‹ La navigation, poeme de Bernardino Baldi, traduit de l'italienChapitre 15 sur 41 · LA NAUTICA. LIBRO II · texte numérisé non relu

LA NAUTICA. LIBRO II

Due picciolette stelle ornargli il tergo :

lîacco ve le ripose, e son quei tardi Animai , oui Sileno ebro e cadente Premer suol sonnaechioso il pigro dorso.

Sotto i gemelli il minor can si volge Del feroce Orion , che più veloce Lascia de 1’ altro l’onde e’n alto poggia.

Ma non tanto a le stelle il guardo intento Abbi, o nocchier, che quinci obblio ti prenda De 1’ umil suol de le marine piagge.

Piega dunque a la terra alquanto l’ale,

E I’ onda a ricercar di seno in seno Meco, novella impresa, ora t’accingi.

Nè te vano timor prema e ritardi Ch’ altri non possa il grave ardore e’ 1 gelo Soffrir peregrinando , ond’ arde e verna De la terra e del mar si largo spazio.

Lieto segui me pur, che benchè ingombri Eterno giel le più remote parti Del mondo, si ch’ al sole ite in obblio Sembrin talora, e l’altra che si giace Sotto il più caldo cielo incendio eterno Sia creduta provar; pur non le feo D’abitatriei genti in tutto vote Il provido Fattor che le governa :

Perché s’a quelle estreme un tempo cela 11 sol l’ardente raggio, ei le rinfranca Poscia il gran di che sovra lor riluce;

E se quell’altre il giorno ineende e strugge,

I,A NAVIGATION. LIVRE II. yt)

tites étoiles qu’y plaça Bacclnis ; ce sont ees lents animaux sur le dos desquels se soutient à peine Silène ivre et tombant de sommeil. Sous les Gémeaux tourne le petit chien du cruel Orion : plus rapide que le grand Chien, il sort des ondes et s’élève dans le ciel.

Mais, ô navigateur, ne vous arrêtez pas à contempler les étoiles au point d’oublier les humbles rivages de la mer. Abaissez donc votre vol vers la terre, où nous appelle une entreprise nouvelle. Apprêtons-nous à explorer les ondes dans leurs divers parages. Que la vaine crainte de ne pouvoir supporter les chaleurs de la zone torride ou les hivers des zones glaciales ne vous retienne point. Suivez-moi avec confiance : les extrémités du globe que le soleil semble parfois Laisser dans l’oubli, sont à la vérité couronnées de glaces éternelles ; d’autres régions, placées sous un ciel embrasé, sont pour ainsi dire livrées à un incendie perpétuel ; mais le sage créateur qui en dispose ne les a point pour cela privées d’habitants. Si le soleil cache pour un temps ses rayons brûlants aux régions polaires , il les en dédommage ensuite par les longs jours qui les éclairent; et dans les contrées que sa lumière embrase et dessèche, la nuit, par la fraîcheur qu’elle répand de sa

()(» LA NAIJTICA. UIÎIIO II.

Fredda ivi poi da le stellate ehionie Spargendo giel la notte i campi e i fiori Dolcemente rintegra, e’n vita serba.

Saper dunque tu dei che questa mole Cui l’ alto Fondator de l’universo A piccol punto in se medesrna libra,

Dal profondo océan padre de l’onde Con l’ ampie umide braccia intorno è cinta , E che in tre larghe parti ella è divisa Europa, Africa, ed Asia, a cui conviensi America anco aggiunger, che dal nostro Mondo fù pria da vasto mar disgiunta.

De la famosa Europa, Africa parte Saldo eterno confin; fonda che stesa Vien da Gade a l’Egitto, Asia divide.

Dal fianco de l’Europa il freddo fiume Che da’monti rifei scende a la Tana,

Da l’Africane piagge Asia rimove Il tepido Eritreo, che quinci inonda I lidi d’Etiopia, e quindi lava Ricchi d’incenso i lucidi Sabei.

