LA NAUTICA. IJ BRO III
Le passate fatiche : e benchè d’ oro Non splenda il suo ricetto, e non s’ estolla Sovra colonne di lucenti marmi ;
Benchè sovra alti piè di sculto argento Candidissime faci ei non accenda,
11 cui splendor de le superbe sale A gli occhj scopra le ricchezze e l’a rte :
Lieto è perô ; si le corone e i manti Ricco in sua povertà sprezza e non cura.
A lui ridono i prati, a lui sol versa Giacinti e rose la surgente aurora :
A lui dolce cantando i primi albori Salutan gli augelletti, e i fonti, e i faggi Porgon chiari i cristalli, opache l’ombre, Ove l’ aride labbra iinmolli , ed ove Posi dormendo il faticato fianco.
Altramente a colui vivendo avviene ,
Clie ricchezze adunar brama fra 1’ onde ; Perché, lasciata la mogliera e i figli,
Quasi dal patrio nido a forza spinto,
Se stesso esposto a volontario errore ,
Erme pénétra e sconosciute arene :
D’ ogni nube paventa , e mai non dorme D’ altissima paura il petto scarco.
Aide a 1’ estivo tempo, e benchè d’acque Sia d’ogni intorno cinto, indarno brama
Bien que l’or ne brille pas dans sa demeure , et qu’elle ne s’élève pas avec orgueil sur des colonnes de marbre; bien que l’éclat éblouissant de flambeaux d’argent, magnifiquement sculptés, ne découvre pas aux regards les richesses et l’art qui régnent dans ses somptueux appartements, il vit content; et, riche dans sa pauvreté, il n’envie, ni les couronnes, ni la pourpre. C’est pour lui t que les prairies se montrent riantes , pour lui que l’aurore naissante répand les jacinthes et les roses. C’est lui que les oiseaux saluent en célébrant dans les bosquets le retour du printemps. Se sent-il altéré, ses membres fatigués ont-ils besoin de quelque repos, les fontaines lui offrent le cristal de leurs eaux , les hêtres leur épais ombrage. Combien est différent le sort de celui que le désir des richesses conduit et oblige à vivre sur les mers ! Se séparant de sa femme, de ses enfants, poussé pour ainsi dire forcément hors de son pays , s’exposant à des dangers volontaires, il va pénétrer dans des contrées désertes et inconnues; le moindre nuage l’épouvante et jamais il ne dort le cœur exempt d'effroi. Au milieu de la plus grande chaleur, et quoique partout environné d’eau, c’est en vain qu’il cherche à étancher sa soif
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Fresco rimedio a la foeosa sete.
Da’colpi de la morte un picciol legno Gli è fraie scudo, e quel ch’è vie più grave, Rare fiate avvien ch’ ei ne riporte Meree che sembri al gran travaglio egualc.
Non vo’ perô che tu , benchè d’estrema Fatica sia quest’ arte, e di periglio;
Perciô paventi , e neghittoso viva Tutta l’etate tua povero e vile :
Perché spesso in cangiar contrada e parte Cangia uom fortuna, e’n région lontana Trova tesor, che nel paterno nido Avria forse aspettando atteso indarno.
Sii pur saggio e prudente, e col consiglio Roinpi fortuna rea : perché a colui Solo il pregio si dee, che ardito e forte Riede superator d’ogni periglio.
Non vedi tu che i celebrati eroi Per fabbricarsi gloria ebber ten/one Co’ mostri e con l’ inferno , e che la fronte Solo a colui l’illustre fronde cinse,
Che sudô vincitor ne’ campi Elei P Pon mente al Lusitan, che ben che il regno Aggia cola ve ’l sol cade ne 1’ onde, l’ai col proprio valor calle s’ aperse,
Che Cerne addietro e’1 carro de gli Dei ,
brûlante : un frêle bâtiment seul le protège contre les coups de la mort , et rarement même il trouve une compensation équivalente à tant de sacrifices.
Je ne veux point pour cela vous effrayer, et bien que l’art des navigateurs soit hérissé de fatigues et de périls, n’allez pas, dominé par la paresse, passer toute votre vie dans une basse indigence; car, souvent en changeant de pays, on change aussi de fortune, et l’on trouve dans des régions lointaines des trésors auxquels on eût été loin de s’attendre, peut-être, en restant sous le toit paternel. Usez donc de sagesse, et, à force de prudence, surmontez la mauvaise fortune. Celui-là seul est digne du prix, qui a su , par son courage et par sa fermeté, vaincre tous les périls. Si les héros les plus célèbres se sont acquis de la gloire, c’est en luttant contre des monstres, contre l’enfer; aux jeux Olympiques, il n'y avait que celui qui restait vainqueur de tous les combattants, dont on ceignait le front de lauriers. Voyez les Portugais : quelle route ils se sont ouverte par leur intrépidité ! Quoique habitants de ces contrées où le soleil tombe dans l’Océan , ils laissent bien loin derrière eux, comme des limites indignes de les arrêter dans leur course
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Mete non degne a l'animoso corso,
Di gran lunga lasciato, incontro al giorno Volt) cosi , che fra gli estremi Eoi Potè spiegar le vineitrici insegne.
