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sont hautes ou basses, le même remorqueur peut circuler sur deux ou plusieurs sections.
La puissance des remorqueurs varie avec le poids total du convoi et avec la vitesse du courant sur telle section déterminée.
Par exemple, pour les convois de 2.500 à 3.000 tonnes qui circulent entre Mannheim et Strasbourg, leur puissance varie de 4.500 à 2.000 CV.; au contraire, en amont de Strasbourg, où les convois ne sont que de 1.200 à 1.500 tonnes, leur puissance varie entre 1.300 et 1.800 CV seulement.
D. — Le TouAGE (),
Tandis que les remorqueurs prennent leur point d'appui sur l’eau qui se dérobe, le toueur agit sur un point fixe : il se hale avec le convoi qui le suit sur une chaîne noyée sur toute la longueur du chenal : le toueur est donc supérieur au point de vue de l’utilisation de la force motrice G), On estime qu’en eau morte un toueur de 400 CV. équivaut à un remorqueur de 200 CV.
On distingue plusieurs systèmes de touage : c'est ainsi que sur la Haute Seine, entre Paris et Montereau, on pratique le touage sur chaîne noyée.
Le bateau toueur peut marcher dans les deux sens. La chaîne immergée a un peu plus de longueur que le chenal, de manière à pouvoir prendre un peu de « mou », c’est-àdire d’élasticité, partout où il en est besoin. Le toueur la reçoit par une extrémité et la file par l’autre; des treuils enroulant la chaîne sur des tambours, la chaîne se tend en avant et se dépose librement derrière et vice versa; en cas
(4) Cf. Cuënot, Fleuves et rivières, p. 608 et suiv.
(5) Vers le milieu du xixe siècle, on essaya pour la remonte du Rhône des « grappins » caractérisés par l’emploi d’une roue à grandes dents prenant point d’appui sur le fond pour le passage des rapides. Ce système ne donna pas satisfaction : on préféra aux grappins les remorqueurs à roues et les toueurs.
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de rupture de la chaîne, on remplace sur-le-champ le maillon cassé.
Le touage sur câble noyé a été essayé en Belgique et sur la Meuse. On substitue à la chaîne un câble en fil de fer: mais la légèreté du câble par rapport à la chaîne présente des inconvénients : dans les courbes, on a intérêt à employer une lourde chaîne pour que la iongueur soulevée soit la moins longue possible et qu'’ainsi le convoi soit moins entraîné vers la rive convexe. Il est d’ailleurs difficile d’accommoder la longueur du câble à celle des courbes; avec une chaîne on peut ajouter ou enlever des maillons, avec un câble la même opération est plus difficile de même, en cas de rupture, on répare facilement la chaîne, difficilement le câble; aussi on paraît avoir abandonné le touage par câble noyé.
Le touage sur chaîne noyée est meilleur que le remorquage au point de vue de la force motrice, mais il ne conserve cet avantage que sur les cours d’eau à courant rapide et à faible mouillage, surtout à la remonte; il est malaisé, sinon impossible, à la descente.
Le mode d’enroulement rend aussi très difficile l’enlèvement de la chaîne pour la séparer du toueur, aussi on a recours au touage par relais, Chaque toueur restant sur la chaîne aussi bien à la descente qu’à la remonte et faisant la navette entre celui qui le précède et celui qui le suit ‘il y a échange de convoi entre les toueurs. C’est cette manœuvre qu’on appelle le « troquage » et qui cause des pertes de temps et quelquefois des accidents.
Aussi, devant cette difficulté, on a construit des remorqueurs-toueurs, c'est-à-dire des bateaux munis à la fois d’un propulseur et d’un appareil de touage. À la remonte, le remorqueur-toueur fonctionne comme un toueur et à la descente comme un remorqueur; ainsi le service en navette et en relai est supprimé; on a de plus un service à deux voies, d’où un gain de vitesse, de puissance de trafic et aussi d'économie.
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Mais le système du toueur attaché à la chaîne étant mal commode, il fallait trouver un système qui permît de jeter à l’eau la chaîne sans difficulté en tout point du parcours : on a trouvé le système de la poulie magnétique de Bovet.
Tandis qu'avec le système du touage ordinaire la chaîne s’enroulait quatre fois sur les deux tambours à gorges du treuil du toueur, M. Bovet a substitué aux deux treuils à gorges une poulie magnétique. « L’aimantation de cette poulie, obtenue au moyen d’une dynamo, installée à bord du toueur, détermine l’adhérence de la chaîne. Celle-ci fait seulement trois quarts de tour sur la poulie, et peut, dans ces conditions, s’en détacher avec la plus grande facilité. » (6).
Un essai a été fait sur le Rhône de touage sur câble par relais D. Ce système ne se comprend qu'avec un courant très rapide : c’est bien le cas du Rhône.
À la remonte, le toueur se hale sur un léger câble; mais au lieu de le refiler par l'arrière, il l’enroule sur une énorme bobine. Lors de la descente, le câble se déroule et retombe à l’eau, le bateau étant entraîné par le seul courant; le câble ne sert ici que de frein : grâce à ce SYStème, il n’est immergé que d’une façon intermittente et on évite l’ensablement possible du câble, surtout pour le Rhône, qui charrie beaucoup de matériaux. Il faut naturellement, pour employer ce système, un parcours droit ou une série de parcours droits, sans quoi on retombe dans l'inconvénient du touage sur câble noyé. Ce système paraît avoir bien réussi sur le Rhône.