America remota in grembo siede A quel vasto océan, che’l sol già stanco Da l’obbliquo cammin la notte alberga.

Questo si immenso non ben pago ancora Di bagnar de la terra il giro estremo ,

.chevelure étoilée, ranime doucement les champs , les fleurs , et leur conserve la vie.

Apprenez que cette masse , suspendue par l’Être suprême comme un atome dans l’univers, est partout environnée de l’Océan , père des ondes ; elle se divise en trois grandes parties, l’Europe, l’Afrique et l’Asie , auxquelles il faut ajouter l’Amérique , dont une vaste mer a détaché autrefois notre continent. La célèbre Europe et l’Afrique ont pour éternelle limite le golfe qui s’étend de Gadès(i)à l’Égypte. L’Asie est séparée des flancs de l’Europe par le Tanais , fleuve glacé qui descend des monts Riphées , et l’Afrique et l’Asie se trouvent partagées par la mer Erythrée ( 2 ) qui, d’un côté , inonde les bords de l’Éthiopie , et de l’autre, ceux' de l'Arabie Heureuse (3), où abondent l’or et l’encens. L'Amérique est située au loin , dans le sein de ce vaste océan , où la nuit donne asile au soleil fatigué de sa course oblique; océan immense dont les eaux importunes et audacieuses, non contentes de baigner le contour du globe , s’avancent encore partout où la terre

( 1 ) Cadix.

(a) La mer Rouge.

(3) Sabei : de Saba , pays de l’Arabie Heureuse où croît le meilleur encens.

q8 LA N AUTICA. LIBRO II.

Importune ed audace oltra si spinge Dove aperto si seorge il seno o ’l grembo.

Quinci il Mediterraneo , e quinci nasce L’ ampio golfo di Persia, e l’Eritreo.

Di tutti è dunque padre , a tutti parte Questi i tesori suoi, fuor che a 1’ Ircano,

Ch’ esser nega suo figlio, e ’n se raccolto A’ suoi fiumi dà legge, e fiede irato Di Media i lidi , e le montagne Caspe.

L’ altro sen che fremente in spazio angusto Ondeggia là frà’ termini d’ Alcide,

D’ Alcide in sin ad or dicesi varco.

L’ Iberico indi segue, a cui vicino Il Gallico si seorge, ove diparte Questo regno da quel 1’ alta Pirene.

Perde questo il suo nome , e da l’ alpestre Liguria il prende infin che l’ onda mesce Con 1’ onda di Sardigna, a cui congiunto È ’l mar Tirreno , e del Tirreno al fianco Il Siculo , che 1’ aeque e ’l nome stende Infin a Creta che del figlio Giove Siede superba : il Siculo gran parte Del suo liquido sparge, e’1 sen ne face D’ Adria famoso , che radendo bagna Di Dalmazia e d Italia i lidi illustri.

Freme a questo a 1 ’incontro il mare infausto

montre ses flancs ouverts. Ainsi prennent naissance la Méditerranée, l’ample mer de Perse et l’Erythrée ; l’Océan est leur père à toutes ; à toutes il . distribue ses trésors ; la mer d’Hircanie est la seule qui dédaigne d’être sa fille : concentrée en ellemême, elle soumet ses fleuves à sa propre loi, et ses flots irrités vont frapper les côtes de la Médie et les montagnes Caspiennes.

Après cet étroit bras de mer , qu’on appelle encore aujourd’hui les Bornes d’Hercule, règne la mer d'Espagne, puis la merde France (i), à l’endroit où les Pyrénées séparent ces deux royaumes; celle-ci perd son nom et devient la mer de Ligurie^) jusqu’à ce qu’elle mêle ses eaux à celles de la Sardaigne, auxquelles se joint la mer Tyrrhénienne (3), prolongeant la mer de Sicile, qui s’étend jusqu’à l’île superbe de Crète, où naquit Jupiter. Les eaux de la mer de Sicile occupent un large espace, et forment le fameux golfe Adriatique qui baigne les côtes célèbres de l’Italie et de la Dalmàtie. Vis-à-vis de ce golfe

(i) Gallicum mare. Mer de Provence et «le Languedoc. Golfe de Lyon.

