‹ La nécropole de MyrinaChapitre 198 sur 488 · Coppi, Terramara di Gorzano, Modène, 1871, pl. xxix-xxxi · texte numérisé non relu

Coppi, Terramara di Gorzano, Modène, 1871, pl. xxix-xxxi

4. On trouve le timbre TATK. sur des pyramides et sur des cijques; cf. Dumont, Inscriptions Céramiques, p. 51, 408, 410.

de la pyramide, bien que fort répandu, ne paraît pas l’être au même degré que celui du disque, plus léger, d’une fabrication plus facile encore et qui pouvait servir à un plus grand nombre d’emplois.

Les pyramides, dont on a recueilli plus d’une centaine à Myrina, sont presque toutes sans inscriptions ni estampilles. Elles se sont rencontrées en grand nombre près des tombeaux et très rarement à l’intérieur1; nous avons pourtant noté une tombe qui contenait une pyramide en terre cuite sans aucun autre objet 2. Deux d’entre elles portent à la partie supérieure une demi-ellipse avec deux lignes parallèles à l’intérieur 3 ; trois autres présentent un timbre circulaire sous le trou du sommet; une sixième porte un timbre circulaire avec une tête de femme de profil; une septième présente le même timbre avec une danseuse d’un dessin très élégant 4.

Les pyramides et les cônes ont été découverts dans un très grand nombre de localités 5, mais ce n’est que vers le milieu de ce siècle

1. Cf. plus haut, p. 80, tombeaux nos 19 et 26 ; p. 85, n° 51 ; p. 86, n° 66.

2. Dans une urne-cabane de la nécropole albaine, M. Ilelbig n’a trouvé que les cendres du mort avec une seule boule en terre cuite percée ( Die Italiker in der Poebene, 1879, p. 83). A Piedimonte d’Alife, on a recueilli beaucoup de pyramides dans les tombes mêmes; elles étaient souvent placées sur les bras ou sur la bouche des morts (Dresse!, Annali delV Instituto, 1884, p. 237-238). Des faits analogues ont été constatés par F. Lenormant dans la nécropole de Rugge (terre d’Otrante) : « Les pesare, c’est-à-dire les pyramides tronquées en terre cuite, présentant à leur partie supérieure un trou horizontal, objets dont l’usage et la destination sont encore si énigmatiques, étaient placées sur la tête et sur la poitrine du mort. Elles ne manquent presque dans aucune tombe. » (Gazette archéologique , 1882, p. 43.)

3. Un signe analogue est figuré sur un cône publié par M. Conze, Annali dcll’ Instituto, 1872, pl. M.

4. Cf. Dumont, Inscriptions Céramiques, p. 408 : « Une dizaine de cônes avec de jolis dessins, dont trois bien conservés représentent un génie ailé qui joue de la lyre, une femme assise et un homme qui met un genou en terre. » V. aussi Conze, Annali, 1872, pl. M, Q et p. 197 ; Lenormant, Gazette archéologique, 1882, p. 55 ; « Elles portent en général une estampille de fabricant, soit un timbre à inscription, soit un cachet avec figure. » Dodwell a signalé une pyramide recueillie dans un tombeau du Pirée dont le sommet est couronné d’une tête d’Atys ( Tour in Greece, t. I, p. 438). Plusieurs objets analogues ont été découverts près de Kertch et de Sébastopol et portent l’empreinte de sceaux représentant des têtes et d’autres motifs (lîirch, Ancient Pottery, t. I, p. 181). La collection Millosicz à Vienne renferme une pyramide en terre cuite venue d’Asie-Mineure qui porte comme timbre une amphore (Arch. epigr. Mittheilungen aus OEsterreich, 1877, I, p. 22).

5. Contentons-nous des indications suivantes, qu’il serait facile de multiplier : Athènes, Orcbomène en Béotie, la Thessalie, la Macédoine, la Phénicie, Alexandrie d’Égypte, la Sicile (Cavedoni, Notice sur le musée Dodwell, p. 34, nos 113-116; Dumont, Inscr. céram., p. 50; Heuzey, Rev. archéol., 1883, t. II, p. 386 (tombe d’enfant de Mégara en Sicile, antérieure à 450 av. J.-C., contenant un cône); Palestrine, Modène, Velleia et beaucoup d’autres villes d’Italie (Dumont, l. I.; Cavedoni, Bullettino dcll' Inst., 1841, p. 20; 1846, p. 25 et 26; Musée de

LE MOBILIER FUNÉRAIRE

qu’on a commencé à les recueillir et à essayer d’en déterminer l’emploi. Les fouilles de Myrina ont fourni des spécimens de ces deux catégories de monuments.