Costor dunque imitando, ardisci, e porgi Gli oreechj intenti a me , clie per te solo De la dottrina loro empio le carte.
Or perché a gran padron d’ ampio naviglio Moite cose membrar fa di mestiero.
Né facilmente puote altri tenace S\ la memoria aver, che senza errore Ogni cosa fedel prenda e riserbi :
Oprar deesi lo stile , ed a le carte Non caduche fidar quanto fa d’ uopo.
Quel che dunque segnar debban gl’ inchiostri Di chi le vele ai venti , e i remi a l’onde Dona , Sia taie il mese , il giorno , l’ anno ,
L’ ora, ch’ uom lascia il porto , e quanto s’ erga Sopra il lasciato loco il polo, e quale Vente secondi il corso , e quanto spazio Di mare ogni ora il mobil legno prenda.
Perché , si corne sai , non sempre serba Uno stesso ténor fendendo l’ onda
hardie , Cerne (i) et le char des Dieux. Ils volent encore au-devant du jour jusqu’à ce qu’ils aient pu déployer leurs étendards victorieux aux extrémités de l’Orient. Profitez donc de ces exemples que je rapporte ici pour vous seul , afin de vous encourager à les suivre , et prêtez-moi une oreille attentive.
Comme le nombre des détails, auxquels le chef supérieur d’un vaisseau doit donner son attention, est considérable, et comme il ne serait pas facile de les avoir tous présents à la mémoire, sans jamais en laisser échapper aucun, il est nécessaire d’en écrire la nomenclature et de confier à un papier qui ne périsse point tous les renseignements utiles. Ainsi , le journal de celui qui présente les voiles au vent ou les rames aux flots, doit indiquer le mois, le jour, l’année, l’heure où l’on quitte le port; de combien le pôle est élevé au-dessus du point de départ ; quel est le vent favorable et combien le bâtiment mobile parcourt de chemin par heure. Car vous saurez que les navires ne conservent pas toujours la même marche en fendant les ondes; tan-
(i) L'île tle France. On sait que ce sont les Portugais qui la découvrirent.
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Marino abete : anzi talor, se fede Ad esperto si dee, tanto è veloce,
Clie in un’ ora fornir pub quel viaggio , Che per piano sentiero in quattro a pena Pronto potrebbe pellegrino , e scarco.
Talor anco è piii pigro; e s\, che mentre De l’ ancille del giorno una s’ arresta A far sua scorta a l’ indorato temo;
Benchè libero e lieve, a pena vince Quattro fiate mille passi e mille.
Notar anco si dee, quand’ egli awiene,
Che per girar da questa a quella parte Altro vento si prenda entro la vêla , Quanto tempo sospinga , e quanto seco Di cammin si trapassi : altra fatica Prender conviensi ancor nel loco dove Giunto dopo gran corso il legno sorge Su i gravi ferri , in ritrovar quant’ alto Ivi s’erga da 1’ onde il polo, o ’l cerchio Che i giorni agguaglia, il che facile e lieve Ne fia, pur che’l seren nulle non copra :
Cos’i quando un sol lume il ciel rischiara, Corne allor che ’l fan vago e mille e mille.
Devrai dunque saper, se fia che’l giorno Cio procuri trovar, quanto si giri liiinge da 1’ Equator l’eterna luce,
E quanto in sul meriggio ella s’ elevi Sovra il campo de 1’ onde , e da cpial parte
tôt, s’il faut en croire les hommes expérimentés, ils ont une vitesse telle, qu’ils accomplissent en une heure la route que le voyageur le plus leste mettrait quatre heures à faire, en allant par le sentier le plus uni; tantôt, ils vont si lentement qu’une des Servantes du Jour a le temps d’escorter le char doré du soleil , avant qu’ils aient dépassé , bien que libres de toute charge, l’espace de quatre lois deux mille pas. Il faut aussi, lorsque, pour virer de bord, on prend un autre vent dans les voiles, noter combien de temps dure son impulsion et combien pendant ce temps on parcourt de chemin. Un autre soin qu'il convient de prendre, c'est, dans le lieu où mouille un navire après une longue traversée, de rechercher à quelle hauteur au-dessus des ondes s’y élève le pôle ou bien le cercle qui égalise les jours ; opération facile et qui demande seulement que le ciel ne soit point obscurci de nuages, aussi bien quand il n’est éclairé que du soleil que lorsque des milliers d’étoiles y scintillent de leur vive et brillante lumière. Lors donc que vous vous occuperez de cette recherche pendant le jour, il vous faudra savoir à quelle distance de l’équateur tourne l’astre éclatant de l’univers, quelle est sa hauteur au-dessus du champ des
l6a LA NAUT1CA. L1BRO 111.