(a) Ligustieum mare. Mer de Gênes.

(3) Mer de Toscane.

IOO LA NAUTICA. LIBRO. U.

De le fallaci Sirti , ove 1’ arene Bianeheggian per moite ossa , ove il nocchiero Piangendo mira il barbaro rapace Far de le merci sue non giusta preda.

Segue Fonda di Libia, e ’l mar d’Egitto;

Indi quell’ altro poi clie il nome prende Da i lidi di Sidon, mentre circonda De la madré d’Amor F antico regno.

Isso poscia radendo in ver F occaso Il flutto volge , e Cilice s’ appella,

Fin che lasciato a dietro il seno angusto Di Panfilia e di Licia i lidi inonda,

Dopo cui rotto e sparso a più di cento Isole bagna il fîanco il flutto Egeo ,

Finchè a Tenedo giunto , i lidi fiede Di Frigia, ove famosi i sacri marmi L’ossa serbano in sen di mille eroi :

Stringesi poscia il celebrato varco De F errante fanciulla, a cui già feo Per calcar temerario i nostri lidi Di novi ponti oltraggio il re superbo.

Porta è questo a l’Eusin, che in se riceve

mugit la funeste mer des Syrtes, où les sables blanchissent sur des monceaux d’ossements, où le nautonier voit avec douleur un gouffre dévorant engloutir sa fortune. Viennent ensuite la mer de Libye, celle de l’Égypte, et cette autre mer qui reçoit son nom des rives de. Sidon pendant quelle entoure l’antique royaume de Cythère ; après avoir touché Tissus , elle tourne ses ondes vers l’occident , et prend le nom de la Cilicie jusqu’au moment où , s’élargissant , elle arrose les côtes de Pamphylie et de Lycie. Ensuite la mer Égée , parsemée d’îles nombreuses dont elle baigne les flancs, une fois arrivée à Ténédos, frappe les côtes de la Phrygie, dont les marbres fameux et sacrés renferment les restes de mille héros. Enfin, ce détroit que rendit célèbre la fuite d’Hellé(i), ce détroit où la mer outragée vit un roi orgueilleux et téméraire (2) tenter d’élever un pont de bateaux pour venir fouler nos rivages, est la porte de l’Euxin, lequel reçoit le

(1) Errante fanciulla. Hellé, fille d'Athamas, roi de Thèbes, fuyant la haine de sa belle-mère, osa, pour se rendre en Colchide, se confier aux flots sur un bélier à toison d’or; mais, effrayée du péril, elle tomba dans le détroit, qui prit ensuite le nom d'Hellespont.

(a) Xercès.

102 I.A NAUTICA. LIBRO II.

I ia stagnante Meoti , ove l’ ingiusta Plebe di sangue urnan tingea gli altari.

Poi che t’ avrai dentro il pensier dipinto Di questo il sito e di quell’ altro seno ;

Altra cura fia tua d’apprender anco

Quai monte al mar sovraste, ove s’asconda Fallace scoglio, ove a le navi invoie Rapida sirte 1’ onde , o cupa e ’ngorda Vorago, che, rotando il flutto, i legni Orribilmente assorba e si divori.

Sappia dunque il nocchier : cola s’ estolle, Additando lontan, l’infame fronte Del fulminato Acrocerauno, ed ivi

II sassoso Monton disfida a guerra

Del Dio del mar l’ impetuoso armento :

Qu'l latra Scilla , ivi Cariddi cela Cieche insidie a gl’ incauti , ivi bollendo Copre e discopre il mar l’ infida arena.