Nous avons signalé plus haut 1 de petites tables en terre cuite trouvées dans les tombeaux et portant des mets divers, symboles du repas funéraire offert au mort. Parmi ces mets figurent des pyramides de forme identique à celle des objets qui nous occupent. M. Dumont a déjà signalé la présence de ces pyramides dans les bas-reliefs funéraires représentant des banquets et dans les ex-voto à Sérapis, Isis et Esculape : elles sont également placées sur la table dressée devant les morts héroïsés. On les rencontre d’ailleurs assez fréquemment dans d’autres monuments grecs où figurent des plateaux et des tables chargés de mets 2. En outre, nous savons d’une manière positive qu’une sorte de gâteau s’appelait wupaprç chez les Grecs 3 et Clément d’Alexandrie 4 énumère les pyramides parmi les objets renfermés dans les cistes mystiques. Contrairement à d’autres archéologues, qui ont vu dans les pyramides en terre-cuite tantôt des clochettes attachées au cou des bestiaux5, tantôt des pesons de métiers6 ou de

Ravestein,n0S 586,587); l’Étrurie (Birch, Ancient pottery, II, p. 199); le Pont-Euxin,la vallée du Rhin, la Hollande, l’Espagne (Ritschl, Jahrbuch der Alterthumsfreunde im Rheinlande , 1866, p. 9, note 3, et p. 23) ; la France, notamment Besançon, Nîmes, Vienne, Lyon, Chartres (Dumont, l. L; Ileuzey, Bull, de la Soc. des Antiquaires de France, 7 novembre 1877, p. 180; Ritschl, l. Let Jahrb. der Alterthumsfreunde , 1867, p. 209); la Suisse (Ritschl, /. L, 1866, p. 17; Keller, Mittheil. der antiq. Gesellschaft in Zurich, IX, II, 3, pl. iv, 17.) Cf. les notes précédentes.

1. Cf. p. 243 et dans les procès-verbaux des fouilles, p. 95, n° 401.

2. Cf. Museo Borbonico, t. XIII, pl. 10; Saglio, Dict. des Antiq., art. Coena , p. 1275, fig. 1697; Annali, 1850, pl. c; Froehner, Terres cuites d! Asie-Mineur e, p. 12, pl. ii; Monumenti dell’ Institué, 1870, pl. xvi (sculptures du théâtre de Bacchus à Athènes); Furtwaengler, Collection Sabouroff , pl. xxx.

3. Etym. Magn., p. 697, 28: n vpuu.ii; • h « icvpGyj y.a.i yskiroq, ûrirsp «r/jo-agi;, h ix (rnaàu.m x«t pcékiroq. T iv'îç Ss UTTO t où avySodvovroq aùrÿ cryéuuroq, ickocréoq xârojôsv ô'vroç xa.l slç 6 Çù âviyovro;, 6 sa ri ri cployi maapspop.s'jp èoixiq. Ephipp. ap. Athen. 14, p. 647, C : T oütojv (twv yoipvjirj) avejao'jS'jst ’I a.rooxlrjq h rü Usai 7t)iKXOijvt«v x«i roü nvpxp.oüvroq xalovp.éyov, tha.yspsvj \ïp,rj rf/q Tcupa.yiSaq xaAovu.é'J7)Ç .... aur ou â's à.Q'ka. riOsyrau roüq r.a:rmyj.n. r<ü ài.a.ypv-'jr,a-mri. Cf. d’autres textes réunis par Lobeck, Aglaophamus, p. 1077-78. M. Furtwaengler se demande si les mjpocyiiïsq n’étaient pas des gâteaux spécialement destinés au culte des divinités chthoniennes ( Collection Sabouroff, notice de la pl. xxx.)

4. Protrept., C. 2 : Oia.i S's xaù «t ylara.i a.i yvarixod ; Ait ya.p à.-oyjmïn rat -à «yia aôrwv xai rie. ü o o n r ce s'£sit.sï-j • atiaxuMÏ xxî irvpxpdiïe ç xai rodvirca yod noie ma. ■Koloop.cpcàa.. Cf. Lobeck, Aglaophamus , p. 703.

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