I.A NAUT1CA. I.IBRO IV
Premier talor, se tu 1’ ardir niovesti Di que’ famosi elle passaro a Colco.
Cos'i Flavio dicea ; quand’ ecco i venti Dileguarsi in un punto , il ciel sereno Repente apparve, e tranquillossi il mare.
Era ne la station elle 1’ Oriente Di vermiglio eolor 1’ aurora sparge,
Quando l’ancella di Giunon veloce,
A figlia di Neréo fatta semblante,
Scese fra 1’ onde, e verso 1’ alta prora De la nave di lui mosse notando,
E postaglisi incontro, il seno al cielo Scoprendo e le mammelle , il resto immerso Nel liquido de l’onde, in nueste voci Con placido parlar la lingua seiolse :
Flavio, bencliè del ciel l’eccelsa reggia Gli Dei celesti albergbi, e voi mortali Umilissima e vil la terra accoglia;
Non è perd, ehe i vostri giusti pregbi Non s’ alzino là su sovra quell’ ale Che lor voler sincero impenna e porge.
Vedi corne la Dea che tu invocasti Mossa a pietà de’ tuoi non degni errori A te mi manda, a fin eh’ io ti riveli La cagion de’ tuoi danni, e ti discopra Corne senza osservar Callisto il figlio, Drizzar tu possa de’ tuoi legni il solco.
Se dunque la cagion ti fusse ignota De tuoi gravi infortunj e de’perigli,
Ritorniti a la mente il giorno infausto
« passion, puisque tu encourageas l’audace de ces « fameux argonautes qui allèrent à Colchos. »
A peine Flavio avait-il parlé que les vents cessent, le ciel devient serein, la mer s’apaise. Déjà l’aurorè répandait à l’Orient sa couleur vermeille, quand l’agile messagère de Junon, sous les traits d’une des filles de Nérée, descendit sur les ondes, et, les traversant à la nage, se dirigea vers la proue du navire de Flavio; s’étant placée vis-à-vis de lui, le sein découvert et le reste du corps plongé dans le liquide élément, elle lui dit avec douceur : « Flavio , bien que les dieux séjour- « nent dans les hautes régions de l’Olympe, ne « crois pas que les justes prières des mortels, qui « habitent bien au-dessous d’eux sur la terre, ne « s’élèvent là-haut sur les ailes que forme pour eux « un vœu sincère. Ainsi, la déesse que tu as invo- « quée, touchée de tes injustes plaintes, m’envoie « vers toi pour te révéler la cause de tes malheurs « et pour t’indiquer comment , sans observer le fils « de Calisto(i), tu parviendras à diriger tes vais- « seaux. Puisque tu ignores la source de tes infor- « tunes et de tes périls, rappelle dans ta mémoire « le jour funeste pour toi, où, sacrifiant sur le ri-
(i) Areas. La petite Ourse.
IA NAUTICA. LIUHO IV.
Per te, quando sul lido a gli altri iiumi Del mar porgesti i sagriflzj, e solo Obblio d’Eolo ti prese, ond’egli il petto Colino di rabbia a tua ruina aperse Cou l’asta il monte, e di catene scinse Il superbo Aquilon, l’orrido Noto.
Lui prima dunque plaça, e quanto dian/.i (ion l’ obblio Toflendesti, or altrettanto Pentito del tuo error piangi, e l’ adora. Quinci a lui fatto amico, i bianchi Uni Spiegando a Taure, che lascive e molli Da lui verranti al tuo voler seconde,
Volgi a TElba la prora, e poi che giunto Ivi sarai, fra le piegate corna Di quel porto entrerai , ch’ oggi dal Ferro Vien nominato, e già chiamossi d’Argo :
Hd ivi, ove da frondi orride e nere Speco vedrai coperto , il ferro ignudo Nel petto imniergi a fosca agnella , e : quest Di, sacro a voi, terrestri Dee, ch’avete Quest’ isola in governo, e di métallo I^a rendete inesausta, e questo sangue A voi tepido sparso : indi a le flamme Porgi pallido zolfo, e mesta fronde D’ atro cipresso , e mormorando aggiungi Ai casti sutTumigj i carmi usati Per renderti benigni i Dii de l’ombre :
LA NAVIGATION. LIVRE IV. a3l
« vage à toutes les divinités de la mer, tu n’oublias « de rendre hommage qu’au seul Éole, qui, outré « de cet affront, ouvrit avec sa lance la montagne « dans laquelle sont enfermés les vents, et déchaîna « contre toi le superbe Aquilon , l’horrible Notus. « Commence donc par l’apaiser, répare ton inju- « rieux oubli, et témoigne-lui par tes pleurs, par « ton adoration , tout le repentir que tu éprouves « de ta faute. Ton pardon ainsi obtenu , déploie « tes voiles au souffle du doux Zéphire, qui, par « son ordre , viendra seconder tes vœux , et tourne « la proue vers l’Elbe. Arrivé là, tu pénétreras « entre les cornes repl iées de ceport qui doit aujour- « d’hui son nom au Fer comme il le dut autrefois « à Argos. Dans ces lieux est une grotte couverte « de feuillages épais et limoneux , près de laquelle « tu immoleras une brebis noire; puis, élevant la « voix : C’est à vous, diras-tu, terrestres déités, « qui régnez sur cette île et qui la rendez féconde « en métaux , c’est à vous que je consacre cette vic- « time, c’est en votre honneur que fume et coule « son sang. Puis , jetant du soufre dans les flammes « et une triste branche de cyprès, tu joindras aux « pures vapeurs qui s’élèveront dans l’air le bruit « sourd et confus des chants qu’on a coutume d’a- « dresser aux dieux des ombres pour se les rendre