Smith, Pauly, Mionnet, Barthélemy, Lübker, etc
3. Estienne de Byzance, s. v. Môpiva (Hecataei fragmenta, éd. Müller, n° 104) : Mûptva, 7t6)iç Iv Avjpivw • 'Ez. E ùp. "Eort y.cà Tvjç A.io\iiïo<; oillr), utzo Muptv'/JÇ àppOT*pc« ïj ù.r.o Mupivov. — Pomponius Mêla, I, 18 : Primam urbium (la première ville de l’Éolide) Myrino conditore Myrinam vacant; sequentem Pelops statuit, victo Oenomao reversus ex Graecia; Cymen nominavit, pulsis
l’autre, qui a eu la préférence des auteurs éoliens, la rapportait à l’Amazone Myrina, dont le tombeau, au dire d’Homère, se voyait dans la Troade h Ce qui est certain, c’est que Myrina n’est que la forme éolienne du nom de Smyrne 2, que le même nom a été autrefois porté par un quartier d’Éphèse 3, et que ces villes sont toutes antérieures à l’établissement des Grecs sur le rivage oriental de la mer Égée.
Myrina fait partie d’un groupe de villes assez nombreuses en Asie- Mineure dont la tradition attribue l’établissement ou du moins le nom à des Amazones 4. Bien que des villes amazoniennes se rencontrent aussi en Paphlagonie et en Bitliynie 5, la plupart sont situées en Ionie et en Éolide, en particulier dans la région comprise entre
qui habitaverant, dux Amazonum Cyme. La tradition qui attribue la fondation de Myrina à une autre Myrina, fille de Créthée et épouse de Thoas (Scliol. Apollon., I, 604; Etym. magn.
s. u.), se rapporte à Myrina de Lemnos seulement, et non à Myrina en Éolide, comme l’ont cru Forbiger et d’autres compilateurs.
L Strabon, XII, vin, 6, p. 573; XIII, xv, 6, p. 623; Iliade, B, v. 811.
2. Cf. Bekker, Anecdota, p. 108, 22 : Mu ppav tov 2aupvau 2drrçpw deurepw. — Athénée, XV, p. 688 c : Mûppa yàp h trptûpva rrap’ Atoleüci. — Syncelle, éd. de Bonn, p. 340 : Blupiva vj 7 rapâ T tut Suûpva ïsyouévo. Dans les manuscrits, la confusion de Myrina et de Smyrna est très fréquente; on lit dans Suidas : ’A yaOiaç <r;/o7aaTizoç 2p.upvaïoç, alors qu’Agathias nous apprend lui-même qu’il était de Myrina. Cf. Palmerius, Notes sur Aristide, dans l’éd. d’Oxford, 1730,
t. II, p. 565.
3. Strabon, XIV, 1, p. 633 : 2 pûpva hxhïzo é "Eyeroç. Eustathe, ad Dionys. Perieg., v. 828 : Kai h 2pt ûpva de 'Ay.a'Oirj outra -/al aùrù zaraeyetv zrjv "Eyerou léyeica, ày’ f/ç /ai 2 jzûpva to'ttoç ’Eye'trou. Cf. Weber, Blouretov tàç EùayyeL ayzoàvj-, 1880-84, p. 8. Éphèse aurait aussi porté anciennement le nom de Samonia, Samorinia ou Samorna (Hésychius : 2aaovia • oi de 2aptopma • ü 'Eyeroç. — "Aprepti 2aptopvtu • vj "Eyeroç 2« iptopva zaleïrat, olou ouv ’Eyetrta. Cf. Estienne de Byzance, s. v. Ic/.aea-ju. : 2àp.opva /ai 2a'pLopvoç, vj "E yetro; e/ale tro). Alexandre a proposé de lire 2àp.opvoç dans le passage suivant des oracles sibyllins (V, v. 305) :
"HÇei yàp /ai 2 ptûpva, éôv zàatoura 2 dj/opvov (c odd. Auzoüpyov)
Et? ’Eyetroto 7r û4a;, zai aùrvj ptâXàov obéirai.