Quando poscia con 1’ uso a te fien conte Le cose ch’ io dicea , volger devrai L ingegno ad imparar quando più abbonde D acque il regno di Teti, c quando n’abbia

LA NAVIGATION. LIVRE II. Iü3

Palus Méotide, dans ces contrées où le peuple barbare souillait de sang humain les autels.

Lorsque vous vous serez gravé dans l’esprit la position de ces mers diverses, vous devrez apprendre à reconnaître les promontoires, les lieux où se cachent de perlides écueils, ceux où des sables mobiles enlèvent rapidement aux navires l’eau qui les soutient, enfin les courants profonds qui, en tournant sur eux-mêmes avec une horrible violence , engloutissent et dévorent les bâtiments. Là, les monts Acrocérauniens ( i ) montrent avec orgueil leur indigne front qu’écrasa la foudre; plus loin, les rochers de Leucate semblent défier les impétueux troupeaux de Neptune. Ici, le monstre Scylla fait retentir l’air de ses aboiements , Charybde cache de perfides embûches au pilote imprudent , et la mer, en bouillonnant, couvre et découvre tour à tour des sables dangereux.

Quand l’expérience vous aura familiarisé avec toutes ces choses , il faudra que vous appreniez à connaître le moment où les eaux s’élèvent dans le royaume de Téthys et celui où elles s’y abais-

(i) Infâmes seopulos Aeroceraunia.

(Hor. , liv. i, od. 3.)

Montagnes d’Epire, autrement appelées la Chimère.

104 LA.NAUT1CA. UBRÔ 11.

Copia minor, perché procura in vano D’entrar, benchè sian Taure a lui seconde, Nel porto quei cui cio saper non cale ;

Perché sasso talor da T onde in guisa Alte é sommerso , che lo scerne a pena Ogni più pénétrante occhio cerviero ;

Ed ecco in brève tempo in guisa sorge ,

Che T alcion vi puote in cima assisa Rinovellar T antiehe sue querele.

Tu ciô dunque sapendo i moti impara De’ reciprochi Aussi, e saprai Tora Che de T instabil mar lo stato alterna.

Cintia, Febo fuggendo , a Teti invola D’ umor gran copia; onde si sceman T accrue , Finchè mirando lui dal loeo dove 1/ ottava luce le concédé albergo Rendale il suo tesoro : ond’è che’l lido Rifugge a dietro , e ciô finchè la face A Timbrunir de Torizzonte estolle Contro il fraterno foco : perché allora Corne pian pian del lume suo si spoglia ,

Cosi spariscon l’acque, infin che mostra La meta de la fronte , indi seguendo 11 veloce cammin per giunger dove In altro albergo il frate suo T accoglie,

Tanto ridona al mar, quanto gli toise.

LA NAVIGATION. LIVRE II. lOO

sent; le pilote qui ne remarquerait pointées circonstances, lors même que les vents lui seraient favorables , s’efforcerait inutilement d’entrer dans le port; car quelquefois un écueil est tellement couvert par les ondes , que les yeux les plus exercés l’aperçoivent à peine ; tout à coup on en voit sortir la cime, sur laquelle l’alcyon vient se reposer et renouveler ses accents plaintifs. Il importe donc d’observer les oscillations des flots pour connaître l’heure à laquelle la mer inconstante change d’état. lia lune, en s’éloignant du soleil , dérobe à Téthys une grande partie de ses eaux; celles-ci s’abaissent successivement jusqu’à ce que le premier de ces astres se plaçant, après huit jours, en regard de l’autre, rende à Téthys ses trésors ; le rivage fuit alors en arrière, et cela, tant que Phoebé, du côté opposé aux feux de son frère , étale sa clarté au-dessus des ombres de l’horizon; mais à mesure qu’elle perd peu à peu de sa lumière, les eaux se retirent jusqu’au moment où elle ne montre plus que la moitié de son disque : poursuivant enfin sa course rapide pour arriver au point où son frère la reçoit dans un autre hémisphère , elle rend à l’Océan tout le fluide qu’elle lui avait enlevé. Tel est l’ordre éternel suivant lequel la lune fait mouvoir alter-

loG LA NAUTICA. LIBKO II.

