‹ La navigation, poeme de Bernardino Baldi, traduit de l'italienChapitre 21 sur 41 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Le temps est venu d’expliquer comment le marin préserve son fragile navire des graves dangers de la mer, avec quel art et quel bonheur il parvient à en triompher, et retourne , chargé de richesses, dans sa patrie : tâche bien au-dessus de mes forces, dont il faut cependant que je m’acquitte comme de la partie la plus importante de l’œuvre à laquelle je consacre mes veilles, n’ambitionnant d’autre gloire que de rendre plus léger pour d’autres un si lourd fardeau. Les uns, courant les hasards de la guerre, exposent leur poitrine à être percée de mille traits , et payent de leur sang la gloire dont ils sont avides ; les autres, mendiant les applaudissements du peuple et sa faveur plus légère que la feuille qui s’envole , se parent avec orgueil de pourpre et d’or,

I 34 LA NAUTICA. LIBKO 111.

Veste superbo , e de’ grand’avi illustri Le glorie vanta e gli onorati pregi.

Altri vie più che 1’ or pallido in vista ,

L’ oro ingordo ed avaro insieme aduna.

Ma io sol voi, muse , amo, e sol voi chiede Propizie il mio désir, mentre s’ invola Al volgo errante , e le fallaci note Sordo cerca schivar de le Sirene.

Onde, o fîglie di Giove, allor ch’ al Dio De 1’ acque avrô disciolto il fatto voto , Tornando a riveder gli amati monti Ove dolce ébbi in sorte , e caro nido ;

A voi consacrero, se non superba Mole d’or ricca e di lucenti marmi,

Almen di verdi cespi in su le rive Del Hume mio nove elevati altari ,

E ciascun anno , a la stagion che veste Di verde il mondo , appenderovvi intorno Riverente ed umil vaghe corone Di rose, di amaranti e di viole.

Quinci temprando la sonora cetra,

Cantero s'i , che da le basse valli,

Da gli antri e da le selve i vostri onori Rispondendo Eco a replicare impari.

Salpo dunque il mio ferro, e pur che meco

vantant la gloire et les nobles exploits de leurs illustres aïeux. Ceux-là, pâlissant à la vue de l’or, ne songent , dans leur avidité et leur avarice , qu’à enfouir des trésors. Mais moi , je n’aime que vous, ô Muses! et mon cœur n’aspire qu’à vos faveurs, tandis qu’il s’éloigne du vulgaire inconstant et que, sourd aux chants perfides des Sirènes , il cherche à les éviter. Ainsi , ô filles de Jupiter, lorsque j’aurai accompli le vœu que j’ai fait au dieu des mers, j’irai revoir les morttagnes chéries où le sort m’a concédé une douce et paisible demeure, et je vous y consacrerai, sinon un riche temple en marbre et resplendissant d’or, au moins neuf autels en verts gazons que j’élèverai sur les rives du Métro (i); chaque année , au retour de la saison qui pare la terre d’une nouvelle verdure, je viendrai, plein d’humilité et de respect, suspendre à ces autels des couronnes de roses, d’amarantes et de giroflées; puis, accordant ma lyre, je chanterai si haut vos louanges que, du fond des vallées, des grottes et des bois, Écho saura les répéter. Or, je lève l’ancre , et , pourvu qu’une de vous, Muses,

(i) Del fiume mio. he Métro ou Metauro, dont il est question au livre u.

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