‹ La navigation, poeme de Bernardino Baldi, traduit de l'italienChapitre 14 sur 41 · S6 LA NAUT1CA. LIBRO II · texte numérisé non relu

S6 LA NAUT1CA. LIBRO II

Da me saranno intepiditi e sparsi.

E tu, figlia di Giove Urania , a cui Del ciel tutti son conti i cerchi e i lumi ; Se pur teco poggiar mi si contende,

Meco scendi a seder fra queste quercie;

E mentre il vivo umor di pietra in pietra Con grato mormorio spande il Metauro, Del mondo luminoso e de le stelle Spiegami i nomi e i non veduti giri Prima, benchè lo spirito, onde l'immensa Mole del mondo, e l’universo ha vita,

Il ciel rapido sempre intorno porti :

Non è perô che 1’ uno, e l’altro polo Cangi mai loco, e quel che quasi stelo Di ruota, che veloce intor.no voli,

Per ambedue passando, il mondo libra Rapidissimo moto ; onde quel primo Yigor gli erranti sforza, e i lissi lumi :

Onde avvien , che del sol l’aurato carro Resistendo, non pria l’obbliquo cerchio Aggia di segno in segno intorno corso.

Oie sia tardo al suo lin venuto l'anno.

Uranie, fille de Jupiter, à qui tous les cercles et les feux du ciel sont connus, s’il ne m’est point permis de m’élever jusqu’à toi, descends au moins au milieu de ces chênes qui m’entourent ; et, pendant que les eaux du Métro (i) roulent avec un doux murmure de rocher en rocher, expliquemoi les noms des étoiles , les révolutions du monde lumineux, révolutions invisibles à nos yeux, bien que l’âme, de qui l’univers et la masse immense du globe reçoivent la vie, fasse tourner continuellement le ciel avec rapidité. Ce n’est pas que les deux pôles changent de place, non plus que ce prodigieux mouvement qui, de l’un de ces pôles à l’autre, balance le monde comme le pivot d’une roue qui tourne précipitamment dans l’espace; mouvement que le moteur suprême imprime aux étoiles fixes et errantes, mais auquel le char doré du soleil n’obéit qu’avec lenteur; d’où il arrive que cet astre n’a parcouru, de signe en signe, son cercle oblique, que lorsque l’année a touché à sa fin (2).

(1) Fleuve d’Italie dans l’Ombrie, province des États Romains.

(2) Baldi s’exprime ici d’après les idées populaires conformes au système de Ptolémée , qui faisait tourner le soleil et les planètes autour de la terre, regardée comme le centre de l’univers.

r,A NAirriCA. libro ii.

Quattro son poi gli alberghi ove soggiorno Fan le stagion’ che in alternando a tempo Cangiano il mondo : il crin di bionde spiche Cinto stassi la State , ove si gira Altissimo col Cancro il Dio di Delo.

Col Monton primavera , e con la Libra Autunno alloggia, e ’l neghittoso verno Col Capro, che dal ciel torbido e fosco Di bianca e fredda neve ingombra i campi.

In mezzo a questi obbliquo, e di lucenti Stelle ornato è’1 sentier che vie più audace Tento, che saggio, il mal rettor del luine , Quando, per ammorzar l’acceso ardore, Con la folgore acuta il gran tonalité Lui fanciullo infelice in flamme involto Précipité nel grembo al re de’ flumi.

Orizonte quel cerchio il Greco appella,

Che col gran giro suo divide e parte Da l’ occulto emisfero il nostro , e sempre E di quanto veggiam termine e meta.

Da questo il sol ne riconduce il giorno, Quinci s’ alzan le stelle, e ne l’opposta Parte tornangli in sen la notte e 1’ alba.

L’altro è quel del meriggio, a cui fù dato Partir i giorni in adeguate parti.

De gli altri due minor’ l’un fa clic i lumi

Les saisons qui changent alternativement la face du monde séjournent dans quatre palaisdifférents. L’été, le front ceint d’une couronne d’épis, occupe cette sommité où le dieu de Délos circule avec le Cancer; le printemps demeure avec le Bélier, l’automne avec la Balance, et le paresseux hiver, qui, du haut du ciel nébuleux et sombre, répand sur les champs la blanche et froide neige, habite avec le Capricorne. Au milieu de ces demeures est ce sentier oblique, paréde brillantes étoiles, qu’entreprit de parcourir, plus téméraire que sage, le conducteur maladroit de la lumière; enfant infortuné, que Jupiter, pour éteindre l’incendie qu’il avait causé, foudroya et précipita, enveloppé de flammes, dans le sein de l’Éridan, roi des fleuves (i).

Les Grecs ont appelé horizon ce cercle qui borne toujours notre vue; sa vaste circonférence sépare notre hémisphère de celui qui nous est caché; et, lorsque le soleil nous ramène le jour, les étoiles se lèvent dans l’autre hémisphère, au sein duquel retournent la nuit et l’aurore. Le méridien est un autre cercle qui partage les jours en deux parties égales. Il est encore deux cercles plus petits, dont l’un est tel que les étoiles, com-

(i) Fluviorum rex Eridanus.

(Virg. Géorg ., liv. i.)

1)0 LA NAUTICA. LIBliO II.

