Heuzey, op. laud., notice de la planche 40, n
3. On trouvera les vases de cette série énumérés et étudiés dans Frœhner, Vases du prince Napoléon, p. 24-35; Musées de France, p. 68-74; Annali dell’ lnstit., 1884, p. 205-218.
4. G. Robert, die Rùckkehr dcr Kore, dans les P hilologische Unlcrsuchungen, 1886, fasc. X, c. 11, p. 179-202.
5. Voy. Saglio, Dictionnaire des antiq., art. Crotalum, t. I, p. 1571; Rayet, Monuments de l'art antique, pl. 74; Newton, British Muséum, Second vase room, p. 70, n°62; Martha, Catal. des figurines d'Athènes, n° 4.
DESCRIPTION DES PLANCHES
conservé clans notre figurine. La crotalistria se livre à un mouvement violent que nous retrouverons plus loin dans une statuette de danseuse voilée (planche xli, n°2J; ici, l’effet en est augmenté par 1a. transparence de la tunique serrée autour du torse qui semble se dégager nu de l’himation. Le geste consiste à faire passer alternativement chaque main sous l’autre bras à la hauteur du coude; ce détail et l’ensemble concordent parfaitement avec la description d’une danseuse dans un petit poème attribué à Virgile 1 2 :
Copa Syrisca , caput Graia redimita mitella ,
Crispam sub crotalo docta movere laïus ,
Ebria fumosa sallat lasciva taberna ,
Ad cubitum raucos excutiens calamos.
Les calami sont les tiges creuses de roseau dont sont formés les crotales 2 . Crispum latus est l’expression propre pour le déhanchement sensuel qui caractérise notre figurine. « C’étaient, dit M. Rayet, de simples courtisanes que toutes ces joueuses de lyre, de cymbales, de crotales ou de tympanon. La profession qu’elles exerçaient n’était pour elles qu’un prétexte à s’introduire dans les maisons honnêtes, au milieu de ces festins qui dégénéraient si souvent en orgies. De même à Rome, lorsque Properce, fatigué de l’humeur altière de Cynthia, s’efforcait do l’oublier dans de nouveaux plaisirs, il faisait venir du quartier pauvre de l’Àventin la joueuse de crotales Plivllis 3 4. »