Clarac, Musée, pl. 714, n
5. Voyez surtout Itayetdans les Monum. de l’art antiq., pl. 33; Furtxvangler, Ber Dornauszieher, Berlin, 1876; C. Robert, Annali dell’ Inst., 1876, p. 124 et suiv.; de Wilte, Gaz. arch., 1881-82, p. 127.
DESCRIPTION DES PLANCHES
statuette de Myrina, qui paraît en être une modification déjà altérée et vieillie, fournirait une nouvelle preuve à l’appui de cette opinion. Ce n’est pas la première fois qu’on signale la reproduction de ce motif en terre-cuite. Tudot a publié parmi les figurines trouvées en Gaule une statuette portant la signature du fabricant Tibérius, dans laquelle il reconnaissait un Tireur d’épine b Plus récemment, M. F. Lowi a publié une terre cuite, conservée au Musée de Salzbourg, qui représente un jeune homme assis dans l’attitude du Spinario 2. On remarque une grande ressemblance entre la pose de ces figurines et celle de la femme nue assise, découverte à Myrina, si ce n’est que le corps .est légèrement penché en avant dans les premières 3 et que la main gauche, au lieu do reposer sur la cuisse, est rapprochée de la cheville qu’elle paraît saisir fortement. La différence des deux actions explique ces petites modifications : la femme, dans le soin nonchalant de sa toilette quotidienne, n’apporte pas la même préoccupation d’esprit qu’entraîne l’accident subi par le jeune coureur qui s’applique en hâte à débarrasser son pied de l’épine importune. Les coroplastes, avec l’ingénieuse dextérité dont ils ont donné tant d’exemples, ont appliqué à la scène si souvent traitée de Vénus assise et défaisant sa chaussure le motif du Tireur d’épine dont on trouve d’autres reproductions dans les arts secondaires 4, ce qui nous montre qu’il avait passé dans le répertoire courant des ateliers antiques 5. La même coiffure en petit cône droit, élevé sur le sommet de la tête, se voit sur quelques figurines d’Italie 6.
1. Tudot, Collection de figurines en argile, pl. 70, A. Cf. la vignette de la p. 89, sur laquelle il n’y a pas de renseignement dans le texte. Le Musée de Saint-Germain-en-Laye possède une série de terres cuites, trouvées en Gaule, où l’on reconnaît le même motif; S. Reinach, Catalogue du Musée de Saint- Germain, p. 116, 117.
2. Archæol. epigraph. Mittheilungen aus Oesterreich, 1881, p. 187, pl. vi.
3. Le corps est redressé dans certaines statues qui dérivent visiblement du Tireur d’épine; Clarac, pl. 716, n° 1705.
4. Par exemple sur un fragment de sarcophage de la Collection Blundell, Michaelis, Arch. Zeitung , 1877, pl. 12, 2; sur une peinture de Pompéi, Robert, Annali, 1876, pl. O.
5. Une combinaison un peu différente se voit dans une terre cuite de l’ancienne collection Durand (Clarac, pl. 593, n° 1295); elle représente une jeune fille drapée, à moitié assise, qui relève la jambe gauche « probablement pour regarder une blessure qu’elle s’est faite au pied. »
6. Voy. de Witte, Choix de terres cuites du Cabinet Janzé, pl. 33 ; cf. notre planche ix, n° 1.