E. — COMPOSITION DES CONVOIS ET MODES D’ATTELAGE
Quand on étudie le problème de la traction sur les voies navigables, il faut également envisager la solidité des pé-
(6) Cuënot, Fleuves et rivières, p. 614.
(7) Cf. Henri Brenier, Le problème national de l'aménagement intégral du Rhône, Revue politique et parlementaire, juillet 1931, p. 43 à 47.
(8) Cf. Cuënot, Fleuves et rivières, p. 625 à 628.
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niches : il y en a de vieilles, qui peuvent être écartelées, on doit même tenir compte du mode de traction dans leur construction et dans leur entretien.
De même, lorsque les dangers de chocs sont multipliés par des ouvrages en saillie, par exemple par la présence de passages étroits sous les ponts et autres ouvrages d'art, la vitesse de la navigation se trouve forcément réduite; les ralentissements et les démarrages se trouvent multipliés; or, ces manœuvres fatiguent toujours les engins de traction et le matériel quels qu'ils soient et risquent de provoquer des accidents.
Sur les canaux les bateaux circulent un par un ou par convois de deux ou trois, sauf dans certains souterrains. Sur les rivières, par exemple sur la Seine, on peut faire des « trains de bateaux ».
Quand ceux-ci sont amarrés à la file les uns des autres et remorqués, ils peuvent subir des avaries du fait de cette solidarité ou par suite d’un accident survenu à l’un d’entre eux : ceci est surtout vrai à la descente, car pour que le remorqueur et les bateaux qui suivent puissent gouverner, il faut que la vitesse du convoi soit sensiblement supérieure à la vitesse du courant; un des bateaux peut être contraint de s'arrêter et les autres peuvent venir se jeter sur lui.
L’effort est considérable dans les courbes, où il faut faire manœuvrer en même temps tous les gouvernails. On peut éviter ces inconvénients avec un mode d'attelage approprié.
Sur le Rhin, où le chenal est large, l’attelage se fait à remorques indépendantes, chaque bateau tiré est relié séparément au remorqueur et ainsi chacun manœuvre indépendamment; au contraire, sur la Seine, où le chenal est étroit, on procède par attelages à longues remorques, chaque bateau est distant du précédent d'au moins une longueur, soit quarante mètres environ. On peut également remorquer les péniches très rapprochées les unes des autres,
à douze mètres en général; c’est le cas de l’attelage à remorques croisées; enfin, on peut aussi recourir à l’attelage du nez sur cul. Dans ce cas, le convoi tout entier ne forme en somme qu'une seule embarcation, ce qui diminue beaucoup la résistance à la traction, tous les bateaux sont solidarisés entre eux et avec le remorqueur ().
SECTION II