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moment des croisements, 1l y An un jeu de À m. 56, les deux bateaux faisant 2 x 6 m. 30 = 12 m. 60.
Le jeu en largeur est donc suffisant; quant au jeu en profondeur de 0 m. 40 en-dessous du bateau, il paraît insuffisant (il l'est même déjà pour des péniches), toujours au point de vue de la résistance.
Aussi, on a pensé à faire des plafonds courbes avec 2 m. 50 de profondeur au milieu; ils sont aujourd'hui admis par tout le monde.
Pour le gros bateau de 600 tonnes, il faudrait 2 m. 40 de profondeur pour maintenir le rapport 3 entre la section du canal et celle du bateau.
Il reste maintenant à fixer la proportion entre la longueur et la largeur des bateaux. Si on admet le rapport 10/1, on leur donnera les dimensions : 63 x 6 m: 30; et si on admet celui de 8/1 celles de : 57 x 7 m. 10; le rapport 8/1 est précisément celui des péniches.
Suivant que l’on admettra l’un ou l’autre de ces rapports, le supplément de largeur à donner à la voie pour permettre le passage de deux bateaux sera, en comptant toujours pour 5 mètres la largeur d’une péniche :
avec le rapport 10/1 2 (6,30 — 5) = 2 m. 60; avec le rapport 8/1 2 (7,10 — 5) = 4 m. 20.
Le rapport de 10/1 permet donc une économie de largeur de 4 m. 20 — 2 m. 60 — 1 m. 60; par conséquent, les frais de construction se trouveraient diminués d'autant.
Le rapport 10/1 est donc avantageux en alignement droit, mais il présente un inconvénient dans les courbes qu'il faut établir d’un rayon plus grand et considérablement élargir, afin que deux gros bateaux, construits surtout en longueur, puissent se croiser; par conséquent, les frais de construction dans les courbes seront plus élevés avec le rapport 10/1 qu'avec celui de 8/1, mais les courbes sont relativement rares, et leur élargissement serait assez peu de chose dans la dépense générale, L'aligne-
ment droit est en effet la règle, aussi il vaut mieux adopter le rapport 10/1.
D'autre part, il faut bien convenir que l’agrandissement des bateaux n’est presque rien à faire sur un grand fleuve navigable : on les agrandit assez facilement. L’aménagement d'un fleuve est donc indépendant de la taille des bateaux tant que celle-ci ne dépasse pas une certaine limite, mais quand il s’agit d'agrandir des bateaux destinés à circuler sur un canal artificiel, on se heurte à une entreprise colossale et on comprend que les techniciens et l'Etat hésitent souvent à se lancer dans un pareil travail.
D'autre part, dans un canal, tous les autres frais d’alimentation et d'entretien croissent en proportion de la largeur de la voie. Comparativement à la péniche de 300 tonnes, voici la section verticale mouillée des « gros bateaux ».
péniche (rapport 8/1) :5 x 1 m. 80 = 9 m?.
bateau de 600 tonnes (rapport 10/1) : 6,30 x 1 m. 80 = 11 m2 34.
bateau de 600 tonnes (rapport 8/1 ) : 7,10 x 1 m. 80 — 12 m° 78.
On calcule qu’on obtient, suivant le rapport admis entre les dimensions en longueur et en largeur, un coût d’établissement de 30 p. 100 à 100 p. 100 plus cher suivant les lieux. :
Encore une fois, le rapport 10/1 est le meilleur; c'est celui qu'il faut admettre.