‹ La navigation, poeme de Bernardino Baldi, traduit de l'italienChapitre 8 sur 41 · LA NAUT1CA. LIBRO I · texte numérisé non relu

LA NAUT1CA. LIBRO I

Sian da l’acque elevate, e più d’un tetto Aggian le navi, acciochè’l ciel irato Indarno versi in lor grandine e pioggia.

Aggiano alto la gabbia , onde il sereno Del ciel mirando, il vigilante servo Sorger veggia e cader le stelle ardenti.

Di quercia dee, famosa arbor di Giove,

Aver la nave 1’ ossa, e d’infecondo Olino reciso in sua stagion la parte,

Che con picciol poter lei grande alFrena.

Aver di saldo pin fasciato intorno

Dee la poppa, la prora, il fondo, e ’l lianco.

Di pin, che, perché men 1’ ofFese tema,

E ’1 mordace poter de l’onde salse,

Di tenace si asperge e negra pece.

Curasi ancor, che dove legno a legno 1/ arte non giunse in fabbricando il fianco,

Di linosa materia intorta fune

Empia , e chiuda cos'i, che indarno chieggia,

Benchè tutte le vie tenti e ritenti

Di penetrar per le fessure F onda.

Ogni legno più lungo, è più veloce

Del più brève e più largo; e quel maggiore

Carco sostiene , e men di se sommerge,

Che di fondo è men curvo, ancor che tardo Poscia al corso si mova, c l’altro quasi

et la grêle que le ciel irrité leur envoie. La hune doit être placée au sommet des mâts, de manière à ce que le vigilant matelot, à la faveur d’un ciel serein, puisse observer le lever et le coucher des étoiles étincelantes. Le chêne, arbre célèbre consacré à Jupiter, est employé à faire la carcasse du navire, et l’orme stérile, coupé dans la saison convenable, sert à former cette pièce de charpente qui, au moyen d’une faible impulsion, gouverne tout le bâtiment. La poupe, la proue, les fonds et les flancs doivent être de pin très-épais, qui leur serve de ceinture et soit recouvert d’une poix noire et gluante, afin qu’il redoute moins les outrages et l’action mordante de l’onde amère. Il faut aussi que, dans la construction des flancs du navire, l’intervalle laissé entre deux bordages soit rempli avec des torons d’étoupe, de manière à fermer tout accès à l’eau et à rendre inutiles les efforts multipliés qu’elle fait pour s’ouvrir un passage à travers les coutures. Les bâtiments les plus longs l’emportent pour la vélocité sur les plus courts et les plus larges; et ceux dont les fonds sont moins courbés, bien qu’ils soient plus lourds à la marche, et que les autres, pour ainsi dire, surpassent en vitesse le dauphin et le vent, ceux-là, dis-je, supportent une charge plus forte

fyx LA NAUTICA. L1BRO 1.

Di prestezza il delfin trapassi e’ 1 vento.

Saggia maestra ad imitar propongo Al fabbro mio, maestra che non suole Fra l’ opre sue maravigliose mai Cosa locar che dir si possa indarno.

Costei per far ch’ a le fatiche invitto Fosse il feroce toro, il collo e’1 tergo Gli diè di nervi e di grand’ ossa forte,

E quando voile poi che lieve il pardo Agguagliasse veloce augello e strale,

Schiette membra gli diede, e’n tutto scarche Di grave inutil pondo. Or che non sembra Ogni legno a veder marina belva Che i liquidi sentier’ varchi notando ?

Forse non è, se pareggiar mi lice Cose si disuguali, il picciol pesce A le navi simil , ch’ a se medesmo Arbor, vêla, nocchier, timone, e remo, Trascorre il mar ne la natia sua conca ?

Cosa non dee lasciar, che non osservi LJom saggio, ancorchè vil; perché sovente Aprir veduto abbiam picciol esempio Strada a grand’ opre; e chi nol crede, miri L’ingegno di colui che ’l cavo albergo Mirù , che’ ntesse ai pargoletti figli La vaga rondinella, allor clic adducc

et plongent moins dans l’eau. Je conseille au constructeur de prendre pour modèle un maître plein de sagesse, qui, dans ses œuvres admirables, n’assigne jamais aux choses que la place qui leur est le mieux appropriée. Ce maître est celui qui, pour rendre le vigoureux taureau insensible à la fatigue, lui a donné un cou nerveux, de larges épaules, des membres épais qui attestent sa force, tandis qu’il a doué le léopard de membres agiles et entièrement dégagés, afin que, par sa légèreté, il put égaler le vol de l’oiseau et la rapidité de la flèche. Un navire ne ressemble-t-il donc pas à un animal nageant dans les sentiers liquides de la mer? Et, s’il m’est permis de comparer entre elles des choses si différentes, n’y a-t-il pas quelque conformité entre un vaisseau et ce petit poisson qui, étant à lui-même son mât, sa voile, son pilote, son timon, sa rame, parcourt les mers dans la conque dont la nature lui fit présent? L’homme sage doit tout observer, jusqu’aux moindres choses; car souvent un petit exemple a ouvert le chemin à plus d’une vaste entreprise. Quiconque se refuse à le croire en trouvera une preuve dans le génie de celui-là qui le premier, considérant avec attention le logement que creuse et construit pour ses petits la gracieuse hirondelle,

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