Caggia fosca da’ corpi allora 1’ ombra :
Perché talor ver 1’ Orse , e talor anco Suole inchinar ver 1’ Austro , e talor quando Febo in mezzo del ciel le ruote libra ,
Pressa giacer dal corpo , ond’ ella scende.
Se dunque de 1’ opaco il fosco e l’ ombra Rivolgerassi a l’ Aquilon, fia segno ,
Che tu fra ’l sole e Y Orse abbia f albergo;
Ma s’ a f opposta parte il sole e f Austro Avranti in mezzo , e se nulf ombra sparsa Vedrai , segno sarà che tu quel loco Prema del mar, ch’ è sotto a quel ch’ ei preme Ne f ampio su de la serena parte.
Se poi cio bramerai, quando di stelle Il gran colmo del ciel dipinto appare;
Agevole ti fia , poi che l’ opaca Notte nel fosco manto accoglie i lumi.
Onde ornata Callisto intorno gira Riguardevole e bella al fisso polo.
Vedi pero che in osservar tu prema De la nave quel loco , ove de 1’ alto Arbore è fermo il piè : che in altra parte Del mobil vaso il vacillàr soverehio Apporta a f opra impedimento'e danno.
Dee por ben mente anco il nocchier se deggia Golfo immenso varcando e giorni e mesi
ondes quand il passe par le méridien et de quel côté au même moment l’ombre obscure tombe des corps; car elle se penche tantôt vers le nord, tantôt vers le midi, et, lorsque Phœbus dirige les roues de son char au milieu du ciel , elle gît étroitement resserrée près du corps qui la produit. Supposé donc que l’ombre se tourne vers le nord , ce sera l’indice que vous mouillez entre le soleil et l’ourse ; mais si vous vous trouvez au côté opposé entre le soleil et le midi, et. si vous n’apercevez aucune ombre, ce sera l’indice que le mouillage que vous occupez est audessous du point culminant par où passe Phœbus sous la céleste voûte. Enfin, si vous voulez faire ces remarques lorsque le firmament se montre orné de ses feux, vous le pourrez sans difficulté à la faveur de la nuit, sur le manteau de laquelle luit d’un éclat particulier, entre toutes les étoiles dont il est parsemé, la belle Callisto circulant autour du pôle immobile. Ayez soin toutefois, pour procéder à vos observations, de vous placer à l’endroit le plus stable du navire, au pied du grand mât, car 'partout ailleurs, la mobilité , les oscillations continuelles du bâtiment, sont des obstacles qui vous empêcheraient d’accomplir votre œuvre. Il importe aussi beaucoup
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Scorger, de) lido in vece, il mar e’1 eielo O pur in guisa a 1’ arenose rive Solear vicin, ch’ei le contempli ognora :
Perché se fia elle lungo sempre al fianco Guidi il suo pin de la propinqua sponda :
Fedele il consigl’ io, che mai non torca Da lei le luci, e tutti i segni osservi Che da questo e quel lido ella gli porge :
Perche non senza alto mistero diede Tante forme natura a monti, a piagge, Quanto varie vediamo. Un sasso quivi Spingesi in mar cosi , ch’ appunto a guerra Par che inviti Nettuno : altrove umile Giaee l’ arena tal, che di lontano Non si scerne da 1’ acque : altrove siede Verde ed opaca selva in riva a l’onde,
E pende in guisa tal , che le sue plante D’ adornarsi a lo specchio appajon vaghe.
Se dunque diligente a quanto io dieo Risguardo avrai, dubbio già mai non fia, Corne sovente a mal accorto avviene,
Che in saper tu vacilli incontra quale Confîn, regno o città tu solclii fonda.
Ma quai segno ed aita avrà colui,
Che adoprando il timon d’ aratro in vece Riga del vasto mar l’ ignudo eampo?
iCy,
au marin de savoir si, traversant une mer d’une grande étendue , il doit passer et les jours et les mois sans voir le rivage, n’ayant d’antre spectacle que l'onde et le ciel ; ou bien si , longeant la terre, il ne doit jamais la perdre de vue. Car s’il ne fait que diriger son navire près des côtes, je lui conseille de n’en jamais détourner les yeux et d’observer les différents aspects que présentent les terres sur chacun de leurs bords. Ce n’est pas, en effet, sans un profond mystère que la nature a donné aux plages , aux montagnes , des formes aussi nombreuses et aussi variées que celles que nous leur voyons. Ici un écueil s’avance à une telle distance dans la mer qu’il semble défier Neptune; là les sables sont si bas que de loin on ne les distingue point des eaux ; ailleurs règne le long du rivage une épaisse et verdoyante forêt, dont les arbres penchés sur les ondes paraissent prendre plaisir à s’y mirer. Si donc vous avez égard à mes avertissements, il est certain que vous n’éprouverez jamais, dans la reconnaissance des terres, des villes sur lesquelles vous gouvernerez, l’hésitation qui est ordinaire au pilote sans expérience. Mais à quels signes, à quelles indications aura recours celui qui, manœuvrant le gouvernail au lieu de la charrue, sillonne les