LA NAUT1CA. L1BRO III
Fuor de gli error’ de’ solitarj campi;
Abbi teco pilota , a cui sian conte Cos\ le vie del mar, corne son conte Al vago cacciator le dubbie vie De’ monti e de le selve, ov’egli silole Cacciar con veltri le fugaci damme.
JNè sia si saggio alcun, che ti consigli, S’awien che col favor de l’ aure amiche Tu solchi ove sian pietre a te mal note,
A dispiegar a lor tutte le vele,
Corne nel navigar d’ aperto e largo Mar tu faresti, o trapassar allora Che la notte fra l’ onde il di tien chiuso Quel cammin che col sol fora fallace.
Getta più tosto il ferro , e l’ ora attendi Ch’ esce l’ aurora, e con l’aurato lume Fuga dal ciel le mattutine stelle :
E tenta anzi il cangiar del primo loca Col piombo in ogni parte il fondo, a cui Commetter dei solcando il fragil legno.
D’ altro utile consiglio anco sovviemmi , Che s’a mezzo il cammino isola o scoglio Tu trovi awenturoso ove distilli Fuor di muscosa grotta arnica fonte;
Ogni vaso tu n’empia, e mentre copia N’hai, conserva ne facci rimembrando Color, che folli in mezzo a l’ onde amare Mancata a lor di vento in tutto ogni aura,
ayez avec vous un pilote qui connaisse aussi bien les voies de la mer que le chasseur connaît les voies détournées des montagnes et des bois , où , avec ses lévriers, il a coutume de poursuivre les daims qui fuient à son approche. Que si, à la faveur de vents amis, vous naviguez dans des parages où gisent des rochers que vous ne connaissez qu’imparfaitement, soyez assez sage pour ne pas aller déployer toutes vos voiles comme vous le feriez en pleine mer, ou pour ne pas franchir, pendant que la nuit tient le jour enfermé dans le sein des ondes, une route, qui, au soleil, serait trompeuse. Jetez plutôt l’ancre , attendant l’heure où l’aurore se lève et chasse du ciel avec sa clarté dorée les étoiles du matin. Et avant de changer de lieu, sondez partout avec le plomb le fond auquel vous devez confier votre fragile batiment. Voici un conseil utile que j’ai encore à vous donner: si, au milieu de votre route, vous rencontrez par bonheur une île, un rocher où coule de l’eau vive sortant de quelque grotte couverte de mousse, faites-en une ample provision, et sachez la ménager, en vous souvenant de ces infortunés, qui, au milieu de fonde salée, tombant en défaillance par le manque d’air et par l’excès de la chaleur, après avoir épuisé l’eau douce qu’ils
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Consunto il dolce umor da sete immensa Oppressi , al grave ardor venendo meno , Refrigerio cercar da le rugiade Ch’avaro sparge in ver l’aurora il cielo.
Imparato hai fin qui eonie tu deggia Guidar la nave tua, mentre non freine Orgoglioso Nettuno, e questo vento Contro quell’ altro guerreggiando altero In mezzo al sen del vasto mar non giostra.
Ma perché non è il ciel sempre sereno,
Né sempre fonda si riposa in pace;
For/.a sarà ch’io ti dimostri insieme Coine tu t’armi con f ingegno, e corne Contra nemici si superbi e fieri Con ogni tuo poter procuri scanipo.
Quando diuique vedrai che ’l mar cominci A gonfiarsi adirato, e verso il cielo Ad alzar monti di canute spume,
Né concesso ti fia ritrarti in porto :
Fa corne buon guerrier, che poi che visto lia i feroee avversario armato incontro Movergli assalto, in se raccolto attende, Preparato a lo schermo, il colpo acerbo.
Se dunque più d’un vento al legno infesto Moverà guerra audace, e n altra parte Lo spingerà dal cominciato corso;
La mente prima e gli ocehj e le parole Umilmente rivolgi ai sacri numi;
Il cuisommo potere ai venti, a fonde Ne’ varj monti Ior legge prescrive.
avaient amassée pour obéir à une soif violente, cherchèrent à se soulager par la rosée que le ciel avare répand à l’approche de l’aurore.
