‹ La nécropole de MyrinaChapitre 199 sur 488 · Birch, Ancient pottery , t. I, p · texte numérisé non relu

Birch, Ancient pottery , t. I, p

6. Cette opinion, la plus généralement admise, a été proposée d’abord par Cavedoni et Lopez, Bullettino dell’ Institué, 1846, p. 26, puis par Salinas, qui avait découvert un grand nombre

filets1, tantôt des poids2, M. Dumont avait pensé qu’elles étaient des objets d g substitution, symbolisant les gâteaux de même forme offerts aux morts dans les banquets funéraires3. Son opinion lui paraissait confirmée par quelques inscriptions imprimées ou gravées sur ces pyramides, notamment par les mots TAYKY ou TAYK (yXuxi<j|v.a), MEAI (y.éh, ijJIigcoc) et TPnfAAlA (xpwyàXia), qui indiqueraient nettement les gâteaux de farine et de miel que ces objets en terre cuite sont censés représenter 4. Nous ne pensons pas que ces inscriptions, qui

de cènes en terre cuite au Céramique d’Athènes (I monumenti sepolcrali scoperti presso la Chiesa délia S. Trinita, Turin, 1863, p. 16, pl. iv a, b). Approuvée par M. Brunn ( Bullettino , 1864, p. 36), elle a été reprise et développée par Ritschl ( Jahrb . des Vereins von Alterthumsfreunden im Rhcinlande, 1866, p. 9 et suiv.) et plus récemment par M. Conze ( Annali , 1872, p. 196).

1. Cette hypothèse a été émise par Keller lors de la découverte de pyramides en terre cuite dans les stations lacustres de la Suisse ( Mittheil . der antiq. Gesellschaft in Zurich, t. IX, ir, 3, p. 94). Plus tard (Mittheil., t. XIV, I, p. 20 et suiv.), Keller a reconnu que c’étaient des pesons de métier, après qu’un fabricant de Zurich, M. Paur, eut reconstitué le métier primitif des Protohelvètes et montré l’emploi des pyramides comme pesons. Cf. aussi la réfutation de cette hypothèse par Ritschl, Jahrb. des Vereins der Alterthumsfr. im Rheinlande, 1866, p. 12.

2. C’est la première hypothèse à laquelle on se soit arrêté; Caylus ( Recueil , t. V, p. 275) reconnaît dans les pyramides « des poids pour le détail des denrées les plus grossières. » Même opinion dans Schoepflin, Alsatia illustrata, t. I, p. 526. Elle ne tient pas devant le fait, constaté par Jouamet, Ritschl et Dumont, que les poids des pyramides en terre cuite ne présentent aucun rapport entre eux et ne rentrent dans aucun système métrologique connu (Simon, Bulletin de la société d’archéologie et d’histoire de la Moselle, Metz, 1864, p. 19; Ritschl, Jahrbùcher des Vereins , 1866, p. 10.)

3. Dumont, Inscriptions céramiques, p. 50 et 405; Revue archéologique, 1869, t. II, p. 237, 244.

4. M. Dumont’a donné un dessin de la pyramide portant le mot TPR.rAAIA,mais il est à remarquer qu’il n’a pas transcrit ce mot et ne l’a pas invoqué comme argumenta l’appui de sa thèse ( Inscriptions céramiques, p. 407), ce qui semble indiquer que la lecture en est douteuse. Selon M. Dumont (ibid., p.408) les lettres TAYKYou TAYK « gravées en lettres soignées près de la base du cône » auraient été relevées par lui sur 38 exemplaires. Les cônes portant la marque TAYK. ont été signalés plus d’une fois ( Annali , 1872, pl. M et p. 198; Arch. Epigr. Mittheil. aus Oesterreich, t. I, 1877, p. 22; Ritschl, Jahrb. des Vereins , 1866, p. 20; Koumanoudis, ’Attix. èmyp. h ririquê., p. xs'; Bulletin de Correspondance Hellénique, t. I, 1877, p. 53, exemplaire recueilli au Céramique en 1876 par M. Collignon). Mais la lecture TAYKY est peut-être une erreur de M. Dumont pour EAYKE, donné par M. Koumanoudis. Ritschl, suivi par Conze, a déjà vu dans TAYK la marque d’un fabricant rXuxcov et M. Koumanoudis a interprété TAYK, I’AYKE, MEAI2, BEP, inscriptions déchiffrées par lui sur des pyramides, par rlvxépotç, M eXia-

