Voy. plus haut, p
DESCRIPTION DES PLANCHES
recouvert d’une draperie et de coussins empilés est assise, à gauche, une jeune femme, le buste nu, qui se penche comme pour saisir dans ses bras un jeune homme, qui a presque la physionomie d’un jeune garçon, assis à droite dans une attitude tranquille, drapé, les deux bras cachés sous son manteau; les pieds des deux personnages reposent sur un escabeau long et étroit. Au pied du lit, à gauche, est debout une petite servante drapée, la main droite au menton avec une attitude de tristesse; à la tête du lit, à droite, est debout un petit Éros nu, les jambes croisées, la tête dans la main droite avec une attitude de tristesse, appuyé sur une torche funéraire renversée; il n’a point d’ailes, autant qu’on en peut juger dans une partie traitée très sommairement, mais cette omission ne doit être attribuée qu’à la négligence du travail.
La signification funéraire de ce monument est évidente, grâce aux deux petits personnages qui sont placés à droite et à gauche; ils accentuent la ressemblance avec les banquets funèbres où l’on voit si souvent des petits serviteurs, debout auprès du lit et occupés aux apprêts du repas, ou bien exprimant par leur attitude les regrets qu’ont laissés après eux les défunts b Le groupe du Louvre offre une composition tout à fait analogue, mais le coroplaste y a supprimé les deux petites figures funéraires. Remarquons encore que dans le groupe de Berlin le caractère de la scène est profondément modifié par l’interversion des deux personnages : le rôle hardi et passionné est donné à la femme, tandis que l’homme se renferme dans une réserve pleine de froideur ou de timidité. Il a suffi de ce changement pour créer un sujet nouveau et pour transformer en un épisode libre de la vie amoureuse le motif plus sérieux et plus chaste des épousailles. Il est possible que l’origine de ces sujets remonte à un groupe mythologique et religieux comme celui d’Aphrodite et Adonis. On sait combien étaient en faveur les fêtes en l’honneur d’ Adonis, à l’époque alexandrine. Mais, en tout cas, dans les groupes du Louvre et de Berlin, les modeleurs auraient rajeuni le motif symbolique en lui prêtant un caractère tout intime et plus familier.
Le Musée Britannique possède un troisième groupe de Myrina 2
1. Clarac, Mus. de sculpt., pl. 155, n° 289; pi. 156, nos 284, 340, 341; pl. 159, nos 286,287, 288; pl. 160, n° 336; pl. 161, nos 283, 337, etc.; Furtwaengler, Collection Sabouroff, pl. 31, 32, 33; Stackelberg, Graeber der Eellenen , pl. 68; Froehner, Terres cuites d’Asie, pl. 2; Compte- Rendu de Saint-Vétersbourg p. 1873, Atlas, pl. ir, n° 5.
2. Haut. 0,16; larg. 0,22; trou d’évent triangulaire. Traces de couleurs : rouge sur les
qui mérite d’être rapproché des précédents et qui montre une fois de plus avec quelle aisance les coroplastes introduisaient des variantes dans un motif devenu classique (fig. 51.) Il a déjà été publié et
Fig. 51.
étudié par M. S. Reinach dans un article de la Revue archéologique 1 dont je reproduirai seulement le principal passage :
« Le groupe du Louvre a été rapproché de la célèbre peinture connue sous le nom des Noces Alclobrandines . . . La ressemblance du groupe central de cette peinture avec la terre cuite du Musée Britannique est bien plus frappante encore, car il ne s’agit plus d’un épbèbe et d’une jeune fille, mais de deux femmes assises sur le même lit, engagées dans un entretien discret. Dans la peinture romaine, la jeune fille chastement drapée, les pieds appuyés sur un tabouret (ûwmoSiov) a la tête recouverte d’un voile; auprès d’elle, une amie couronnée de myrte, le haut du corps découvert, le bras gauche passé autour du cou de sa compagne, le bras droit tendu avec un geste d’orateur,
cheveux de la femme assise à gauche; rose sur sa tunique, sur l’extrémité gauche du lit, sur les sandales des deux personnages; bleu sur la draperie qui pend le long du lit. La main gauche de la femme assise à droite est recollée.