Cf. plus haut p
Métellus l. Il est vrai que l’on remarque une attitude analogue dans quelques statues de marbre qui sont à juste titre interprétées comme Aphrodite ou une Nymphe occupée à sa toilette. Mais elles diffèrent de la figurine de Myrina par la présence de la draperie qui couvre le bas du corps ou qui est jetée sur une des jambes, comme pour justifier la nudité du personnage et préciser le moment de son action 2 ; de plus, la main droite n’est pas occupée à frotter avec une pierre ponce ou un savon le pied posé sur le genou 3, mais elle délie les liens de la sandale qu’elle va retirer; enfin la main gauche, au lieu de s’appuyer sur la cuisse, se pose à plat sur le siège de la statue pour soutenir le poids du corps. Il n’y a donc qu’une relation apparente et vague entre la composition plastique qui nous occupe et les statues de femmes assises, déliant leur sandale. Celles-ci ne sont qu’une modification d’un type très répandu , Aphrodite debout sur une jambe, le corps penché et se déchaussant (voy. la pl. v,n° 5) : les sculpteurs ont simplement fait asseoir le personnage pour créer un type nouveau. Il faut chercher ailleurs, à mon avis, l’origine du motif myrinéen et je la trouve surtout dans un type sculptural dont la fortune a été grande : le Tireur d’épine h Nous n’avons pas à entrer dans les questions délicates de style et de date qu’a soulevées le bronze célèbre du Capitole; nous ne chercherons pas s’il convient de le rapporter à l’école de Myron ou à celle de Polyclète, à l’époque de Boëthos ou à celle de Pasitélès 5. Nous admettons seulement comme démontré que ce n’est certainement pas un motif gréco-romain et que la formation en appartient à l’époque purement grecque : la
L Montfaucon, Antiquité expliquée, Supplément, t. III, pl. lxii.
2. Clarac, Mus. de sculpture, pl. 603, n° 1328; pl. 609, a0 1351.
3. Ce sujet existe peut-être dans une statue dont le pied n’est pas posé sur le genou, mais qui représente sans doute une scène de toilette (Clarac, pl. 604, n° 1330) : la déesse nue est assise sur un rocher, devant Éros qui la regarde; elle a le pied droit posé sur une éminence et se penche légèrement, tenant de la main gauche un objet peu distinct, dans lequel on a cru reconnaître une grenouille (?) (Bernouilli, Aphrodite, p. 381) ou une pomme (Clarac, t. IV, p. 88) qu’elle tendrait à son fils. Il serait peut-être plus naturel de supposer une pierre ponce ou un morceau de savon, en rapprochant de ce groupe la statuette de Myrina et la peinture des bains de Métellus, où ce détail est plus nettement marqué.