‹ La navigation, poeme de Bernardino Baldi, traduit de l'italienChapitre 35 sur 41 · LA NAIITICA. 1,1 BRO IV · texte numérisé non relu

LA NAIITICA. 1,1 BRO IV

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Iæ misere consorti accolte in giro D’ intorno al negro e flebile feretro ,

Dopo aver già col pianto e con gli estremi Baci condotto a fin gli ultimi ufïicj ;

Corron verso la morte, e par che a vile Aggiano il paventar : si puo la speme In lor di dever poi, fattasi strada Per l’orribile incendioe per la morte,

Scender ne' lieti campi , ove 1’ attende Ne’ bosclii giù de gli amorosi mirti De lo sposo fedel la vedov’ ombra.

Ne l’isola di Zela, elle non lunge Di Commari ventoso a 1’ alta fronte Verso il sol giace, i lucidi lapilli Trovansi in ogni piaggia, in ogni seno D'alpestre monte, e le volubili onde Spesso n’ ha ricclie il rapido torrente.

Or poi che con la nave ornai siam giunti Dove Sina gran mar gli ultimi lidi Abbraccia di quei regni onde 1’ Aurora Da l’ aureo albergo in sul mattin si parte ; Dritto è ch ’io mostri a te di quel çhe abbonde Questo lontan paese , e le già ignote Isole di Maluco e Taprobane.

Saper dunque tu dei, che a questi regni Di garofani , maci , d’ odorate Noci fu largo il cielo , e che se quinci Tu non le prendi, in van fia che ne cerchi Da quanti altri paesi il mar circonda.

Anco il muschio inde vien, di cui non porge Più grato odor fra tanti ond’ è ferace

rassemblées en rond autour d’un cercueil tendu de noir, et après avoir payé au mort le tribut de leurs larmes et de leurs derniers baisers, se précipitent sur le bûcher sans éprouver la moindre terreur, tant elles sont possédées de l'idée que les flammes et la mort leur ouvriront le chemin du séjour délicieux où les attendent, sous des myrtes amoureux , les ombres de leurs fidèles époux. Dans l’île de Zéla (i), située à l’orient, non loin du cap Comorin , les plages, les montagnes offrent de brillants cristaux, et souvent de rapides torrents en entraînent avec eux une grande quantité.

Maintenant que nous touchons aux limites de ces pays reculés qu’embrasse la vaste mer de Chine, là où l’aurore, avant-cou rrière du jour, quitte sa demeure dorée, il convient que je vous signale les richesses qui s’y trouvent, aussi bien que dans les Moluques et Taprobane , îles autrefois ignorées. Le ciel a prodigué à ces contrées le girofle , le macis et les noix odorantes ; productions que vous chercheriez en vain dans tout autre parage. C’est d’ici également que se tire le musc qui, de toutes les liqueurs odoriférantes

(i) Zeilan ou Ceylan.

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Del tepido Oriente il ricco suolo :

Odore , onde sovente il vélo e ’l guaïito ,

Ed altre sue più preziose spoglie Amorosetta vergine n’ infonde.

Vive animale in quelle parti estreme Del mondo , che di nardo e d’ altre rare Soavissime frondi ognor si pasce,

Di cui fora il semblante in tutto eguale A lieve capro, se non che la fronte Egli lia d’un corno armata, e di selvaggio Cignale in guisa, da le labbra spinge Due bianchissimi denti. Or questo taie ,

Quai udito bai , col proprio sangue cria Cosi pregiato odor, pur corne vuole Amor ch’ a cio l’ induce, e la natura Che tal poter gli diede, il tempo giunto,

Che gli uomini , gli armenti e quanto vive Muto in onda, ermo in sel va , e pinto in ramo, Dolcemente ad amar muove ed invita,

Diviene anche egli amante, e poi che ’l foco Sentesi dentro 1’ ossa e ne le interne Midolle acceso , furioso errando Di desio si consuma, e più non cura Pasco , riposo od onda, infin che’l sangue Ch’ in lui nudre 1’ ardor bollendo insieme Nel ventre gli si aduna, e doglia a doglia'

que procure le riche sol de l’Orient, est la plus agréable; le musc dont une jeune fille coquette parfume souvent et son voile, et ses gants, et ses vêtements les plus recherchés. Il existe dans ces extrémités du monde un animal qui se nourrit de nard et d’autres plantes aussi suaves que rares; il ressemble beaucoup au chevreuil, si ce n’est que son front est armé d’une corne et que deux dents très - blanches , semblables aux défenses d’un sanglier sauvage, lui sortent de la bouche. C’est cet animal qui produit avec son sang un si délicieux parfum , alors que la nature, qui l’a doué de cette propriété , ramène le temps où tout invite aux douceurs de l’amour, où tout ce qui respire, hommes, troupeaux, muets habitants des ondes , hôtes solitaires des bois et jusqu’aux plantes elles-mêmes , subit sa loi. Dès qu’il devient amoureux et qu’il se sent embrasé jusqu’à la moelle des os, il erre çà et là, consumé de désirs et en proie aux plus violents transports; il ne prend plus ni nourriture, ni repos, jusqu’à ce que le sang que nourrit en lui l’ardeur qui le dévore, s’amasse en bouillonnant dans son ventre, et, de souffrance en souffrance, y forme une grosseur de plus en plus volumineuse. Enfin , dans l’impatience que lui causent la douleur

T. A NAUTICA. I.IIJRO IV.

Crescendo arroge, ond’ egli impazientc Da la fiamma e dal duol, ai sassi, ai tronchi Ruvidi si ravvolge, infin che face,

Perché l’ardor col sangue in parte esali, Crudele a se medesmo acerba piaga.

