Doricr, I, p
2- L 1 ■ 1 1 1 : opinion avait déjà été soutenue par Fréret, Mém. de l’Acad. des Inscr XXI, p. 106.
3. Ilueliofon, Las Mutlcrrecht, Stuttgart, 1861, p. 47, 206 et pass.
■i. V lleius l’alcrculus, I, 4, 4 : Mox Æoli , cadem profecti Graecia, long issimis que acti erro-
HISTOIRE DE MYRINA
antiquité est attestée par les traditions homériques, passait, avec Lesbos, pour avoir fondé trente villes h Myrina était trop voisine de Cymé pour prendre jamais une grande importance. Hérodote se contente de la nommer avec Grynium parmi les onze anciennes cités les plus considérables de l’Éolide 2. Nous pouvons nous faire une idée du rang qu’elle occupait dans la dernière moitié du ve siècle par les registres des tributs de la confédération athénienne, où elle est plusieurs fois nommée Mupwa wapà Kopv, pour la distinguer de la Myrina de Lemnos 3. De 454 à 425, Myrina paye à la confédération une redevance d’un talent (6,000 drachmes); Grynium fournit de 1,000 à 2,000 drachmes, Élaea (nommée ’EXaùa ? rapà Mupivav), 1 ,000 drachmes, Pitane, 1,000 à 2,000 drachmes. Toutes les autres villes qui ont un nom dans l’histoire payent bien davantage, à savoir : Erythrée, 7 talents, Éphèse, 7 talents 3,000 drachmes, Clazomène, 1 talent 3,000 drachmes, Golophon, 3 talents, Lebédos, 3 talents, Phocée, 3 talents. La contribution de Cymé s’éleva jusqu’à 12 talents; elle était donc considérée comme douze fois plus riche que sa voisine. Aussi l’histoire est-elle presque muette sur les destinées de Myrina. Nous savons par Xénophon 4 que Xercès avait donné les quatre villes de Myrina, Grynium, Gambrium et Palæogambrium à Gongyle d’Érétrie, l’intermédiaire entre Pausanias et le Grand Roi, et que ses fils, Gorgion et Gongyle, possédaient, en 399 avant Jésus-Christ, l’un, Gambrium et Palæogambrium, l’autre, Grynium et Myrina. Loin de trahir la cause des Grecs comme l’avait fait leur père, ils se joignirent à l’armée de Thymbron. Brandis attribue à Gongyle
ribus, non minus illustres obtinuerunt locos, clarasque urbes condiderunt, Smyrnam, Cymen, Larissam , Myrinam, Mytilenemque et alias urbes quae sunt in Lesbo insula.
1. Strabon, XIII, ni, p. 622 (éd. Didot, p. 532) : Meyiorïj Sé loti tôjv Aiohv.wv /.où ipirrrn Kûpj y.ai ij'/eSà v ymrpôiroïit; aürrç rs y.od h Aé>r[3oç rtüv a)7cov nôlsurt), tt spi rpia'y.ov r« ttou tôv àpiSucv. Sur la colonisation de l’Éolide, cf. Duncker, Geschichte der Alterthums, t. V, p. 161 et suiv.
2. Hérodote, I, 149 : Aurai pikv xi. ’I ciiïeç Tcâltéç d<n, a?$s iïë ai Aioltclsç, Kûptïj <ï»pi«&mç yalsof lévt], Ariptax, Ns'ou rsî^oç, Tvjptvoç, K iXka, Noriov, Alyipos^na, Uira-jy, Alyatca, Mûpiva, r pûueia. Il parait probable que les villes éoliennes citées par Hérodote formaient une sorte de confédération dont l’hégémonie appartenait à Gjmé. Cf. Vischer, Kleine Schriften, I, p. 324; Gilbert, Handbuch der griechischen Staatsalterthümer, 1885, t. II, p. 157.
3. Corpus inscriptiorum atticarim, t. I, p. 94-143, p. 226 et suiv.
4. Helléniques, III, 1,6: Hpo^e^dipnirav <? s aùr<ü «al Topylw'j «al royyû7oç, uSslipol ôvtîç, I'/ovtêç o p'sv Tdp£ psiov «al Ua’XaiydpLSpsiov, 6 <ÿk MOpivav «al rpûveiov • Jwpov <îk «al aurai ai i tôIsiç ye au Trapà fiaaùétix; YoyyuX'p, on piovo; 'Epsrptewv pajJîo’aç ëfvyev.
l’ancien, maître de Pergame, des trioboles à l’effigie d’Apollon *, mais Myrina, comme Atarnée, Pitane, Élaea et Temnos, ne paraît pas avoir frappé d’argent avant Alexandre, alors que nous possédons des monnaies de Cymé qui remontent au ve siècle 1 2 et même au viie siècle avant notre ère 3. Au 11e siècle, Myrina fit certainement partie du territoire de Pergame, comme l’atteste une inscription portant OPOI T7EPrAMHN,n.N découverte par M. Dém. Baltazzi dans la presqu’île d’Arap-Chiflik, entre Myrina et Cymé 4. Elle semble avoir atteint, vers le commencement du second siècle, une prospérité matérielle considérable, dont témoignent les produits de sa céramique et ses beaux tétradracbmes d’argent. Ces pièces, d’une frappe analogue à celles qui sortirent à la même époque des ateliers de Smyrne, Cymé, Lébédos, Magnésie et d’autres villes asiatiques, ont été surtout découvertes en Syrie; nous n’en avons pas rencontré une seule à Myrina. Elles n’étaient pas destinées à répondre aux besoins nécessairement restreints des échanges locaux, mais constituaient une sorte de monnaie internationale, comme les pièces françaises de cinq francs auxquelles on les a comparées 5. Les types principaux sont la tête d’Apollon laurée, la tête de Pallas, une tête de femme, une figure de femme demi-nue, tenant une branche de laurier et une patère, ayant à ses pieds le diota et la cortine, le tout dans une couronne de laurier 6. Les représentations d’Apollon sur les monnaies de Myrina se rapportent évidemment à l’oracle voisin de Grynium, qui se trouvait sur le territoire de Myrina 7. Plutarque nous apprend 8 que les habitants de Myrina et d’Apollonie avaient consacré des gerbes
1. Brandis, das Münz-Mass-und Gewichtswesen in Vorderasien, Berlin, 1866, p. 319.