilleuse des conseils; sois
' I^ toxlc iinpriiiK' et le manuscrit portant : Eilfnga de ti demoêtrmaa awr* Ce deniier mot, d'après Baraibar, si<;iiinc «rtch, «de telle manière*».
^ A\onft-nou.s hion tradiiil? Le texto |)orle : El dia que oê viene fi» amo^ aaac arruyn , pirditla lo ayat, Barailiar explique ioma armya (jour maudit); en bébrea, lOM vent dire rjour*); et «miif, «maudit**.
^ Le fur mainiscrit dit : Mengue auMeri tiutla ventum. L*imprimé et YiogoM portent mpiigde. liaraibar dit que C(>tle expression dérive de rbébreii et lignifie r([ue la douleur ne te quitte pas'v.
^ Le texte porte : Arrutli, Atba, Nupi et Augeura; il est évident que ces mots viennent de Théhreu : îlDN "^^IK sois maudit; ni^33n ^SD par !■ boucbe da Tout-Puissant.
^ Yangiias et le for imprimé disent : Maldiio teoê de Eli, Helm^ Elomp Aàt" nay, Sabaoth, Saday, et Ebreoi, Ihel, Elim, Carea, Oniuereh, Ereye, Dtrtmaîay , Marihery toi tram limien im tj. Le manuscrit porte : Mmidtto mm de ei Eluym Klnym Adonay Sahbaot Saday Eltrean IHel Elim Cabaorque EU Eli Ejfefft Daramatanay Matrin »nj tranlaminr ymai. Il est évident que Icii copistes n^ool |)as compris ce qu'ils écrivaient.
(le passa{ro du ftir a été reproduit [tar df>s savants qui ne Pont pis cipliqné
<( inaudit par les anges et les archanges Michel, Raphaël, «Urriel, Gabriel, Tubiel, Barachiel, Sarsiel, Ananiel. Si tu «mens et jures faussement, sois maudit par le Seigneur puis- Rsant des abtmes\ qui résida au mont Sinaî, au nom du- «quel tout tremble dans Tunivers, et qu'à l'instant même il « t'écrase.
c(Si tu mens et te parjures, que tes parents disent que tu es «un méchant; que tu crèves par le milieu du ventre et que tu «perdes la vue; que tu tombes à terre; qu'il te taille en pièces, «le Dieu qui a dit : Le ciel est mon trône et la terre mon «marchepied! — Qu'il paralyse tes membres, l'ange qui dans «sa lutte paralysa la jambe de Jacob en lui disant : Tu ne «seras plus appelé Jacob, mais Israël! — Qu'Adonaï Sabaoth «te fasse souffrir les maux qu'il infligea à tes parents des douze «tribus, que Titus et Vespasien, deux rois maures, lancèrent sur
( Voir notamment Amador de los Rios [ Historia de loi Judioi de Espana y Portugal, L 1, p. 58 /i] et Keyserling [Getchichte der Juden en Navarra, p. 3o5].) On se bome généralement à dire que le for a employé des mots cabalistiques. La littérature cabalistique des Juifs du moyen âge est aujourd'hui abandonnée partout, excepté en Pologne. Peu de savants, sauf M. Franck, s'en sont occupés en France. En lisant le tcite du manuscrit moins incorrect que le texte ofliciel , qai est incompréhensible, je me suis demandé si les mots défigurés par les copistes espagnols ne seraient pas d'origine hébraïque. Plusieurs étaient faciles i comprendre : Elohim^ le Juge suprême; Adonm, le Seigneur; Sabbaoth^ le Dieu des armées; Saday, le Tout-Puissant; Diel Ebreoi, le Dieu des Hébreux; Eli, mon Dieu; Eyeye, Celui qui est; Cabaorque, le Fort (mot défiguré qui vient de rhébreu Cabir); Sof, la fin de tout. Les copistes ont pu Ure piCÇD à la place de MetraUm^en l'absence des ^inïs-voyelle». Le metraton, chez les Hébreux était le chef des anges. C'est du metraton que Dieu parle lorsqu'il dit : Je vaû wwyer mon ange qui marchera devant voue et voue conduira dan» le chemin, (Exode, XXIV-q/i.) Ma face marchera devant voue. (Ibid. lU,) Les cabalistes, pour expliquer comment Dieu, être essentiellement spirituel, avait créé le monde matériel, avaient imaginé qu'il s'était servi de son metraton pour lui faire créer le monde.
^ La texte porte : Fieuarat Azeney, Ces mots sont d'origine hébraïque : Setarah mCfCf , «qui habite»; et a Seney, «le mont Sinaï?).
