‹ La nécropole de MyrinaChapitre 125 sur 488 · S. Reinach, Mélanges Graux, p. 147, Io · texte numérisé non relu

S. Reinach, Mélanges Graux, p. 147, Io

L A NECROPOLE DE MYH1NA

fant ’, on saisit un certain effort du modeleur pour rivaliser avec la finesse et la précision un peu sèclie d’un modèle en bronze; c’est ce qui donne sa valeur à cette jolie figure d’homme nu, aux jambes grêles et nerveuses, où tous les muscles sont détaillés avec une rare exactitude.

4° Influence des écoles asiatiques. — Nous venons de faire une large part aux procédés de composition et de style usités dans tous les produits de l’art hellénistique et visibles également dans les terres cuites de Myrina. Il est probable cependant que l’art local d’Asie-Mineure, en particulier celui de l’Ecole de Pergame, qui eut sous les Attales un moment de célébrité éclatante, ne resta pas étranger au développement artistique des cités voisines comme Elaea, Cymé et Myrina. Nous ne voudrions pas faire une comparaison forcée entre des œuvres aussi considérables que celles de la plastique pergaménienne et les produits des fabricants de terres cuites, mais nous ne saurions méconnaître une certaine ressemblance, sinon de style, du moins de mouvement et d’allure, entre quelques figurines de Myrina et les beaux bas-reliefs de la Gigantomachie récemment découverts sur l’acropole de Pergame. De même qu’on peut attribuer à l’influence de l’art attiquo la finesse d’exécution et la simplicité d’attitude qui font le charme des terres cuites de Tanagre, de même on trouve dans beaucoup de figurines de Myrina une vivacité de gestes et une hardiesse de poses qui ne sont pas sans analogie avec la fougue mouvementée des sculptures de Pergame. Dans ces dernières même, l’exécution des draperies et du nu s’écarte des principes généraux de l’art alexandrin. On y sent l’influence d’une école plutôt éprise des formes vigoureuses : toute recherche d’afféterie et de sveltesse a disparu. Les têtes sont bien en proportion avec le corps; le cou est puissant; le buste vigoureux des femmes sort à demi d’un cliiton trop étroit pour le contenir; les jambes et les bras nus s’élancent hors des draperies avec un mouvement rapide et impatient; les plis gonflés et un peu pesants de la tunique volent en arrière, comme entraînés par l’impétuosité de la course. Telles sont aussi, à Myrina, les atti-

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