Bepsvt'xflç. Pour la marque MEAI, MEAI2, v. Dumont, Conze et Koumanoudis aux articles cités' MEAI2 a été relevé par Dumont sur dix cônes d’Athènes et sur un cône d’Aradus rapporté par M. Renan. On a encore signalé un certain nombre de lettres et de monogrammes, tant en grec qu’en latin : IIAPIITAAEY2, sur un cône d’une collection athénienne (Ilomolle, Bull, de Corresp. Ilellén., 1877, p. 53); T/jo-oüt; Xoicjto; vtxvj (en sigles, Dumont, l. I. p. 408); vapv (Conze, Annali, 1872, pl. Q); mânes (Cavedoni, Bullettino, 1841, p. 20). On a découvert à Vienne une pyramide décorée de losanges quadrillés et de fleurons, qui porte sur une de ses faces l’inscription en relief meddcatvs, où il faut reconnaître un cachet de potier comme meddicfii, meddiiuvs, noms assez fréquents sur les poteries de la région du Rhin (Bull, de la Soc. des Antiq., 1877, p. 181.) Cf. Jahrb. des Ver. der Alterthumsfr., 1866, pl. ii; 1867, pi. îx.

LE MOBILIER FUNÉRAIRE

comportent une explication différente et sont probablement de simples marques de fabrique, soient l’argument le plus solide en faveur de la thèse de M. Dumont; mais peut-être pourrait-elle être fortifiée par la présence, dans la nécropole de Myrina, de fleurs et do fruits en terre cuite qui sont des objets substitués du même genre h

Il ne semble pourtant pas que cette explication ingénieuse suffise à rendre compte de ces petits monuments. L’extrême diffusion des pyramides et des cônesà travers toute l’étendue du monde antique, leur fréquence à des époques très anciennes, comme celle des stations lacustres de la Suisse et des terramares italiennes, où il ne peut être question de l’influence dos idées religieuses do la Grèce, démontrent avec évidence qu’ils étaient des objets d’usage journalier2, servant à des industries à la fois très anciennes, très simples et très répandues, comme l’art de tisser les étoffes, ce qui du reste n’exclut nullement qu’ils aient pu devenir des symboles religieux ou se confondre, dans les pratiques du culte, avec des symboles religieux d’aspect analogue. Si le caractère funéraire des pyramides est souvent incontestable, il est certain aussi qu’elles portent parfois des dédicaces sans rapport avec le culte des morts. On les a découvertes à plusieurs reprises dans dos temples3. M. Paris, membre de l’École française d’Athènes, a récemment recueilli dans les ruines du temple d’Atliéna Cranaia près d’Elatée une pyramide en terre cuite portant la dédicace ©eSwpiç ’AOavx4. En 1877, les fouilles de l’École française aux abords do l’Érechthéion ont mis au jour une pyramide en terre cuite, à quatre faces inégales, revêtue d’une couverte noire et décorée de peintures rouges à la façon des vases 5. Tout auprès on a trouvé une jarre qui porte une

Le cône de Corcyre avec l’inscription "O poç «HXaxoç est tout à fait isolé (Dodwell, Tour in Greece, t. I, p. 34); deux autres cônes de même provenance portaient les inscriptions ’AypoJei'rïj et Awç MuVjjo-îou, que Dodwell voudrait compléter en [opoç] ’A^ooJsérvjp], [ô’poç] Aièç MjA«<uov.

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