Voy. p. 175, n
compliqué et comprend trois personnages. Le rapprochement est facile à faire avec les nombreux reliefs funéraires que nous avons cités plus haut. Les analogues en céramique paraissent plus rares; cependant, outre les figurines de Tarente *, qui sont des monuments votifs plutôt que funéraires, on peut citer un certain nombre d’exemplaires de ce genre en terre cuite a. Dans ces monuments cé-
\. Monumenti dell’ Inst. t. XI, pi. 55, n° 2. Nous ne parlons pas non plus des groupes étrusques en terre cuite, trouvés à Céré, que possède le Musée du Louvre ; leurs dimensions empêchent de les ranger dans la série des petits monuments en terre cuite que nous étudions.
2. 1° Groupe d’Athènes; homme et femme, demi-nus, étendus sur un lit de repos recouvert d’une draperie; l’homme tient une phiale et la position de la main de la femme indique un accessoire du même genre; à gauche, un petit serviteur nu, dont la tête manque, porte un vase à verser (Stackelberg, Gràbcr der Hellcnen, pi. 68.) — 2° Groupe de Mételin, appartenant à la collection Millosicz de Vienne; homme demi-nu, étendu sur un lit recouvert d’une draperie et tenant une phiale de la main gauche ; sur son épaule droite on distingue la main d’un second personnage disparu, qui était derrière lui (Gurlilt, Archæolog. epigr. Mittheil. aus Œsterreich , i, p. 20, n° 33.) — 3° Groupe de Crimée; homme deminu, coiffé d’un haut diadème, étendu sur un lit et mettant la main droite sur l’épaule d’une femme coiffée de même, assise sur le pied du lit, le corps entièrement nu, avec un voile rejeté en arrière et arrondi en nimbe; à gauche, petit serviteur nu, debout contre le pied du lit; à droite, petite table très basse, chargée de mets (Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersb. p. 1873, Atlas, pl. n, n° S.) — 4° Groupe d’Asie-Mineure. M. von Duhn qui l’a signalé le premier lui attribuait comme provenance Tanagre ( Bullettino , 1879, p. 10); M.Frœhner le donne avec plus de vraisemblance comme d’Asie-Mineure; homme étendu sur un lit recouvert d’une draperie et jouant de la lyre ; une femme assise sur le pied du lit et coiffée d’un bonnet phrygien tient sur le bras droit un petit Éros qui lève les bras en l’air; devant le lit est une table chargée de mets; près de la table, petit serviteur nu debout; au pied du lit, autre petit serviteur accroupi et endormi (Frœhner, Terres cuites d’ Asie-Mineur e , pl. 2; Collection Hoffmann, n° 55.) — 5° Groupe d’Asie (?) ; homme barbu, nu, assis à gauche sur le lit et tenant assise sur sa jambe gauche allongée sur le lit une femmq vêtue d’une tunique transparente qui passe sa main autour du cou de l’homme ( Gazette Archéologique , 1878, pl. 4, p. 14; Collection Castellani, n° 660; Gazette des Beaux-Arts, 1878, ii, p. 364.) — 6° Groupe sorti du même moule, au Musée de Berlin (Furtwængler, Collection Sabouroff, pl. 136.) — 7° Groupe d’Asie: éphèbe demi-nu, couché sur un lit et posant la main droite sur l’épaule d’une femme couchée à droite sur le même lit et penchée vers l’éphèbe dont elle touche le menton de la main droite (Collection Castellani, n° 663, vignette.) — 8° Moule de Tarente (?). Le moulage reproduit une plaque à fronton triangulaire avec deux personnages couchés sur un lit à pieds ornés. Graffite au revers MYOAA ( Collection Hoffmann, no 100.) — 9° Plaque à relief de Grèce, au Musée de Berlin: deux hommes demi-nus, étendus sur un lit; le premier tient de la main droite une phiale, l’autre a la main droite levée et posée sur la tète d’une femme nue, assise sur le pied du lit et jouant de la double flûte ; devant le lit est une table chargée de mets sur laquelle met la main droite un petit serviteur nu, tenant un vase à verser de la main gauche (Furtwængler, Collection Sabouroff, vignette placée en tête de la notice de la pl. 30.) — 10° Groupe d’Ostie : deux couples drapés, étendus sur deux lits du banquet placés côte à côte; entre les deux, une table à trois pieds chargée de mets. Le premier couple est composé d’un homme et d’une femme; l’homme est coiffé d’un calathos et ses traits barbus rappellent ceux de Jupiter; la femme, près de lui, est dia-
ramiques règne la même liberté de composition et en même temps la même unité de sujet que nous offrent les bas-reliefs sculptés. D’après leur provenance, la plupart de ces groupes doivent rentrer, comme ceux de Myrina, dans la catégorie des sujets funéraires ils représentent les morts héroïsés dans une sorte de lectisterne posthume. Un d’eux (n° 10) appartient à la série des lectisternes de divinités et montre l’alliance intime qui existe entre les banquets des morts et ceux des dieux.
4. Scène nuptiale . — Y oy. Catalogue, n° 2682. Rangerons-nous ce beau groupe dans la même classe que les précédents? C’est un des monuments les plus importants que nous ayons découverts dans la nécropole pour la grandeur des figures et pour la perfection du style3. Il avait été brisé dès l’antiquité4 et réduit en si petits morceaux qu’on a longtemps désespéré de pouvoir en rien tirer. C’est à Paris, à l’atelier du Louvre et sous l’habile direction d’un de nos plus éminents statuaires, M. Chapu, qu’on a essayé de reconstituer la pose des deux personnages, principalement celle de la femme à laquelle manquaient des morceaux très importants; cependant on a fait le moins de restaurations possible et l’on s’est contenté de soutenir le torse et la tête à la hauteur convenable, ce qui a permis de rétablir le gracieux aspect de l’ensemble.
déniée (Sérapis et Junon?). Le second couple paraît représenter deux femmes voilées et diadémées (Déméter etCoré?). Terre rougeâtre et épaisse. Style grossier. Au revers fragment d’attache brisée ( Musée de Ravestein, n° 519.) C’est le haut d’une grande lampe, car la même composition se voit dans une des Lucernæ sépulcrales publiées par Bellori, p. 69, fig. 34 (= Gronovius, Thésaurus, t. XII). — 11° Groupe d’Italie; homme couché sur un lit tenant une phialeet deux femmes assises sur le pied du lit devant une table à trois pieds chargée de mets; à gauche, enfant assis sur escabeau et jouant de la double flûte; le tout dans une sorte de grotte ornée de feuillage (Ficoroni, Le maschere sceniche, pl. 84, n° 1.) — 12° Groupe d’Italie (?). Homme diadémé, étendu sur un lit sur le pied duquel est assise une femme drapée et diadémée. Collection Oppermann, n° 76, au Cabinet des Médailles. Il est probable qu’on trouverait beaucoup d’autres exemplaires analogues parmi les terres cuites inédites des différents Musées d’Europe.
1. M. Furtwaengler ne pense pas qu’on puisse faire rentrer la plaque de la Collection Sabouroff dans la série des banquets funèbres, à cause de la joueuse de flûte. Ce motif d’exclusion ne nous paraîtrait pas suffisant, élunt donnée la liberté de composition qui était laissée aux artistes (cf. le n° 1 1 de la note précédente). Mais, comme il n’est pas certain que la plaque ait été trouvée dans un tombeau, on ne peut décider si elle a un caractère d’ex-voto religieux ou d’offrande funéraire; la provenance seule pourrait trancher la question.