Vous avez appris jusqu’ici à diriger votre navire pendant que l’orgueilleux Neptune est calme et que les vents altiers renoncent à se faire la guerre sur le vaste champ des mers. Mais comme le ciel n’est pas toujours serein , ni l’onde toujours en repos, il est indispensable que je vous enseigne par quels efforts, par quels moyens, vous parviendrez à la fois à combattre de si redoutables et de si terribles ennemis, et à vous soustraire à leur fureur. Lors donc que, ne pouvant vous retirer dans le port, vous verrez la mer irritée commencer à se gonfler et h élever vers le ciel des montagnes de blanchissantes écumes, faites comme l’intrépide guerrier qui, voyant son cruel adversaire prêt à fondre sur lui, se dispose à soutenir son choc et l’attend de pied ferme. Votre navire est-il assailli par des vents contraires et poussé par eux hors de sa route, reportez d’abord humblement votre âme, vos yeux et vos paroles, vers les divinités consacrées, dont le pouvoir suprême commande aux vents, aux flots, dans leurs divers accroissements. Puis , employant le sifflet accoutumé , ordonnez au matelot d’amener
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Quinci adoprando il coiisueto fischio
Fa ch’ uom deponga il maggior vélo, en vece
Di quello, altro minor dispieghi ed erga :
Eche quei ch’ annoa l’agoed al governo E le luci e le mani , al fischio intenti Adoprin lor saper, raddoppin farte :
Benchè non sempre awien che altri pur deggia
Vélo a forza cangiar, poi che talora
Utile è assai se le tropp’ alte corna
S’ abbassan de f antenna , e de la vêla
Il terzo si raccoglie appunto in loco
De la tela minore , ultima speme
Del semivivo e pallido nocchiero.
Spesso anco si superbo il vento assale ,
Che son gli altri rimedj in tutto scarsi,
Se d’ogni lino altri non rende ignude
Ambo f aperte e minacciose braccia
Che f antenna sublime a gli Austri oppone.
E se pur avverrà che ’l vento irato Prenda vigore , e più feroce fieda ;
Oprar dovrai contra le sarte , e contro L’arbor, che mal con Borea allor combatte, Utilissimo danno il ferro crudo.
Altro duro rimedio anco rimane Al padron infelice, allor che acquista Forza maggior fra f onde il crudo verno :
Perché ’l bisogno chiede, a fin che scarco Meglio a l’avido mar s’ involi il legno,
Saziar la famé sua col dargli in preda
la grande voile pour lui en substituer une petite, et que ceux qui ont l’œil à l’aiguille, le bras au gouvernail, écoutant attentivement le commandement, exécutent chacun la manœuvre qui les concerne et redoublent d’activité. Ce n’est pas qu’il soit toujours nécessaire de remplacer la voile , car souvent il suffît d’en serrer le tiers et d’amener les cornes trop élevées de l’antenne ; ce qui tient lieu précisément de la petite voile , dernière espérance du pilote éperdu et pâle d’effroi. Quelquefois aussi le vent est si fort que vous n’avez d’autre ressource que de dépouiller entièrement de leur voile les deux bras ouverts et menaçants que l'antenne élevée oppose aux aquilons. Et s’il arrive que les vents furieux s’élèvent et soufflent avec plus de violence, il vous faudra faire un utile sacrifice en coupant les haubans et le grand mât qui lutte alors avec désavantage contre Borée. Un cruel expédient reste encore au malheureux navigateur, alors que la tempête devient de plus en plus impétueuse ; la nécessité veut qu’afin que son bâtiment rendu plus léger échappe plus facilement à l’appétit dévorant de la mer, il abandonne à celle-ci les objets les plus lourds, et de deux maux évite ainsi le plus dangereux. Que, dans ces pressantes cir-
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Le |)iù pesanti saline, e di due mali Fuggir cos'i quel elle più grave offende.
Pronto dunque a tant’ uopo ognun de’ servi Al proprio uffizio intento, adopri l’arme Contro il comun nemico , il quai simile A elii munita rocca oppugna e batte,
L’ infermo e stanco pin torbido offende :
E di loro una parte, ove già’l fianco Del legno sciolto vede, e per la piaga Ampio a l’ onde importune aperto il varco , Il risaldi veloce , e prenda cura Clie per cio fatto grave ei non affonde.
Altri non tardo il salso umor ch’ in seno Pénétré de la nave, e quel che d’ alto Verso converso in folta pioggia il cielo , Fuor del difeso e combattuto grembo Infaticabil getti, ed ostinato 1/ onda eh’ audace entré versi ne 1’ onda.
