‹ La navigation, poeme de Bernardino Baldi, traduit de l'italienChapitre 36 sur 41 · J.O LA NAUTICA. LIBRO IV · texte numérisé non relu

J.O LA NAUTICA. LIBRO IV

Solea merci il nocchier, mentre 1 impero Fior'i de’ primi Greci, e libertate Ebbe tranquilla ; or poi clic sotto il giogo Ei geme, oimè, di bar haro tiranno,

Le misere cittati a terra sparte.

Le mura fatte son caverne e nidi D’ augei rapaci e di selvagge fere :

E cola dove alzar’ teatri e tempj

Tebe , Atene, Corinto, Argo, e Micene,

Nobili maraviglie, il fîero Scita

Adopra il curvo aratro , e spesso , mentre

Muove il terren col ferro , oltraggia e rompe

Di Fidia illustre i celebrati marmi.

Creta intatta riman, benchè di cento Città non più superba, e’n pace siede Sotto tranquillo e riposato impero ,

Creta, onde a noi s’ adduce aureo e lumante Vino al nettare eguale, e d’ Ida ombrosa Dittamo , il eui valor per prova è noto A le selvagge damme, allor che ’l ferro Di volante quadrello a mezzo il fianco Lor fisso lascia il sagittario esperto.

Se di rara bontade a te lia caro Quel mele aver che da le dolci canne Con nova arte si preme, il corso volgi Al Sicilian paese, e di Palermo Prendi il felice porto, ed indi avrai Questo non sol, ma chel clic da più scclti

sait l’empire des premiers Grecs, au sein d’une liberté sans orages, les vaisseaux amenaient de l'Attique une multitude de marchandises; mais aujourd'hui que cet empire gémit, hélas! sous le joug d’un cruel despote, on n’y voit plus que les ruines de malheureuses cités, dont les murs sont devenus le repaire des oiseaux de proie et des bêtes féroces; et là où s’élevaient les théâtres, les temples, éclatantes merveilles de Thèbes, d’Athènes, de Corinthe, d’Argos et de Mycène, le Scythe barbare promène la charrue, et souvent , en remuant la terre , il outrage et brise les marbres célèbres de l’illustre Phidias.

IVîle de Crète, bien qu’elle n’ait plus à s’enorgueillir de ses cent villes, est restée intacte et repose en paix sous une autorité exempte d'agitations; c’est de cette île que nous vient un vin savoureux et doré, pareil au nectar, et le dictame du mont Ida, herbe dont les daims sauvages éprouvent la vertu , lorsque la flèche que leur a lancée un habile chasseur leur est demeurée dans le flanc. Si vous tenez à avoir de ce miel exquis qu’un art nouveau sait exprimer des cannes de sucre, dirigez votre course vers la Sicile, entrez dans l’heureux port de Palerme; là vous en aurez, et vous trouverez en outre le miel extrait

223 LA NAUTICA. I.IBRO IV.

Fior’ ruggiadosi, e (la più pure stille Soglion folti libar gli sciami Iblei.

Or mentre a tergo il fertile terreno De l’ isola ti lasci , ov’ Etna ardente Al superbo gigante ingombra il dorso ;

Piega ver la sinistra, e le famose Piagge radendo ove il l'irreno accoglie Entro l'ondoso grembo il Tebro e 1’ Arno, Sovra 1’ Elba discendi , e fa tesoro Di quella nobil pietra onde s’ avviva Il volubile acciajo , e in lui si desta L’alta e strana virtute ond’ egli infuso Non puô non mirar senipre il nostro polo :

Divina pietra, senza cui già mai Scioglier non dei dal lido, a fin che quando, Corne accade talor, l’ ago s’ infermi ,

Tu con questa il risani e l’avvalori.

Ma chi di tanto effetto aprir Y interno Potè primiero , e trapassar col guardo Le fosche nubi ove natura involve Profonda i suoi misteri ? Opra mortale Questa certo non sembl a. O sacre muse ,

Cui nulla invidioso il tempo asconde,

Voi scopritemi il ver, si ch’io per voi Cantando il narri a le future etati.

des fleurs les plus choisies dont se nourrissent les essaims nombreux du mont Hybla(i).

Laissant derrière vous les terres fertiles de l’île où l ardent Etna accable de son poids le formidable Encelade, tournez vers la gauche, et, longeant les plages célèbres où la mer de Toscane reçoit dans ses flots l’Arno et le Tibre , descendez sur l’Elbe; faites-y provision de cette noble pierre par qui le flexible acier prend une âme et acquiert, lorsqu'il en a été touché, la merveilleuse propriété dese diriger toujours vers le pôle : pierre divine , sans laquelle vous ne devez jamais vous éloigner du rivage, afin qu’elle vous donne le moyen de raviver l’aiguille et de lui rendre sa vertu, lorsqu’elle vient à s’affaiblir. Mais qui a pu le premier apercevoir la cause d’un si grand phénomène , et percer de son regard pénétrant l’obscurité profonde dont la nature enveloppe ses mystères? Certes, il ne semble pas que ce soit là l’œuvre d’un mortel. O Muses sacrées, pour qui le temps jaloux n’a rien de caché , découvrezmoi la vérité , et faites que mes vers la transmettent aux âges futurs.

(i) Montagne de Sicile, appelée aussi Megara; elle produisait autrefois du tliyni et des fleurs odoriférantes. On y recueillait d’excellent miel.

•J2/i LA NAUTICA. I.I BRO IV.

