II. Orientation
On répète souvent comme une vérité reconnue que les anciens enterraient leurs morts en orientant la tombe de l’est à l’ouest. Rien n’est moins prouvé que cette assertion générale. Si la remarque est vraie pour les nécropoles de peuples très anciens, par exemple pour les Egyptiens *, on ne saurait l’étendre à tous les peuples de l’antiquité. Chaque nation pouvait avoir ses usages particuliers pour l’ensevelissement des morts ; chez la même nation la coutume a pu varier suivant les époques. Les textes des auteurs nous avertissent déjà qu’il n’y a guère eu de règle commune sur ce point parmi les Grecs1 2. Les nécropoles que nous avons eu l’occasion de visiter en Grèce, dans les Iles, à Chypre et en Asie nous ont presque toutes offert l’aspect d’une grande diversité dans l’orientation. Enfin, dans la nécropole de Myrina, après avoir noté l’orientation de plus de mille tombeaux, nous nous sommes convaincus qu’il était inutile de chercher aucune règle uniforme à cet égard.
1. Même chez les Égyptiens, la règle souffre des exceptions assez fréquentes. Dans la nécropole de Memphis, les tombeaux sont placés à l’occident et ouverts du côté de l’orient, quatre fois sur cinq, dit Mariette. Dans la nécropole d’Abydos les portes des tombeaux et les stèles sont quelquefois tournées vers le sud. V. Perrot et Chipiez, Histoire de l’art dans l’antiq.,
2. Cf. Hermann, Lehrbuch der griechischen Pnvatalterthümer, édit. II. Blümner, p. 379 et note I ; Stackelberg, Graeber der Ilellenen , p. 42, 43; Compte-rendu de Saint-Pétersbourg p. 1839, p. vu; 1860, p. x. M. Haussoullier, op. c., p. 69, note qu’à Tanagre la plupart des tombes regardent le couchant, mais qu’on en trouve souvent qui sont tournées vers le midi ou le nord; même observation dans la nécropole d’Alife, Annali dell’ Jnstituto , 1884, p. 220.