Hclbig, Wandgem. Camp., nos 811 à
5. Ibid., n° 791 ; Saglio, Dict. des Antiq., fig. 447 (= Clarac, Musée de sculpt., pl. 214, n° 256); Dubois-Maisonneuve, Peintures de vases antiques, pl. 51; Garrucci, Mus. Dateranense, pl. 43; Abhandlungcn Berlin. Akad., 1839, pl. iv, n° 1; Antiq. du Bosphore Cimméricn, pl. 72, n° 9; Visconti, Museo Worsleyano, pl. 24, n° 2 ; Monumenti dell’ Inst., s (1875), pl. 18, n» 101; Müller-Wieseler, Denkmdler der Kunst, ii, pl. 34, n° 402 ;pl. 44, n° 553 ; Sacken, Antikc Bronzai, pl. 27, n° I, etc. Voy. notre Catalogue, nos 189, 313.
6. Cf. Bayet, Monuments de l’art antique, notice de la planche 86.
DESCRIPTION DES PLANCHES
les figurines à sujet comique et celles qui se rapportent aux représentations théâtrales forment une des séries les plus intéressantes de la nécropole de Myrina. Bien que répondant, dans leur ensemble, à une même idée, celle du yeXotov, ces terres cuites doivent être distinguées en plusieurs catégories : 1° Les acteurs comiques. On n’a pas découvert d’acteurs tragiques1. 2° Les masques comiques et tragiques. 3° Les figurines grotesques et les types ethnographiques , c’est-à-dire les représentations de barbares, d’esclaves ou d’autres personnages qui sont de véritables caricatures. Il en sera traité avec détail dans la notice de la planche xlvii.
11 faut encore distinguer les masques grotesques qui ne sont pas des masques de théâtre. S’il est certain, en effet, que la plupart des masques en terre cuite sont des imitations de ceux que portaient les acteurs 2 * *, il est probable qu’un certain nombre d’objets analogues sont dus uniquement à la fantaisie des coroplastes. C’est ainsi que l’on connaît des masques qui ne répondent à aucun des types si
1. Les représentations d’acteurs tragiques sont fort rares en dehors de la peinture; citons un ivoire ( Monument i dell’ Inst., 1880, t. XI, pl. 13; Annali, 1880, p. 206-212), une statuette de bronze (Bursian, An:eiger f. schweiz. Gesch. u. Alterth., 1863, pl. i), un bas relief de marbre (Gerhard, Neapels antike Bildwerke, n° 331), une lampe (Ficoroni, Maschere sceniche, pl. 79, n° 3) Pour les peintures, voy. la bibliographie donnée par Hermann-Müller, Griechische Bühnenalterthùmer , 1886, p. 226, note 3. Les représentations d’acteurs comiques sont très nombreuses dans Part grec; on en trouvera l’indication dans le manuel d’Hermann-Müller, p. 245 et 238. La bibliographie des masques est donnée dans le même ouvrage, p. 270, 274. Nous ajoutons ici quelques renvois à des publications de terres cuites grecques que le dernier éditeur du manuel d’Hermann n’a pas citées : Arch. Zeit., 1873, pl. xii, nos 1-4; Froehner, Collection Barre, nos 415-432; Collection Gréau, pl. 24, 43, 81, 87, 94, 106; Collection Hoffmann, nos 8, 80-84; Collection Rayet (1879), nos 99-101, 125-134; Collection Toulmouche (1877), nos 41- 43; Collection Castellani (1884), nos 567-570, 642, 670-673; Reinach, Mélanges Graux, p. 152, nos 40-55; Rayet, Monuments de l’art antique, pl. 86-88; Lenormant, Collection Raifé, nos 1 186- 1 188 ; Gartault, Collection Lecuyer, pl. G5, n° 6; Antiquités du Bosphore Cimmérien, pl. 72, n° 10; Biardot, Terres cuites grecques, pl. 7, n0s 1-3; Kékulé, Terracotten von Sicilien, pl. 52, n° 5; de Witte, Cabinet Janzé, pl. II, n° 8; pl. 20, 35; Newton, A guide lo the second vase room, British Muséum, p. 64, n° 27 ; p. 99, nos 1-20; Musée de Ravestein, à Bruxelles, n°s 552, 553, 555, 560; Catalogue Pourtalès, n° 837 (gravé p. 153), 838. Voy. au Cabinet des médailles de Paris plusieurs statuettes d’acteurs comiques en terre cuite, Collection Oppermann, nos 150, 151, 152, 157 ; Collection de Janzé, nos 121, 122. Parmi les bronzes nous signalerons Carapanos, l)odone, pl. 13, n° 5 ; Sacken, Die antiken Bronzen, pl. 47, n° 4; Gazette des Beaux-Arts, 1878, t. XVIII, p. 492 ; Chabouillet, Catalogue des Camées, nos 3090-3099. Les représentations des terres cuites d’Asie-Mineure se rapportent toutes à la comédie nouvelle.
