‹ La Navigation Intérieure en FranceChapitre 64 sur 124 · DE CERTAINS AUTRES AGENTS DE LA NAVIGATION INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

DE CERTAINS AUTRES AGENTS DE LA NAVIGATION INTÉRIEURE

La conséquence normale de ces faits regrettables est que, d'une façon générale, les mariniers utilisent fort mal leur bateau; mais d’autres difficultés viennent encore de l’affrètement, des délais de chargement et de déchargement, enfin de la lenteur du cheminement sur la route (9. L’afrètement est une opération essentielle et pourtant obscure et mal connue; quiconque le veut est affréteur et peut exercer ce métier sans être soumis à aucun règlement corporatif; certains sont les représentants des expéditeurs ou des destinataires ou agents d’assurances, marchands d’agrès, épiciers et même cabaretiers. Ils ne sont pas toujours les intermédiaires impartiaux qu'ils devraient être entre les bateliers et leurs clients; beaucoup de ces affréteurs sont eux-mêmes propriétaires de bateaux et dans ce cas naturellement, ils se réservent les meilleurs voyages pour eux-mêmes.

Le régime de l’affrètement est donc le désordre, au milieu duquel le marinier vit sur son capital qu'il n’amortit pas.

Une incurie presque complète pouvait être enregistrée, jusqu’en 1907, dans les délais de chargement et de déchargement des bateaux; jusqu’à cette date, aucune convention ne les réglait, et on a vu des bateaux ne naviguer que soixante jours par an!

(14) Cf. Renaud, Revue politique et parlementaire, 10 janvier 1944, p. 133 à 139.

Une initiative heureuse prise à ‘cette époque par les mines de Lens fournit la base d’une entente entre la Chambre des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais et les représentants des principaux syndicats de navigation intérieure.

L'usage fixe les délais de déchargement à quinze jours ouvrables pour Paris et à dix jours pour l’ensemble des voies navigables sous peine de surestaries; c’est beaucoup trop long. Il est regrettable de voir un instrument de transport tel que le bateau détourné de son but et utilisé par les destinataires comme un magasin sans paiement d’aucune indemnité.

La troisième cause de l’utilisation insuffisante des bateaux est la lenteur du cheminement sur la route. La liberté de mouvement laissée aux bateaux amène des à-coups et des encombrements sur les voies fréquentées. La régularité du débit, de laquelle dépend la capacité commerciale de la voie, ne peut être assurée que par une direction unique de la traction constituée en monopole, et par un fonctionnement du service sur horaires réglés comme en matière de chemin de fer. FL

Mais là où la navigation intérieure laisse particulièrement à désirer, c’est à propos de la question de la conclusion et de l’exécution du marché de transport.

Comment le marinier exécute-t-il un transport? Avec quelles personnes est-il en relations pendant le voyage? En répondant à ces questions, nous allons rencontrer une foule de gens que l’on peut parfaitement faire rentrer dans le personnel de la navigation intérieure.

Page 1