Questo è l’ordine eterno, ond’ ella muove Alternamente i saisi umidi campi.

Ma con diversa legge ella il governa Nel modo che non suo , ma di chi seco Suo mal grado la tragge al cielo intorno; Perche tosto ch’ appar da l’ onde f’uori In freddo assisa e luminoso argento , Gonfiar fa l’ acque salse in fin che mira La terra e ’l mar dal più sublime colmo Del cielo, onde cadendo il flutto chiude Entro letto minor, nè pria gli rende L’ usato uraor, ch’ a l’ oceano in grembo S’ attufïi , e giunga al più profondo cielo ; Quinci tornando a l'Oriente usato Stringer fa da Nettuno il freno a l’ onde.

Cosi fugge dal lido , e cosi riede 11 mar a ribollir, si corne piaee A la virtù che in modo tal 1’ aggira.

Non voglio io già pero che tu ti creda Certa 1’ ora saper che l’ acque scemi ,

E rigonfiar le faccia , ancorchè 1’ ora Certo ti mostri il ciel , se tu non miri A fiumi , a monti , a foci , a seni , a lidi Di quei mar’ che tu solchi ; perché spesso Non ben nota cagion frange cd afïYena

nativement les plaines liquides de l’Océan. Mais, par une volonté qui n’est pas la sienne et qui n’appartient qu’à celui qui, malgré elle, la fait tourner autour des cieux, elle assujettit encore la mer à d’autres lois. En effet, dès qu’elle sort du sein des ondes, sur son char lumineux et argenté , elle fait enfler les eaux amères jusqu’à ce qu’elle soit à son apogée; puis , en déclinant, elle resserre les flots dans un lit étroit, et ne leur rend le fluide dont elle les avait privés, qu’après s’être replongée dans l’Océan et être parvenue dans les régions les plus profondes du ciel. Ensuite, reparaissant à l’orient , elle oblige Neptune à mettre de nouveau un frein à l’envahissement des eaux. C’est ainsi que la mer se retire du rivage; c’est ainsi qu’elle revient écumante , selon qu’il plaît à la puissance qui soumet la lune à de telles révolutions.

Cependant, pour connaître d’une manière certaine l’heure à laquelle cet astre fait enfler ou baisser les eaux, il ne suffit pas de s’en rapporter au témoignage infaillible du ciel ; il faut encore observer attentivement les fleuves , les montagnes , les détroits, les golfes, les rivages qui dépendent des mers que vous sillonnez. Car souvent une cause inconnue maîtrise et ralentit d’abord

LA NAUTICA. LIBHO 11 .

L’impeto primo; e spesso anco gli porge Aita ; e che sia il ver, golfo talora Ritroverai , che vi si sceme a pena 1/ inalzarsi de 1’ acque, e tal che in breve

I campi inonda , e la città sommerge :

E quinci avvien, che quando il mar risiede,

II gelido Britanno i pesei ignudi Preda copiosi in su l’ asciutta arena ;

Ma quando gonfia poi , cosi superbo Il vede ritornar, che spesso è d’ uopo Alzar contro il suo sdegno argini e sponde.

Segue or, che tu de gli animosi spiriti

Cui lenta e stringe Eolo a sua voglia il morso, Gli alberghi , i nomi e le nature impari.

