I.A KACT1CA. LIBRO IV
Nè di molto il pregar fornito avrai,
Clie te ninfa udirà, eui Siderite Appcllano gli Dei : ma da’ niortali Calamita vien detta, e per profond i Sentier’ , per torte inestricabil’ vie Guideratti al suo albergo, ove si caro Sasso ti donerà, ch’indi n’ avrai,
Senza por mente a l’ odiosa Stella ,
Corne regger nel mar le dubbie navi.
Cos'i detto , la Diva tacque , e sparve ;
K benchè ella mostrasse a F atto , al moto D’ immergersi del mar nel cupo gorgo,
Ve più lieve che fiamma a le serene Parti volando ritornô del eielo.
Flavio stupido allor fra se volgendo Quanto egli udito avea, quanto avea visto , Rendea grazie a la Dea, che i preghi e’1 pianto Di lui benignamente avesse accolto :
Quando ecco dolce e desiato Spirto Con lieve tremolar gli empi le vele.
Con rauco mormorio desto le spume Fendendo il mar F awenturosa prora,
Finchèa FElbapur giunse, ovedisceso Sul limitar del cavo speco ancise Tenebrosa agna, e le terrestri ninfe,
Aon conosciuti numi, al suo desio
l'avorevoli cliiese : errb la voce
l'ra torti avvolgimenti , infin che guinla
LA NAVIGATION. LIVRE IV. a33
« propices. Et à peine auras-tu accompli ta prière, « que tu seras entendu par une nymphe, que les « dieux appellent Sidérite, mais à qui les mor- « tels donnent le nom d’Aimant. Elle te conduira « par de profonds sentiers, par d’inextricables dé- « tours, à sa demeure, et elle t’y fera présent « d’une pierre inappréciable qui te permettra dé- « sonnais de conduire tes vaisseaux incertains sur « la mer sans t’inquiéter d’une constellation im- « portune. »
Elle dit et disparaît, bien qu’à son geste, à ses mouvements, on eût cru la voir se plonger dans le creux abîme des flots, elle s’envola comme une légère fumée dans les régions éthérées. Flavio interdit , roulant dans son esprit tout ce qu’il venait d’entendre, tout ce qu’il venait de voir, rendait grâces à la déesse qui avait accueilli avec bonté ses prières et ses larmes. Soudain, un souffle léger vient enfler ses voiles; et son navire, qui fend avec bruit les flots et les fait blanchir d'écume, arrive heureusement jusqu’à l’Elbe. Là, étant descendu sur le bord de la grotte profonde, il immole une brebis noire et implore en sa faveur les terrestres nymphes , divinités inconnues de cette île. Sa voix erre dans d’obscurs détours, jusqu’à ce que, parvenue dans le fond de l’antre.
«34 LA NAL'TICA. 1.1 BHO IV.
A l’ intime caverne , udjta fue Dal coro de le ninfe, onde di loro Una Silliri chiamata, il ferreo manto Di berilli cospersa, a l’ opra intenta Ond’ella stringe in pietra i duri semi,
Cosi ver 1* altre disse : e quai discende Di verso il cielo a queste nostre grotte Voce d’ uom che ne chiama, e te sovente Appella, o SideritëPEd ella cheta,
Poi che porti ebbe al suon gli orecchj intenti, Ratto ascese cola dove T orrende ' Gole s’ àpron de gli antri, ove la negra Notte col sol combatte, ov’ è la luce Dubbia, e d’ incerte tenebre commista :
Ed offertasi a Flavio , che devoto L’ attendea e riverente , entro le opache Spelonche il trasse : egli stupito ammira L’ ampie caverne e ’l formidabil suono De l’ onde strepitose e giù cadenti Per le scoscese e dirupate pietre.
Mentr’egli dé la Dea gira per l’orme L’ ombre trattando e la profonda notte ,
Ella cosi gli dice : il sentir forse
Che si copioso umor quà sotto abbonde,
Gir ti fa s\ sospeso ; il che non fora ,
Se tu sapessi ch’ or ne porta il piede
1,A NAVIGATION. LIVRE IV. a3!Ï
elle soit entendue par le cercle des nymphes. Une d'elles, appelée Smyris, dont le manteau était parsemé de béryls(i), et qui était occupée à convertir en pierres les substances solides, s’écria en se tournant vers ses compagnes : « Quelle est « cette voix humaine qui descend du ciel dans « nos grottes pour nous invoquer, et qui t’ap- « pelle, ô SidériteP » La déesse, après avoir écouté la voix attentivement , monte avec rapidité ii l’endroit où s’ouvrent les horribles bouches de ces cavernes, où la nuit obscure le dispute au soleil , où la lumière est douteuse et mêlée de ténèbres incertaines. Elle s'offre à Flavio, qui l’attendait dans une humble et suppliante posture, et l’attire dans l’intérieur de ces demeures souterraines: leur vaste étendue, le bruit formidable fies ondes mugissantes, tombant à travers d’horribles précipices, le saisissent d’étonnement. Tandis qu’au milieu de ténèbres profondes, il suit les traces de la déesse en décrivant mille détours, celleci lui parle en ces termes : « La quantité d’eau « qui roule ici avec fracas cause sans doute ta « surprise; mais ta surprise cessera en sachant « que tu marches ici dans le royaume des fleuves.
(l) Aigues-marines.