Cinti dal giro suo bramano indarno D’ attufï’arsi talor nel seno a 1’ onde :

L’altro d’ invidia pieno a’suoi non lascia Già mai sorgendo ornar le nostre notti.

Appresso al fisso polo, ove piii tardo Sovra i freddi iperborei il ciel si volge , Splendon Callisto, e '1 figlio, in mezzo a cui Serpe il grand’ aligne , e vasto è s\, che sembra, Girevol onda di rapace finme.

Ivi è’1 Teban robusto, la Corona,

L’Uom cinto dal serpente, il pigro Arturo,

E colei che nel ciel la lance libra.

Sotto a’ suoi piè 1’ Orsa maggior si vedc,

Il Leone, i Gernelli, e’1 Cancro ardente,

E poeo indi lontan colui che porta I lascivi capretti, e la lor madré.

Appresso a questi è il Toro, a cui la fronte Oman le (iglie d’Ettra, or cliiare stelle,

Che piangendo il fratel versano ancora Copia quà giù di lagrimosa pioggia.

Dietro l’ Orsa minor muovesi in giro Con 1’ amata consorte e con la figlia Cefeo dolente , e non lontan 1’ aurato Vello di Frisso, e’1 volator destriero.

Sono ivi i Pesci algenti, e quelle stelle Che in tre punte disposte anno il sembiante De la fertil Sicilia et de 1’ Egitto.

prises dans sa circonférence, cherchent quelquefois inutilement à se plonger dans l’Océan, et l’autre, par jalousie, ne permet jamais à celles qu’il embrasse de paraître et d’orner nos nuits. Près du pôle, vers les froides contrées hyperboréennes, où le ciel tourne plus lentement, brillent Calisto et son fils ; entre eux s’insinue le grand Serpent, dont les vastes replis ressemblent aux ondulations d’un torrent dévastateur. Là on voit le robuste Thébain (i), la Couronne, le Serpentaire, le paresseux Arcturus, et la Vierge tenant la balance ; sous ses pieds s’aperçoivent la grande Ourse, le Lion, lesGémeaux, le Cancer brûlant, et non loin de là, les Chevreaux bondissants et leur mère. Près de ceux-ci est le Taureau, sur le front duquel sont placées les filles d’Ethra (a), aujourd’hui brillantes étoiles, qui, pleurant la mort de leur frère, versent encore ici-bas une abondante pluie de larmes. Derrière la petite Ourse se meut circulai renient le triste Céphée avec son épouse bien-aimee et sa fille, non loin de la Toison d'or de Phryxus et du Cheval ailé. Puis viennent les Poissons argentés, et ces étoiles qui forment un triangle comme la fertile Sicile et l’Egypte. Persée,

(i) Hercule.

(a) Les Hyudes.

y a LA NAUTICA. LIBKO 11.

Perseo col teschio di Médusa orrendo S’ appressa a la sua donna , a cui vieille Son le fîglie d’ Atlante, il cavo tergo De la sonora cetra, il bianco augello Ë luminoso, il giovanetto Ideo,

A la costui sinistra è ’l freddo Capro , L’Arciero, e l’animal che 1’ atra coda Per trafiggere altrui contorce e vibra.

Appresso a questo è ’l sacro augel di Giove, 11 picciolo delflno , e ’l ferro alato.

Stassi Orion sotto al celeste Toro Di ferro cinto, e vede ancor l’ardente Suo Can seguir la timidetta lepre,

11 veloce suo Can, presso a cui fende Il ceruleo del ciel, più che di stelle,

Di rai di gloria ornato, il legno d’ Argo.

Sotto i Pesci e ’l Monton, l’orrida belva Si scorge, e del gran Po non poca parte Cliiron, I’altare, il pesce e la ghirlanda.

Son più di tutti appresso al fiato d’ Austro Sotto al Cancro e’1 Leon lucida serpe, L’idra quasi spirante ? che ’l Gentauro Sembra toccar con la volubil coda,

E quel vaso sostien ch’ al pigro corvo Dit* mendace ministro Apollo indarno.

Yolgendo al Cancro i lumi, ivi vedrai

avec l’horrible tête de Méduse, s’approche d’Andromède, sa femme; et près d’eux sont les filles d’Atlas, la Lyre, le Cygne éclatant et le jeune Antinous. A sa gauche, se voient la Chèvre boréale, le Sagittaire et l’animal dont la funeste queue ne tourne et ne s’agite que pour blesser ceux qu’elle touche (i). Près de celui-ci paraissent l’oiseau sacré de Jupiter, le petit Dauphin et le 1er ailé (a). Orion, ceint de fer, est placé sous le céleste Taureau et voit encore son chien ardent poursuivre le lièvre timide, son chien, près de qui le navire Argo, jetant plus de rayons de gloire qu’il ne compte d’étoiles, fend la voûte azurée. Sous les Poissons et le Bélier se découvrent l’horrible Baleine et une grande partie de l’Éridan. Chiron, l’Autel, le Poisson et la Couronne s’étendent encore plus dans l’hémisphère austral. Sous le Cancer et le Lion serpente avec éclat l’Hydre presque expirante qui semble toucher le Centaure de sa queue mobile et soutient cette coupe qu’Apollon donna inutilement au paresseux Corbeau, messager de mensonge. En tournant les regards vers le Cancer, vous verrez derrière lui deux pe-

(i) Le Scorpion.

(a) La Flèche.

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