Voile il provido Re de 1’ universo Che spirassero i venti , a fin che pigro Non rimanesse 1’ aere, e quinci grave Nemico a gli animanti, e perché insieme Commovesser le nubi, e da le nubi Scotesser l’ acque, il cui cader dà vita E refrigerio a gli animali, a l’erbe :

E forse perché ancor gli audaci legni Spingessero per l’ acque, onde i mortali Compartisser cosi quel che di caro A questa parte diede, a quella toise :

Avventuroso certo e nobil dono,

Se f nom troppo al suo mal veloce e scaltro Non l’oprasse in suo danno, ed ove adduce

la force du courant; souvent aussi elle lui vient en aide. Ainsi , dans tel golfe , les eaux paraissent s’élever à peine, qui bientôt inondent les campagnes et la ville. De là vient aussi que, lorsque la mer se retire, l’habitant de la froide Bretagne fait un copieux butin des poissons qui restent étendus sur le sable; mais lorsqu’elle enfle ensuite, elle avance si menaçante qu’il est ordinairement nécessaire d’opposer de fortes digues à sa fureur.

Il faut, en outre, apprendre à connaître où demeurent les vents qu’Éole enchaîne et déchaîne à son gré, savoir leurs noms, leur nature. I^e roi de l’univers, dans sa sagesse, a voulu qu’ils soufflassent pour que l’air ne restât point dans l’inertie et ne devînt ainsi nuisible aux êtres animés; pour qu’ils agitassent ensemble les nuages, et que des nuages ils précipitassent les eaux dont la chute vivifie et rafraîchit les animaux et les plantes ; peut-être aussi pour qu’ils chassassent à travers les flots les navires audacieux, de sorte que les mortels pussent partager les biens que la nature a concédés à un pays et refusés à un autre. Heureux et noble don sans doute, si l’homme, trop habile et trop prompt à courir à sa perte, ne l’employait contre lui-même, en por-

Iio LA NAUTICA. LIBRO II.

Guerra, portasse altrui ricchezze e pace.

A questi Giove il d'i che gli elementi

Pose ne’ seggi loro, e di dorate

Stelle adornô il seren , prescrisse il corso,

E diede rege al cui possente cenno Devessero depor gli orgogli e l’ ire :

E quando fra gli Dei partio gli alberglii , Euro locô là ve al naseente giorno S’ apron le porte, e ne l’opposto regno Zefïiro occidental, che fiori e frondi Sparge, e risveglia i pargoletti amori.

Ostro di fosco tinto il volto e l’ale,

Pose ne l’ Etiopia , ond’ egli ardenti Fulmini e lampi adduce; il freddo clima Là sotto i sette gelidi Trioni A Borea diede, che scotendo i vanni Tempeste sparge e cristallino gelo.

Fra questi che de gli altri an maggior grido, Quattro altri son , che le seconde parti Ebbero ne gli onori : in mezzo siede Greco di Borea e d’ Euro , ed a 1’ opposta Parte fra 1’ Austro e Zefïiro si muove Quel che di Libia o d’ Africa s’appella :

Sirocco d’ Euro e d’ Austro in mezzo alberga ,

tant la guerre à ses semblables, au lieu de leur porter la richesse et la paix !

Lorsque Jupiter fixa la place des éléments et sema le ciel de brillantes étoiles, il régla aussi le cours des vents, et leur donna un roi puissant, au signal duquel ils dussent aussitôt dépouiller leur violence et leurs emportements. Et quand il assigna aux dieux leur séjour, il plaça Eurus du côté où s’ouvrent les portes de l’aurore : Zéphyre, qui prodigue les fleurs et la verdure, qui provoque les tendres amours, fut mis à l’occident. Auster, au teint basané , occupa l’Éthiopie , d’où il attire la foudre et les éclairs; et Borée qui, en secouant ses ailes, envoie les tempêtes et la glace semblable au cristal, reçut en partage ces froids climats situés sous le septentrion (i). Entre ces vents, qui sont les principaux, il en est quatre autres qui eurent une part secondaire dans les faveurs de Jupiter. Le nord-est siège entre Eurus et Borée, et, du côté opposé, entre Auster et Zéphyre , souffle le vent auquel la Libye ou l’Afrique donne son nom. Le Siroc (2) tient le milieu entre Eurus et Auster, et,

(1) / set te trioni. Seplem Triones, bœufs de la charrue. Les sept étoiles du Chariot

(2) Le sud-est

lia l.A NAUTICA. I.IBRO 11.

