Catalogue, nos Cl 1 à
3. Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1868, p. 123.
Enfin, M. Ilelbig a signalé un osselet d’une collection particulière qui est en faux grenat, sorte de cristal d’un rouge sombre, et qui porte un aigle gravé sur une des faces avec une inscription grecque tracée à l’envers : Y>IA>I L il est en outre percé d’un trou au centre 2.
Plusieurs passages des auteurs anciens nous renseignent sur les noms qu’on donnait aux différents coups de dés et d’osselets. Des six côtés de l’osselet, il n’y en avait que quatre qui comptaient, puisqu’il ne retombe jamais sur les deux extrémités. A ces quatre côtés correspondaient les valeurs 1, 3, 4, 6; les chiffres 2 et 5, correspondant aux deux bouts de l’osselet, n’existaient pas dans le jeu3. Le coup le plus défavorable, c’est-à-dire 1, s’appelait y.utov ou yxoç, canis, damnosa canicula des Romains ; le meilleur coup, c’est-à-dire 6, portait le nom de ymo;, en latin dexter senio , venérius 4. On jouait ordinairement avec quatre osselets, qui, d’après le scboliaste de Platon, amènent trentecinq combinaisons possibles; les unes, dit-il, portent des noms de dieux, les autres de héros, ou bien de rois, d’hommes illustres, de courtisanes ; d’autres noms enfin se rapportent à des circonstances heureuses ou malheureuses5. Pollux et Hésychius nous ont conservé de très nombreux termes qui représentent telle ou telle de ces combinaisons; nous y relevons, en effet, des noms de divinités comme ’Acppo&TY], IIsiQü), K->/.).io77£? , des noms de rois comme MÆaç, des noms d’hommes célèbres comme Sô/.wv, 2h[j.wv, Et r^lyooo;, EùpiTu&oç 6- Il est donc assez facile d’expliquer des inscriptions comme "Epw; et Aïaç sur les osselets trouvés en Crimée. Sur l’osselet de cristal décrit par
Annali dell’ Instituto, 1874, pl. S, p. 204; Bullettino, 1874, p. 87.
2. Dans une tombe d’Alife ( Annali clell’ Inst., 1884, p. 253) on a trouvé quatre objets quadrangulaires en os, de forme pareille, mais de grandeur différente; trois d’entre eux sont percés d’un trou près du bord. Sur l’un on voit deux tètes sculptées en relief, peut-être des panthères. Ces objets ont été trouvés près des genoux du mort avec deux scarabées, deux vases de verre, un bracelet et douze fibules.
3. Eustathe, Ad Hom. lliad., XXIII, 88, p. 1289, 56; p. 1397, 35; Pollux, IX, p. 100.
4. Cf. Becq de Fouquières, les Jeux des anciens, p. 225-356; Becker, Chariklès, éd. Gëll, t. II, p. 41 ; Gallus, éd. Goll, t. III, p. 456-463 ; Hermann, Privatalterthümer, éd. Blümner, p. 512, 513; Marquardt, Privatalterthümer der Borner, t. II, p. 426 et suiv.
5. Schol. Plat. Lys. p. 206 E. Voir le tableau de ces trente-cinq combinaisons dans Becq de Fouquières, op. laud.,p. 335.
6. Lucien, Amores, xvi; Pollux, VII, p. 204, 206; IX, p. 100-106; Eustathe, Ad Hom. Iliad., XXIII, 87; Hésychius, s. v. MtoV.ç, Màyjnq, riêtfoo, etc. La liste de tous ces noms est donnée par Becq de Fouquières, op. laud., p. 338.
LE MOBILIER FUNÉRAIRE
M. Helbig on voit représenté un aigle; en effet, les noms d’animaux ne sont pas rares, comme par exemple /.-jwv, ol^po; l, et en latin vulturius 2. Le seul osselet do Myrina qui porte une inscription complète (fig. 24, n° 1) se prête à une interprétation du même genre : éoprn rentre évidemment dans la catégorie des coups heureux (tq eu£o),o v)3 et est analogue pour le sens aux épithètes y.aX).i£o).o;, eùSaîfa.wv, mentionnées par Pollux 4.
Nous croirions volontiers qu’on ne jouait pas, en réalité, avec les osselets qui portent des inscriptions et qu’ils sont de simples marques dont on se servait, comme dans les jeux actuels, pour constater la somme des points déjà obtenus dans le jeu. Ainsi Pollux dit que l’on appelait STYicfyopo; le- coup qui amenait le nombre S aux osselets, et que le nom d’EùpiTuSv)? désignait la somme de 40 points 5. Ne peut-on pas supposer que dans ce cas le joueur mettait de côté une marque portant les mots Styi? fyopo; ou E’jpi-Av); ou tout autre du même genre, et qu’à la hn de la partie l’ensemble de ces marques constatait la somme des points par lui obtenus? La façon dont les osselets de Myrina sont taillés et aplatis sur deux faces nous donne également à penser qu’ils ne servaient pas au jeu lui-même, pour lequel il est nécessaire que l’osselet ait ses quatre faces naturelles. Les autres osselets qui portent des lettres (nos 2, 3, 4) ou dos signes symboliques (nos 5 et 6), et ceux mêmes qui sont simplement taillés, sans porter ni inscription ni signe, pourraient être expliqués de la même façon comme marques conventionnelles 6. Doux tessères en os qui faisaient partie du Musée Campana portent des signes gravés tout à fait pareils à ceux des nos 5 et 6, l’un en forme d’échelle, l’autre de bipenne 7.
Nous citerons encore quelques dés à jouer en os , avec les six