«la mer, dans des vaisseaux sans rames, où la faim les obligea «à s'entre-dévorer. Que les Juifs ne puissent plus nailre de c( femmes juives, mais de femmes mauresques. Dis : Amen,
((Et toi, Juif, qui jures, garde la marque de ton châtiment, ((la chaudière de l'enfer, Tabime de la confusion, le gouflSre (cde l'espérance; garde la marque de ta synagogue en la terre ((des Juifs et ëcris-y ton nom; si tu fais du tort ou si tu mens ((par trahison, subis la mort que tes aïeux infligèrent à Jésas- (( Christ, le prophète sans tache, devant Pilate, en criant: ((Que son sang retombe sur nous et sur nos descendants! ^ — Que ton sang jaillisse et coule par tes pieds, par tes ((jambes, et que ton corps tombe soudain réduit en cendres. ((Si tu mens, que tout soit maudit en toi: tes cheveux, ta ((tête, t(m front, ta figure, ton cou, tes épaules, tes hras, ((tes mains, ta poitrine, ton ventre, tes pieds, tes lombes, tes ((cuisses, tes jambes, tes ongles. Dis : Amen.
((Si tu mens, homme entêté et impur, que tu cesses d*appar- « tenir à la race juive, mais écris ton nom au milieu des noms ((Alleya et Aacrezon ^; et, par la vertu de ces noms, que tes ((membres s'ouvrent et que la Hqueur séminale découle à tra- ((vers tes jambes-, si tu mens. Dis : Amen.
((Et toi, Juif endurci et de parole perfide, qui es sans roi, (( sans évêque sacré , sans prêtres , qui suis la mauvaise croyance «sur toute la terre, <{ue tu gardes ta figure du pays des Juifs; ((que le serpent d'airain que tes pères élevèrent, que les tom*
^ Le for imprini(; et Yanguas disent Stlejfa à Acrezon. Baraibar croit que en mots simplifient t^lc Slyx*? et ^TAclioron^. Le manuscrit porte Alieya^ ce qui m ressemble plus au Styx. Il nous semble qu'il faut chercher le sens des mots dénaturés, non dans la mythologie grecque, mnis plutôt dans la langue hébraïque.
Nous avons suivi lo manuscrit, (|ui donne etrribe (écris), et non le for imprimé « qui |>orU> etcrihi. Le ma^pslral iuicrntgateur donne dos ordn*5 aux Juifs.
' Le texte porto : Vitnfra ri deicienda tu flur por tu$ catnbaê. Baraibar traduit flor par Hcor ieminal del hnmhre ( liqueur séminale de rhomme).
« beaux de ton roi Maymon , d'Astarolh et de Betala ^ qui «(rendaient des oracles, tourmentant ton cœur et ton corps, «te fassent dire la véritë avant ta fin, si tu as menti et juré (c faussement. Amen,7>
Cette traduction littérale est une peinture trop curieuse des idées du temps pour qu'on ne nous excuse pas de l'avoir donnée dans son entier. Au milieu de ces redites, de ces anachronismes, de ces malédictions , il est facile de reconnaître que l'amour de la patrie, l'honneur de la maison paternelle, la prospérité d'une belle famille, l'abondance de la vigne qu'on avait plantée, les avantages d'un corps robuste et d'une bonne santé , les espérances d'une autre vie étaient les choses les plus chères à un peuple pastoral et guerrier, pauvre et fier.
La longue formule de serment imposée aux Juifs n'a guère été employée que dans les temps anciens et dans les circonstances solennelles. Nous la trouvons réduite à des termes très simples et très brefs dans diverses chartes navarraises, notamment dans celle où nous lisons : «Moi Ismaël, jejure sur cette «sainte loi, au nom d'Israël, en présence de Dieu et du roi qui «m'entendent. . . 79 (en entendimiento de Diot et del senor rey).
Les Maures avaient aussi des formules spéciales de serment; ils devaient jurer suivant leur loi (Jurabati eegun su ley).
* Le fop imprimé et YaDguas diseot : El tu culu^nv que lo$ parietUe$ alturoii, H las turmoM de tu rey Amayon et de Aêtarolk et de Betala,
Le mot culuebro, en latin coluber, rappelle le aerpeni d*ainiin dont parient les Nombres, xii, 9.
Le for manuscrit porte : Rey Maymon et Aêtaroth et de Betala. Bareibar dit que Maymon était un rabbin, auteur d^un livre plein de superetilions intitulé Bentalfa.
Nous croyons qu'il s'agit dans le texte d'un roi et non d'un rabbin; Mamnum , le dieu de l'argent, nous parait être le nom défiguré. Betala pourrait être Eaal, dont le nom, comme l'a remarqué dom Calmel, est presque toujoora associe à celui d'Astarté ou Astarotb.