Un village turc, situé à 2 kilomètres d’Ali-Aga, sur la route de Smyrne à Pergame, porte le nom de Sarnourla ou Samourlü, qui ne présente aucun sens en turc et où il faut peut-être reconnaître une corruption de Samorna.
4. Cf. Klugmann, PJeber die Amazonen in den Sagen der Kleinasiatischen Staedte, dans le Philologus, 1870, t. XXX, p. 524. — Strabon, XII, viii, p. 573 : ntDeiç re rra),atai ôyoloyovvTca É7ro)uup.oi aÙTMv (tojv ’AptaÇôvcov). — Ibid., XII, ni, 21, p. 549 : /ai £776dvûpt.ou; 7ro).£iç Ttvàç etvat y a ri, /ai yàp “Eyetrov /ai 2pt ûpvau /ai Kûptïjv /ai Mûpwav. — Eustathe, ad Dion. Perieg., v. 828 : on de ai ’Ap.àÇoveç 7ro)Loùç èv ’Aada zaréay^ov to7touç tzozs, Srtloüa'i... 7rd),et; o!ov n "Eyeroç oützr,, i] ’Avaîa, â Mûptva, vj aioàizrj Kûptvj.
5. Sinope (Andron de Téos, ap. Müller, Fragm. Historié. Graec., t. II, p. 348); Thiba sur le Pont, Myrlea, Mazaion, Kynna, Élaia en Bithynie (Eustathe, ad Dion. Perieg., 828; Eslicnnc de Byzance, s. v.).
HISTOIRE DE MYRINA
Mycale et Pitane, qui, d’après une légende, aurait été cédée aux Amazones par Hercule h Éphèse, Smyrne, Cymé 2, Myrina, Grynium, Pitane, Élaea 3, Mytilène ont pour éponymes des Amazones 4. Gomme on l’a remarqué, les Amazones y paraissent plutôt comme éponymes que comme fondatrices. Nous ne trouvons, dans aucune de ces villes, de culte institué en leur honneur : à Éphèse même, elles sont simplement les hiérodules de la grande déesse asiatique. L’auteur du second chant de Y Iliade parle d’une colline située dans la plaine d’Ilion, que les hommes appellent Batieia et les immortels tombeau de l'agile Myrina \ De même, suivant Éphore, Anaia était ainsi nommée de l’Amazone Anaia qui y était ensevelie 6. D’après une tradition rapportée par Servius, Grynium devait son nom à l’Amazone Gryné à laquelle Apollon avait fait violence en ce lieu 7. C’est plus tard seulement, sous la plume des auteurs éoliens, que les légendes des Amazones éponymes se développèrent. Diodore
1. Héraclide du Pont, fragm. 34 ( Fragmenta Historié. Graec., Il, p. 222) : "Epso-ov ■Aïidijvxc tpxcrcy xr. b [uâcç rüv ’ApcxÇôvw oc <?s xr.b toü tov ’üpxAéx rxcq ’ApcxÇocrcv èpscvxc rà xr.b Mu'/.cDïjç scoq Ucxxv'nq.
2. Estienne de Byzance : ’ApàÇovsiov, oürw; iv.x'kzcxo é Kûyvj, I» y xi ’ApcxÇovzq or/.ouj.
3. Eustalhe, ad Dion. Perieg., v. 828 : "E<m os v.xi ’E Ixcx xoroq rpbq xÿ Nwopjffeta v.xxx tôv ’Appcxob'j xr.b ’Eïxcxq ’ApxÇovoq. La ville d’Elaea en Eolide avait probablement pour éponyme la même Amazone.
4. On peut ajouter à cette liste, d’après les types de leurs monnaies, Magnésie du Sipyleet Ægae, mais nous croyons, avec Klugmann ( Philologus , 1870, p. 543), qu’on ne doit pas y faire figurer Priène. Dans le texte de Diodore qui attribue la fondation de cette ville aux Amazones (II, 55), plusieurs manuscrits portent Ilptvsiav; il faut probablement lire Tpôvzcxv, forme adoptée par Hécatée, au dire d’Estienne de Byzance (s. v. Tpôvoc), pour désigner la ville de Grynium.