Ed a T incontro ha fra l’Occaso e 1* Orse Maestro imperioso, a cui cedendo Rivolgon vinti e vergognosi il tergo Gli altri superbi venti. Or fra ciascuno Di questi un altro v’è, che il nome prende Da i due ch’a’ jfîanchi egli ha, si corne avviene A quel che (perché il Greco ave a la destra ,

A 1' altra quel che d’ Oriente spira)

Greco levante ha nome : in fra quei prinii E questi ch’ or diciam , concesso il loco Ad altri fu di lor, che de’ vieini Venti maggior’ si appellan quarte , corne A quello avvien, ch’ essendo a destra d’Euro Verso il fiato di Grecia , è quarta detto Di Greco inverso l’Euro. Ha dunque il cielo Trentadue parti , e da ciascuna move Il propio vento suo , nè già mai nave Puote , solchi ove vuol , non esser sempre Entro alcuna di loro, o nel confine Che gl’imperii fra lor distingue e parte;

Si divisi an gli alberghi : e pure ignota La conoscenza fù di questo vero A l’ Attico, al Fenice ed al Latino.

Se 1’ Aquilon dal sonno suo si desta Mentre 1’ opaca notte il mondo involve In fosco umido vélo, a pena spira Infino al terzo di; ma s’ei vincendo

vis-à-vis de lui, entre le couchant.et les Ourses, est le Maestral (i) impérieux, à qui cèdent les autres vents, en lui tournant honteusement le dos. Chacun de ceux-ci est partagé par un autre qui reçoit son nom des deux vents placés à ses côtés; tel est le vent d’est-nord-est qui, à sa droite, a le nord-est, et, à sa gauche, lèvent qui souille d’orient. L’espace compris entre les premiers et ceux que nous venons d’indiquer fut donné à d’autres qui , voisins des vents principaux, ont le nom de Quarts; c’est ainsi que celui qui est à la droite d’Eurus, du côté du vent de Grèce, s’appelle quart de nord-est du côté d’Eurus. Le ciel se divise donc en trente-deux parties, qui toutes ont un vent qui leur est propre ; et il est impossible qu’un navire, vers quelque lieu qu’il cingle, ne se trouve entre l’une d’elles, ou sur les limites de leurs empires respectifs. Et cependant les Athéniens, les Phéniciens et les Latins ne connurent point cette division.

Lorsque l’Aquilon se réveille, pendant que la nuit épaisse couvre le monde d’un sombre et humide voile, il souffle à peine jusqu’au troisième jour; mais si, prenant le dessus, il met en fuite

(t) Le nord-ouest.

I l4 I-A NAUTICA. LIBRO 11.

Rivolge in fuga l’ Austro, aspra tempesta Cominove , e di color torbido e nero Cosperge il mar che ’ncontro lui s’ adira.

Noto vie più crudel , l’ ispida chioma Carco d’oscura pioggia e’1 mento e l’ale.

Non ha chi lui pareggi in far che s’ armi A fierissima guerra il Dio de 1’ onde.

Questi , benchè sorgendo a pena sembri Fronde in ramo agitar, cosi superbo Avanzandosi vieil , che non che legno In mezzo al mar, ma gli résisté a pena Robusta quercia che in montagna alpestre Cotanto le radici al centro stenda ,

Quanto alti sparge al ciel gli orridi rami.

Or se il cultor del non instabil campo Non prima a 1’ opre sue rozzo s’ accinge , Che non osservi il variar del cielo ;

Che farai tu , che a fragil legno in seno Campo solchi fallace, e si d’appresso La morte ognor ti scorgi? Il padre Giove Mille segni dimostra onde altri puote Antiveder quando sereno o fosco Apparir debba il cielo , o quando a 1’ aure Spiegar uom possa il tremolante vélo.