Flavio figlio (l’Amalfi, una de l'aime Ninfe,cui fra mirteti e fra gli allori Bagna il Tirren vezzosamente il piede,

Visse famoso, e in guisa tal ne 1’ arte S’ avanzo del solcar gli umidi eampi,

Che ad ogni altro nocchiero antico o novo, Giudice anco l’ invidia, involo il pregio.

Qnesti un d'i nel varcar 1’ onda infedele Clie freine incontro a la Romana piaggia,

Fù da tempesta repentina e grave Assalito cosi, ch’ ogni rimedio Aven do contro lei tentato indarno,

Preda sen gia del mar, nè sapea dove Il conducesse il crudel verno a morte.

E già tre volte avea tentato il sole ,

Ed altrettante la pietosa luna Di penetrar le nubi , e miglior luce Portare al mar, che d’ improwisi lamjii ; Quando gli umidi lumi alzando al cielo,

Che parea in vista un tenebroso inferno,

Cosi disse piangendo : o tu che muovi , Quando 1-Egida scuoti, orridi nembi,

E quando vuoi col cenno il mondo sgombri De 1’ atre nubi, rassereni il giorno :

Perché si m’ armi incontro ? Or sono io forse Gigante che superbo osi a le stelle Farsi scala coi monti , e le tue paci

Flavio, fils d'Amalfi, l’une de ces nymphes tutélaires dont la mer Tyrrhénienne baigne et caresse le pied au milieu des myrtes et des lauriers, fut célèbre dans l’art de sillonner les plaines humides, art dans lequel il fit tant de progrès que l’envie elle-même n’a pu s’empêcher de reconnaître qu’il avait remporté la palme sur les navigateurs, tant anciens que modernes. Un jour qu’il parcourait les eaux perfides qui mugissent contre le pays de Rome, il fut assailli tout à coup par Une si affreuse tempête que tous ses efforts pour échapper au danger furent inutiles; il allait infailliblement devenir la proie de la mer, ne sachant sur quelle côte l’ouragan le ferait périr. Déjà trois fois le soleil et trois fois la lune compatissante avaient essayé de percer les nuages et d’envoyer sur la mer une lumière meilleure que la lueur imprévue et subite des éclairs, lorsque, élevant ses yeux humides vers, le ciel, alors aussi noir qu’un enfer, Flavio prononça en pleurant ces paroles : « O toi , qui en secouant ton égide « excites les tempêtes, et qui, d’un signe, chasses, « quand tu le veux, les nuages sombres, éclaircis « le jour. Pourquoi t’acharner ainsi contre moi? « Suis-je donc quelque orgueilleux géant qui ose « escalader les cieux avec des montagnes et trou-

UUG LA NAÙTICA. LIBRO IV.

Turbare ingiurioso; o non è giunto A te l’ odor de gli olocausti ch’ io Arsi al tuo onor sovra i sacrati altari ?

E tu che sei di lui suora e consorte,

Ond’ è ch’ ai prieghi miei, se pure indegno Non è chi il nurae tuo divoto adora,

Chiudi del tuo divin gli orecchj , e lasci Me tuo servo fedel senza ritegno Da 1’ adirato niar condurre a morte?

Forse sdegnosa in verso me ti scopri Perché semprè f’ra l’ onde il guardo volto Ai lumi di colei ch’ a te nimica In mezzo al vasto mar drizzo le navi ?

Non è cio tuo dispregio , e non avviene Che quinci io men t’ adori , e che sovente

10 non desii che luce a te più grata Giove riponga ov’ è più tardo il cielo :

Ma chi puo contra Giove? Altro ne mostra.

Dunque i legni in mar s’ aprano la strada ,

E poi quando ti piaccia in fosco vélo La madré e ’l figlio eternamente involvi.

Perche fora mercar naufragio e danno

11 solcar senza segno ; apri le nubi Dunque, e rischiara il ciel, perch’io conosca Ove mi spinga il vinto, a fin ch’ io scanipi Da l’ inospite sirti e da gli scogli.

E ben ti dee de’ naviganti pietà

« hier insolemment ton repos? ou plutôt, l’odeur « des holocaustes que j’ai brûlés sur tes autels a sacrés n’est-elle point parvenue jusqu’à ton «trône? Et toi, sa sœur et son épouse, si ceux « qui t’adorent ne sont pas indignes de ta protec- « tion, pourquoi fermer l’oreille à mes prières et « permettre que la mer courroucée m’entraîne «sans obstacle, moi ton serviteur fidèle, à une «mort certaine? Ton indignation à mon égard «vient peut-être de ce que je navigue les yeux «toujours tournés vers les feux de Calisto, ton « ennemie. Mais si j’en agis ainsi, ce n’est point par « mépris pour toi; car je ne t’adore pas moins, « je ne souhaite pas moins souvent que Jupiter ne « rappelle dans les parties les plus sombres du « ciel la lumière que tu désires. Mais que peut-on « contre Jupiter? D’autres l’attestent. Permets « donc que mon navire s’ouvre un libre passage « à travers les flots, et tu envelopperas ensuite à « ton gré le ciel et la terre dans un sombre voile. « Naviguer sans guide, c’est marchander les nau- « frages et les périls; dissipe donc les nuées et « rends le ciel serein, afin que je reconnaisse où « me pousse le vent, afin que j’échappe aux écueils, « aux syrtes inhospitaliers. Il faut bien que les « navigateurs t’inspirent quelquefois de la com-

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