Col sangue che è corrotto allor diffonde Non piacevole odor : ma poi che '1 tempo E la virtù del ciel purgato l’anno,

Dal cacciator che diligente spia De le fere i covili, insieme accolto,

Di caro dono in vece ai duci, a’ régi Porger si suole, od a colui che chiede Cangiar merci od argento in tali odori.

Poichè condotte abbiam de l’Oriente Le lontane ricchezze ai nostri lidi;

Riman che vediam or s’ altre ne danno Di Libia i regni e le Getule arene :

Renchè da piaggia inabitata ed erma Scarso attcndesi frutto : erra mendico 11 pastor African per le montagne Aride ed inféconde , e spesso vede Ne’ polverosi paschi e d’erbe ignudi Assetati languir greggi ed armenti.

Colti non vedrai tu qui di fécondé Larghe campagne, non vedrai bifolchi Accoppiar torri al faticoso giogo :

Uom non vedrai, che diligente adopri

LA NAVIGATION. LIVRE IV. ai3

et le feu qui l’enflamme, il se roule contre les rochers, contre les arbres les plus durs, et parvient à se faire à lui-même une vive et cruelle blessure qui, en donnant un libre cours à son sang , amortit ses brûlantes ardeurs. Ce sang qui est corrompu répand alors une odeur désagréable; mais après que le temps et le grand air l’ont purifié, les chasseurs qui vont épier avec soin les tanières des bêtes fauves , le ramassent pour en faire présent aux princes, aux rois, ou pour en offrir à ceux qui cherchent à échanger des marchandises ou de l’argent contre des parfums de cette espèce.

Après avoir rapporté sur nos côtes les richesses lointaines de l’Orient, il nous reste à examiner celles qu’on peut tirer de la Libye et des sables d’Afrique, malgré l’aspect aride de ces contrées inhabitées , de ces contrées où le berger, pauvre et nécessiteux , erre dans des montagnes desséchées et stériles, et voit souvent languir ses troupeaux altérés de soif au milieu de pâturages poudreux et dépouillés de verdure. Là , vous ne verrez point de vastes champs fécondés par la culture; vous ne verrez point le laboureur accoupler les bœufs sous le joug; vous ne verrez point l'homme actif employer la houe et le râ-

2l4 la NAUTICA. LIBKO IV.

Bidente e rastro, o giri adunca falce.

Nè men d’ api susurro , o dolce canto Udirai tu d’augelli in queste piagge :

Mad’iraconde immansuete fere Voci d’ alto spavento , urli e ruggiti.

Pur, benchè si solinghe e si selvagge Sian queste parti, non pero natura A lor fu scarsa in tutto. Ove il vetusto Tempio fu già d’ Ammone, in mezzo faite Arene Cirenee nasce virgulto,

Ondecade liquor, che’l nome prende Dal eognome di Giove, e molto vale A confortar le membra afilitte ed egre.

Manda l’ Africa ancor quel elle di drago Sangue s’ appella in rubiconde stille :

Nè so ben dir se da la incisa scorza Di qualehe arbore scorra, o da le vene Del drago pur, cui vincitore opprima, Vinto cadendo 1’ Elefante esangue.

Non debbo anco tacer, benchè disgiunta Dal nostro mondo sembri , i pregi ch’ ave 1/ America, e quai merce indi l’ Ibero Avventuroso navigando apporti.

Oltre le gemme e 1’ oro, in folte selve

teau, ou manier la faux recourbée. Au lieu du léger bourdonnement, des abeilles, du doux ramage des oiseaux, vous n’y entendrez que les hurlements, les épouvantables rugissements d’animaux féroees et furieux. Cependant, malgré tout ce que ces pays ont de solitaire et de sauvage , la nature ne les a pourtant pas absolument privés de tout. Dans le voisinage de l’ancien temple d’Ammon, croît, au milieu des sables de Cyrène(i), un rejeton, d’où tombe une liqueur qui prend son nom du surnom de Jupiter (2), et qui est propre à redonner de la vigueur aux organes languissants et malades. L’Afrique procure aussi , sous forme de larmes rougeâtres , le suc qu’on appelle sang de dragon, et je ne saurais dire s’il découle de quelque arbre après incision, ou bien des veines du dragon écrasé par la chute de l’éléphant qu’il a tué.

