LA NAUTICA. LIBRO III
Cominciar vide i suoi si lunghi errori.
Ma perché spesso awien ch’ a mezzo il corso A color che triremi anno in governo Volger fa di mestier verso altra parte L’eccelsa antenna e la gonfiata vêla :
Esperto ad opra tal vorrei ; se quinci ,
Corne utile e vantaggio , anco sovente Perigliosa ruina altrui s’ attende :
E lodo assai colui, clie’l vélo avvolto A l’ antenna, e non sparso, a taie impresa S’ accinse per schivar dannoso risco.
Quando fia poi che col tardar t’ offenda Nel corso il legno, e tu veloce il brami, Pronto il rimedio avrai : posciachè solo L’ antenna alzando a la ventoSa gabbia , Presto il farai cosi, che vinto quasi Fia il tuo voler dal suo veloce volo.
Null’ uom poria scrivendo in mille carte Raccor quanto quest’ arte a 1’ uman uso Saggiamente guidata utile apporti.
cap de Malio (i), il essuya une si horrible tempête , que dès lors commença la série de ses trop longues infortunes. Mais comme souvent ceux qui gouvernent des trirèmes sont obligés, au milieu de leur course, de changer de bord l’antenne élevée et la voile gonflée de vent , il faut être exercé à cette manœuvre qui, si elle est utile et avantageuse, ne laisse pas d’avoir ses dangers et de causer quelquefois votre ruine. Aussi j’approuve beaucoup celui qui s’y prépare en tenant les voiles serrées sur leur antenne et prévient par là de funestes accidents. Si votre navire , quand vous désirez en accélérer la marche, irrite votre impatience par sa lenteur, le moyen de remédier promptement à cet inconvénient est d’élever seulement l’antenne jusqu’à la hune exposée aux vents, et vous lui donnerez une vitesse telle, que votre volonté, pour ainsi dire, n’aura pas été plus prompte que son vol est rapide.
On écrirait des milliers de pages qu’on ne parviendrait pas à dire tout ce que cet art, sage-
(i) Le cap Malio, au sud-est de la Morée. « Oubliez votre maison, lorsque vous doublez le promontoire de Malio. » Ce proverbe, rapporté par Strabon, prouve combien ce cap est dangereux.