Prima il lucido sole e la sorella T’ ammaestran fedeli, e gli altri lumi

l’Auster , bientôt une effroyable tempête s’élève , et la mer irritée se trouble et s’obscurcit. Le cruel Notus , dont une pluie abondante a trempé la chevelure hérissée, la barbe et les ailes, l’emporte sur tous par la fureur qu’il sait inspirer au dieu des ondes. Bien que, lorsqu’il commence à s’élever, les feuilles ne paraissent que légèrement agitées sur leurs branches, il s’avance bientôt si menaçant, que non- seulement les navires qui flottent au sein des mers lui résistent avec effort, mais même les chênes les plus robustes dont les racines s’enfoncent autant dans le cœur des montagnes que leurs branches hérissées s’élèvent dans les hautes régions du ciel.

Or, si le laboureur, avant de se livrer à la grossière culture des champs, qui n’ont point l’inconstance des mers, ne manque pas d’observer les variations du ciel , que sera-ce de vous qui, sur un fragile navire, sillonnez des plaines perfides, et qui, à tout moment, entrevoyez la mort de si près?

Jupiter a établi en grand nombre des signes qui permettent de prévoir si le ciel sera calme ou orageux, et si le pilote pourra sans crainte déployer ses voiles au vent. D’abord , le soleil , sa sœur et les autres astres qu’Hesper fait briller

H6 I,A NAUTICA. 1.1 BHO II.

Ch’ a lo sparir del giorno Espero accende.

Che dieo il sole? Aneo la terra e ’l mare Quasi a gara fra lor tentan d’ aprirti Con tacito parlar cio che s’ asconde.

Se dunque a 1’ apparire avrà la fronte Febo di fosco sparsa , e ’l viso tinto Di negro si , che ne rassembri in vista Profondo e cavo , sospettar di pioggia Devrai quel giorno, e cio non men se i rai Spiegar parrà fra tenebrose nubi llotti o ’n nodo raccolti; o se 1’ aurora De’ rugiadosi fior’, torbidi in vece Spargerà nimbi, il torbido procella Acquosa ne predice : il color d’ ostro De’ venti è indizio, e cio cosi sorgendo, Corne cadendo il sole. Or chi bugiardo Fia mai che stimi, e non verace il sole?

Il contrario avverrà, se puro e chiaro Egli uscirà di Gange, o cadra sotto Il mar d’Iberia oltra Marocco e Calpe; Perche placide e piane allor fien 1’ onde, E ’l ciel, quai è, se nulla nube il vêla.

Segni non men fedeli anco la luna Mostrarne suol , che ne la fronte scritte Del mar porta e del ciel l’ ire e le paci.

Se dunque la vedrem , quando novella

à la chute du jour, en donnent des indices certains. Que dis-je le soleil? La terre et la mer elles- mêmes essayent à l’envi, par leur tacite langage, fie vous annoncer le temps qui se cache. Si donc le soleil, au moment qu’il se lève, paraît couvert de taches et tellement obscurci que son disque présente l’image d’une cavité profonde , vous devrez soupçonner qu’il tombera de la pluie, et bien plus encore, si vous voyez ses rayons , perçant de sombres nuages , s’échapper rompus ou réunis en faisceau. Si les brouillards, au lieu de la rosée, accompagnent l’aurore, c’est aussi le présage d'un temps orageux : la couleur rouge annonce du vent, au lever comme au coucher du soleil; et qui oserait dire que le soleil est trompeur (i)? Le contraire arrivera si , en sortant du Gange ou en se couchant sous la mer d’Ibérie au delà de Maroc et de Calpé , il se montre pur et sans taches; la mer alors est calme et riante, et le ciel sans nuages.

On ne doit pas moins ajouter foi aux signes de la lune dont le front annonce la colère ou la sérénité du ciel et de la mer. Lors donc qu’elle

(1) Solem quis dicere falsum audeat?

(Virg. Géorg., liv. 1.)

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