Je ne dois pas non plus passer sous silence les trésors de l’Amérique, quelque éloignée qu’elle paraisse de notre hémisphère, et les richesses que l’heureux Espagnol en rapporte avec ses vais-

(1) Ville de Libye, dans la Pentapole. On l’appelle aujourd'hui Curen.

(a) Gomme ammoniaque.

■21 G LA NAUTICA. LIBltO IV.

Cresce ivi il rosso tronco , e ’l sacro legno Del durissimo hiaco , onde le genti Di non solita peste inferme e stanche Sogliono ricovrar 1’ antica forza.

Felice legno, i cui dovuti onori

Non sdegno di cantar là su le rive

Del tranquillo Benaco il raro ingegno

Di quel buon vecchio, a cui Verona debbe,

Non men che di Catullo a 1’ ossa , a F ombre.

Quando poi di lasciar le salde mete

Ch’ a gli audaei nocchier’ prefisse Alcide,

A te non desse il core , al porto giunto De la città d’Ulisse, o di Sicilia,

Tutte le merci avrai che addur solea Ne’ già passati tempi ai nostri lidi Il \ eneto nocchier dal verde Egitto.

Il cocco avrai purpureo, il color vivo Del minio , onde quei legni ebber le prore Ornate già , che a gran vendetta accinti lie fiamme in sen portar ch’ ai regj alberglii Sovrastar minaccio presaga indarno

seaux. Outre les pierres précieuses et l’or, on trouve dans les épaisses forêts de ce pays le gaiac, arbre très-dur, dont le tronc est rouge, et avec le bois duquel les hommes atteints de maladies contagieuses peuvent recouvrer leur première vigueur; heureux bois, dont les vertus ont été célébrées autrefois, sur les rives du paisible lac de Iienaco , par ce rare génie , par ce savant ancien , aux mânes duquel Vérone ne doit pas moins rendre hommage qu’aux restes de Catulle (i).

Mais si vous ne vous sentez pas le courage de franchir les bornes assignées par Alcide aux navigateurs audacieux, vous pourrez, une fois arrivé aux ports de la ville d’Ulysse ou de la Sicile, obtenir toutes les productions que les Vénitiens tiraient jadis de la fertile Égypte. Vous aurez la graine d’écarlate, la vive couleur du vermillon, dont furent décorées les proues de ees vaisseaux qui , armés dans le but de satisfaire à une éclatante vengeance, portèrent dans leur sein les flammes qui devaient envahir de royales demeures , selon les sinistres et inutiles prédictions faites

(1) On sait que Catulle et Pline l’ancien étaient nés tous deux à Vérone, et que Pline mourut étouffé par la chaleur du Vésuve.

•il 8 LA NAUT1CA. LIBUO IV.

De’ suoi cl an ni Cassandra , il di che Pari Mal da Antandro disciolse e da Sigeo.

Di finissimi panni, di tapeti,

Di peltro ch' a 1* argento il pregio quasi Sembra involare , è ’l popolo Britamio Copioso, là ve il mar fende Tainigi.

Siede ricca cittate , ove lo Scalde Il verde suol de’ bianchi Belgi inonda.

Le cui pregiate merci, i cui tesori Non intendo spiegarti ad uno ad uno , Tanta copia ella n’ha : ben diro solo Quinci candide a noi di si gran pregio Tele venir, che certo agguagliar l’opre Porian di quella Dea che 'l folle ardire Seemô d’ Aracne in suo saver superba.

Diro che in forme anco si vaghe e nove Comparte ivi il testor col raggio industre Le fila d'ostro tinte, e sparse di oro;

Che forse opre si belle unqua non vide Spiegar la prisca età, bencli’ ella ammiri De gli Attalici re l’altere pompe.

D’ opre di ferro e di métallo illustri Fabbri sono i German’, che ’n su le rive Del gelato océan cogliendo vanno Fra pictra e pietra il lacrimato elettro.

Moite e moite condur dai lidi Attei

par Cassandre, le jour où Paris s’éloigna malheureusement de Sigée et d’Antandros (i).

Le peuple anglais, dans ces parages où se jette la Tamise, est riche en étoffes les plus fines, en tapis, en étain raffiné, dont le poli est presque semblable à celui de l’argent. Dans le fertile pays îles Belges s’élève, sur les bords de l’Escaut, une cité opulente, dont je ne prétends pas ici énumérer un à un les trésors, tant ils sont nombreux; mais je dirai seulement qu’on en tire des toiles d’une si grande beauté, que certes elles pourraient rivaliser avec les tissus de la déesse (a) qui punit l’orgueilleuse Arachné d’avoir osé follement la défier à l’aiguille. .T’ajouterai que la main du tisserand y dispose avec tant d’art les trames teintes de pourpre et parsemées d’or, leur donne des formes si gracieuses et si variées, que jamais peut-être l’antiquité , qui admira le luxe et le faste des rois de Pergame , ne vit d’œuvres aussi parfaites. Les Allemands, qui vont recueillir sur les bords de l’océan Glacial de pierre en pierre la chrysolithe en larmes, excellent dans les ouvrages en fer et en métaux. Au temps où floris-

(i) Ville et port de Plirygie.

(a) Minerve.

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