‹ La nécropole de MyrinaChapitre 339 sur 488 · Sur les tètes de ce genre, cf. ibid., p. 5, note · texte numérisé non relu

Sur les tètes de ce genre, cf. ibid., p. 5, note

DESCRIPTION DES PLANCHES

tu des nouvelles, des mêmes procédés d’exécution. Il y a sans doute entre elles toute la différence qui sépare une simple figurine en terre cuite d’un bronze ciselé avec soin et destiné à la décoration d’une riche habitation. Mais le sentiment artistique qui les a produites est identique; je ne crois pas dépasser les limites d’une conjecture plausible en supposant que le coroplaste de Myrina s’est inspiré de quelque statuette de Pergame, la grande ville voisine, le centre intellectuel et artistique de la région, et que cette statuette était de la même époque, du même style que le Satyre de Pergame. Les deux sujets, en les supposant de même taille 1 et de même matière, se feraient, pour ainsi dire, pendant.

Une autre remarque vient à l’appui de notre hypothèse : c’est que la figurine de Myrina pourrait bien être le surmoulage d’un bronze. On sait que ce procédé était fort en usage dans les fabriques d’Asie- Mineure 2 et facilitait beaucoup la reproduction des œuvres célèbres, déjà répétées par les petits bronzes. Dans la technique ordinaire des terres cuites, la face antérieure est seule travaillée; la partie postérieure reste plate 3. Mais quand on faisait un surmoulage de bronze, les deux côtés donnaient naturellement un relief. C’est le cas pour plusieurs statuettes de Myrina et en particulier pour celle-ci. Le manteau est indiqué dans le dos d’une façon sommaire, mais nette ; les cuisses et les jambes sont traitées au revers comme par devant. Dans les retouches mêmes, au moyen desquelles le coroplaste, après le moulage, a précisé tous les détails du torse et des jambes, on sent l’imitation d’un modèle en métal. La pointe de l’ébauchoir a appuyé dans l’argile encore fraîche avec une vigueur qui ne se retrouve pas ailleurs 4 ; toutes les saillies du buste, tous les muscles des jambes sont accusés en plis profonds qui trahissent une certaine sécheresse, particulière à la facture du bronze 5. On remarque sous la plante des

1. Le bronze de Pergame est un peu plus petit que la terre cuite de Myrina; il ne mesure que 0,15 de hauteur, d’après la planche i, en grandeur originale (cf. p. 4), donnée dans le Satyr aus Pergamon.

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