Altri al fin col nocchier prenda consiglio Se sia per portar seco utile o danno Por con l’ ancora il freno al legno errante.
Spesso anco vita il marinaro esperto Ritrovarsuol ne l’alto, ove men fieri Soglion rotti spumar gli ondosi monti; Pur che osservi peré di volger sempre lia fronte del suo legno incontro a l’ urto De l’onde furiose, e’n guisa taie Schivar l’ offese al disarmato fianco.
Quando al fine avverrà che di tua possa
constances, chaque matelot, attentifàson devoir, combatte donc l’ennemi commun, qui , semblable aux assiégeants qui attaquent une citadelle , bat en brèche le navire tourmenté de l’orage. Que les uns , dès qu’ils voient les flancs du bâtiment s’entr’ouvrir, se hâtent de le réparer et empêchent que l'onde importune, qui passe par les endroits avariés, ne le fasse couler à fond par son poids. Que d’autres, rejetant obstinément dans la mer les eaux qui s’y sont audacieusement introduites, ne se lassent pas de les retirer de son sein, ainsi que les vapeurs humides que le ciel y a fait tomber converties en torrents de pluie. Quelquefois aussi le marin habile trouve son salut dans la pleine mer où les lames déferlent avec moins de violence et d’écume, pourvu toutefois qu’il ait soin d’opposer toujours le front de son navire au choc des ondes furieuses , de manière à garantir de leurs offenses ses flancs désarmés. Enfin, si, après avoir épuisé tous les moyens qui sont en votre pouvoir, la fortune irritée se montre toujours plus acharnée contre vous, mettez votre navire à sa libre discrétion , en implorant miséricorde; nombre de gens ont obtenu d’elle leur salut en lui cédant, bien plus qu’en essayant inutilement de lui résister.
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Abbi fatto l’estremo, e pur fortuna Contra te più s’ inaspri , e d’ ira avvampi , Umil pace chiedendo a lei concedi Libéra signoria sopra il tuo legno :
Che molti già col secondar potero,
Cosa col repugnar tentata indarno,
Impetrar da costei sainte e scampo.
Resta ornai sol , che i segni onde sia certo D’ esser vicino al non veduto lido Da le niie carte il navigante impari.
Qualor dunque spirar da qualche parte Sentira molle vento, indizio prenda Che non sia lunge il lido, e ciô non meno Quando limoso il flutto e frondi e rami, Canne, scorze, e radici andrà movendo.
Ecco il porto ne.s’apre. Or che faremo,
Se mentre intenti a giù depor la vêla Sorgerà liero e repentino spirto Che a viva forza vorra pur di novo Cola cacciarne onde da noi si sciolse?
Non dubitar : noi la vittoria avremo,
S’ a l’ assalto di lui cedendo parte,
Parte il fianco opponendo in larghi giri ,
Ci tratterrem ne 1’ alto infin che caggia A lui f orgoglio , e del tranquillo porto Iâbero rcsti al nostro legno il varco.
Il ne nie reste plus qu’à faire connaître au navigateur les signes au moyen desquels il peut juger avec certitude les approches d’une terre inaperçue. Ainsi , toutes les fois qu’il sentira souffler un vent mou , aussi bien que lorsque le flot bourbeux charriera des feuilles , des branches, des roseaux, des écorces, des racines, ce sera l’indice que le rivage n’est pas éloigné. Voici le port ouvert. Mais que ferons-nous , si , pendant que nous sommes occupés à amener la voile, une soudaine rafale s’élève avec fureur et veut nous chasser de vive force vers les lieux d’où nous sommes partis ? N’en doutez point ; nous en triompherons si , cédant parfois à son impétuosité et parfois lui présentant le travers en décrivant de longs détours, nous parvenons à tenir le large jusqu’à ce qu’elle soit tombée, et que notre navire puisse entrer paisiblement dans le port. C’est ainsi que l’oiseau de Jupiter, se balançant au sein des nuages et fixant son regard étincelant sur le sol , plane longtemps au-dessus de la proie qu’il convoite, et, après bien des circuits, se précipite enfin sur elle avec la rapidité de la foudre.
Lorsque votre navire fatigué sera retiré dans le port, marchez humblement vers le temple pour