Bernouilli, l. c., p
2. Cf. Stephani, /. c., p. 122; Atlas de la Comm. imp. de Saint-Pétersbourg p. 1859, pl. ni, n° 6; p. 1861, pl. i; Panofka, Antiq. du Cab. Pourtalès, pl. xxix, n° 4; Furtwângler, Collection Sabouroff , pl. 62; Cesnola, Cyprus, pl. xl, n° 13. M. Ileuzey décrit une Vénus accroupie en terre cuite, au Louvre, qui a été rapportée de Babylonie; mais le style accuse une époque basse ( Catalogue des fig. de terre-cuite, p. 47, n° 108.) 11 est à remarquer que le type de la femme accroupie, le genou gauche en terre et la jambe droite relevée, apparait sur des monuments orientaux de style très ancien, par exemple sur des scarabées de travail phénicien, trouvés à Chypre, où l’on reconnaît l’influence du style égyptien (Cesnola, Cyprus, pl. xxxvi, nos4, 6, 7; cf. trois déesses égyptiennes accroupies sur la coupe phénicienne d’Amathonte, Clermont-Ganneau, Imagerie phénicienne, pl. vi.) Mais jusqu’à présent nous ne connaissons pas de monument grec archaïque qui marque la filiation avec ces monuments. L’intaille de Chypre citée plus haut ( Cyprus , pl. xl, n° 13) pourrait être duve siècle, s’il est exact qu’elle ait été trouvée avec le reste du trésor de Curium où abondent les objets de style archaïque. Ajoutons que les figures d’hommes agenouillés, tirant de l’arc, ne sont pas rares sur les monuments du commencement du v° siècle (v. les frontons du temple d’Égine) ou même de la fin du vic (v. le vase corinthien d’ilercule chez Eurylios, au Louvre.) On a pu de bonne heure transporter cette altitude aux figures de femmes dans l’art grec.
DESCRIPTION DES PLANCHES
dans une pose pleine de vérité, que la baigneuse attend le moment où l’on va verser sur elle une douche d’eau fraîche : c’est précisément le sujet que représentent les peintures de vases que nous rattachons à l’art du iv° siècle 1 et certains reliefs où l’on voit Diane surprise au bain par Actéon 2. Go qui marque l’influence alexandrine dans la figurine de Myrina, c’est la coiffure qui, au lieu d’être dénouée, est coquettement arrangée et parée. L’attitude s’expliquerait encore par une autre circonstance : celle où un personnage placé devant la femme verserait de l’eau sur ses mains; elle se détournerait pour ne pas recevoir les éclaboussures au visage. C’est la représentation que nous fournit une pierre gravée où l’on voit un petit Éros, debout sur un pilier, versant le contenu d’un vase sur les mains tendues de la déesse accroupie qui détourne la tête à droite, tandis qu’un autre Éros, placé derrière elle, lui essuie le dos avec un linge 3. C’est le monument qui a le plus d’analogie avec le nôtre.
Malgré quelques imperfections choquantes qui sautent aux yeux, comme la largeur démesurée de la cuisse droite et la raideur disgracieuse des bras, on appréciera certainement dans cette jeune baigneuse le charme délicat des contours, le modelé de la poitrine et la silhouette fuyante de la tête qui font de cette statuette un des plus intéressants spécimens de l’art myrinéen 4.
2. Femme nue , assise et se lavant le pied. — Yoy. Catalogue , n° 22. Le sujet est emprunté aux nombreuses représentations d’Aphrodite à sa toilette, mais le caractère de divinité n’est pas assez marqué ici pour qu’on ne puisse pas y voir aussi une simple mortelle; ce caractère indécis, flottant entre la scène de genre et le sujet mythologique, nous a paru être commun à un grand nombre de statuettes de la même époque 5. Un motif identique se retrouve avec une allure très familière dans une pointure des bains de
1. Cf. d’autres vases d’époque plus tardive, Antiquités du Bosphore Cimmérien, pi. lvif, nos 1 et 2; pl. lxi, nos 1 et 2.
2. Clarac, Musée, pl. 114, n° 67; Millin, Galerie Mythologique , ii, pl. 100, n° 406; Frœhner, Notice de la sculpt., p. 128; cf. une peinture de Pompéi, Müller-Wieseler, ii, pl. 17, n° 183.