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à une seule voie, constituée par 60 ponts fixes isolés et 33 ponts-canaux également à une seule voie; malgré ces travaux d'art, c’est, au point de vue technique, une des meilleures voies du réseau français.
Le Berry est une région où on recrute d’excellents mariniers : sur la ligne Paris-Roanne, on rencontre 16 p. 100 de bateaux-écuries, la traction se fait toute par chevaux; on trouve surtout comme matériel la péniche de 300 tonnes (71 p. 100 du matériel), la toue ou la flûte de 210 tonnes (6 p. 100) et enfin le bateau dit « berrichon » de 95 tonnes (23 p. 100). Le berrichon est petit, mais il peut circuler sur le canal du Berry, qui est une voie secondaire. Une péniche de 300 tonnes met de vingt à vingt-cinq jours de Roanne à Saint-Mammès, ou inversement, et onze à douze jours pour le retour à vide, soit une vitesse de 15 kilomètres par jour à charge et 30 à vide. Il faut compter deux jours de Saint-Mammès à Paris.
Les lignes secondaires du Centre présentent peu d’intérêt et perdent même constamment de leur importance.
Ainsi, le canal du Berry, qui se compose de trois branches en étoile desservant d’une part Bourges et Vierzon, d'autre part Montluçon, a une longueur de 261 kilomètres et compte 96 écluses : il est à petite section, les écluses n'ont que 28 m. x 2 m. 70, le mouillage est de 1 m. 50 et les bateaux, des berrichons, encore incomplètement chargés, à 65 tonnes, n’ont que 1 m. 20 à 1 m. 30 d’enfoncement.
Sur le canal! d'Orléans, qui a une longueur de 74 kiïlomètres, avec 27 écluses, le mouillage n’est que de 1 m. 25 !
Quant au canal du Nivernais, de Decize à Auxerre, sur 474 kilomètres, on rencontre 115 écluses, soit une tous les À km. 5, 3 souterrains de 800, 300 et 200 mètres. Le mouillage moyen y est de 1 m. 60 pour les bateaux calant 1 m. 30.
En dehors des matériaux de construction, des bois.et
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. . DEN . \ de la houille, ces voies d’eau n’ont presque rien à trans porter, et leur trafic a considérablement diminué au profit du chemin de fer.
$ 5. — Le réseau navigable de la Saône.
Ce qu'on peut appeler le réseau navigable de la Saône est un ensemble de cinq voies en éventail réunies par la Saône elle-même qui en fournit le tronc commun, tout le système convergeant vers Lyon.
On ne peut pas distinguer ici, comme dans les autres régions, une artère principale ayant une vie propre, accessoirement alimentée par des affluents, mais pouvant exister sans eux. Ces cinq voies sont :
1° La Saône de Corre à Lyon (374 km.), avec 30 écluses, prolongée au nord par la branche sud du canal de l'Est, long de 129 km. avec 101 écluses, qui met en relations la région industrielle de la Lorraine et de la Sarre avec le bassin de la Saône;
2° Le canal de la Marne à la Saône (ouvert en 1907), qui a une longueur de 224 kilomètres, avec 114 écluses: il met en relations la Saône avec les houillères du Nord de la France;
3° Le canal de Bourgogne et l'Yonne canalisée, long de 297 kilomètres, avec 206 écluses, qui réunit la Seine à la Saône; il est très peu fréquenté;
4° Le canal du Centre, qui met en communication la région des houillères de Montceau-les-Mines avec la ligne Paris-Roanne et la Saône; il a 116 kilomètres, avec 67 écluses; il réunit la Loire à la Saône;
5° Enfin, le canal du Rhône au Rhin, avec 186 kilomètres et 74 écluses.
Le réseau a une longueur de 1.386 kilomètres et 592 écluses.
Son principal rôle est d’être un distributeur de charbon dans une région peu industrielle, sauf celle du Creusot qui possède d’ailleurs des mines. Toutefois, le développement de l'énergie électrique en Alsace, dans le Doubs, l'Isère et la Savoie risque de menacer le trafic charbonnier de ce réseau.
Il faut ajouter une certaine quantité de minerais de fer qüi sont acheminés par voie d’eau de la Lorraine vers le Creusot, quelques produits industriels, notamment des sels et des soudes de Varangeville pour l’industrie chimique lyonnaise et enfin un trafic insignifiant de produits alimentaires, d'engrais et aussi de bois, surtout sur l'Yonne.
Le fret de retour est presque nul; des matériaux de construction, tels que des pierres, tuiles, briques, graviers et sables, acheminés surtout sur Paris et aussi sur Lyon.
Quant à la batellerie sur les canaux de l'Est et de la Marne à la Saône, elle est constituée par des péniches conduites par leur propriétaire dans la proportion de 16 p. 100, tandis que sur le canal de Bourgogne elle comprend en majeure partie des flûtes et des toues : 30 p. 100 seulement des bateaux sont conduits par leurs propriétaires, le reste appartenant à des compagnies; il en est de même sur le canal du Centre, où l’on rencontre surtout des « berrichons ».
Ce qui frappe sur ce grand réseau, c’est de voir combien il est peu utilisé, sauf sur le canal du Centre et sur la Saône, entre Chalon et Lyon : cela tient essentiellement à, ce que les voies qui le composent ont été ouvertes isolément, avec parcimonie et sans aucune vue d'ensemble; de plus, sur n'importe laquelle, qu'il s'agisse de passer des bassins de la Seine, de la Meuse, de la Moselle, ou même du Rhin, à celui de la Saône, la navigation se fait toujours à la remonte en rivière, puis en canal, puis de nouveau en rivière à la descente, et cela dans les deux
P, FERRADOU, 4
sens; cette disposition du terrain nécessite la construction de bateaux particulièrement solides et avec des formes affinées, et ne facilite pas la traction effectuée partout à l’aide de chevaux ou autres animaux; presque tous les bateaux sont munis d’une écurie, la Saône seule pouvant être exploitée à l’aide de remorqueurs. Le réseau n’est pas partout au gabarit normal : c’est ainsi que sur le canal du Rhône au Rhin le mouillage n’est encore que de 4 m. 60 et les écluses n’ont que 30 m. 50 de longueur, entre Besancon et l’ancienne frontière. La Saône ellemême, rivière à faible courant, ne présente que rarement une profondeur de plus de 2 mètres. Avec un pareil relief, la navigation ne sera jamais florissante dans cette région, surtout étant donné que le trafic est déjà faible et que le fret de retour est presque inexistant.
$ 6. — Le réseau du Midi.
Ce qui caractérise les canaux du Midi de la France, c’est qu'ils sont à peu près complètement indépendants de tout le reste du réseau; une seule jonction existe par le Rhône de Beaucaire à Lyon, villes distantes de 272 kilomètres.
De Bordeaux à Marseille, le réseau comprend :
la Garonne de Bordeaux à Castets, 57 kilomètres;
Je canal latéral à la Garonne de Castets à Toulouse, 193 kilomètres; |
le canal du Midi, de Toulouse à l’étang de Thau, 240 kilomètres;
l’étang de Thau, 18 kilomètres;
le canal de Sète à Beaucaire, 98 kilomètres;
le Rhône de Beaucaire à Arles, 5 kilomètres;
le canal de Marseille au Rhône, &2 kilomètres,
soit une longueur de 693 kilomètres, et un nombre assez faible d’écluses, 195.