2. On en a môme trouvé qui répondent au passage de Quintilien (xi, 3, 74), présentant un
sourcil relevé et l’autre abaissé. Cf. Arch. Zeit., 1878, p. 22; 1885, p. 34; Philologische Wo¬
chenschrift, 1883, p. 645.
nombreux énumérés par Pollux l, dans un chapitre qui est une des sources principales pour la connaissance du théâtre antique. Ces masques non classés sont aux autres ce que les statuettes grotesques et les caricatures sont aux figurines d’acteurs.
On s’est demandé depuis longtemps pourquoi les anciens plaçaient des terres cuites comiques dans les tombeaux. A l’époque gréco-romaine, qui est celle de la nécropole de Myrina, la réponse serait fort simple : on ne fait que suivre un ancien usage et une tradition. Cette tradition persiste, sous une forme différente, à l’époque romaine, où les masques bachiques ornent très fréquemment les sarcophages 2 3. Si Ton veut remonter à l’origine d’un usage aussi général, que l’on constate dans toutes les parties du monde grec, il ne faut pas prétendre trouver le mot de l’énigme dans une seule croyance, une idée unique. Parmi les explications qu’on a proposées, il en est plusieurs qui se complètent sans s’exclure. En ce qui concerne, particulièrement, les masques de théâtre, nous ferons observer que la question n’est pas simple; il s’agit, d’une part, d’expliquer la présence des masques dans les tombeaux, de l’autre de justifier leur caractère comique ou tragique. Aussi est-il légitime, comme l’a fait M. Heuzey, de remonter jusqu’à une époque très ancienne où l’usage des masques dramatiques n’existait pas.
Il y a d’abord deux hypothèses, les premières en date, qu’il ne paraît plus nécessaire de réfuter aujourd'hui : 1° Les acteurs et les masques en terre cuite auraient été placés dans les tombes d’acteurs ou d'auteurs. 2° Ces masques étaient en relation avec les mystères, en particulier avec ceux de Dionysos, et figureraient dans les tombes
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En revanche, nous pensons qu’il y a une part de vérité dans les hypothèses suivantes, qui n’ont, d’ailleurs, rien de contradictoire,
1. l’ollux, Onomast., iv, 133-154. Cf. Robert, Bullettino dell' Inst., 1875, p. 34; Mittheilungen des deut. Inst, in Athen, t. III, p. 83; Arch. Zeit., 1878, p. 23.
2. CL Clarac, Musée de sculpt., t. II, pi. 113, 191, 203, etc.
3. Clarac, op. L, t. II, 1, p. 422; Biardot, Terres cuites grecques funèbres , p. 53-54; voy. surtout p. 101-102, 167. CL Pottier, Quam ob causam, etc., p. 0-9. On peut également passer sous silence l’hypothèse suivant laquelle les masques « symboliseraient d’une manière poétique le monde des sens qui est fondé sur l’illusion » (Hermann-Millier, Bühnenwesen, p. 275, note 1 .)
DESCRIPTION DES PLANCHES
puisqu’elles ne prétendent pas être également justes pour tous les pays et pour tous les temps : 1° Les masques funéraires, en terre cuite ou en d’autres matières, dérivent des momies égyptiennes *. 2° Les masques plus petits que nature symbolisent comme en raccourci les divinités protectrices des tombeaux2. 3° Les masques sont analogues aux oscilla que'Ton attachait primitivement aux branches des arbres pour protéger les champs 3; comme les figurines grotesques en général, ils passaient pour des phylactères, destinés à détourner le mauvais œil 4. 4° Les masques ornaient les maisons 5, soit comme motifs de décoration, soit comme phylactères : on les plaçait de même, comme l’indiquent souvent des trous de suspension 6, contre les parois- de la maison souterraine, le tombeau 7. Les statuettes comiques faisaient également partie du mobilier des vivants8.
1. Heuzey, Catalogue des figurines du Louvre, p. 58, 159; Figurines du Louvre, texte, p. 15. Cf. Benndorf, Antike Gesichtshelme und Sepulcralmasken, 1878; Stephani, Compte-Rendu p.
1879, p. 15; Lenormant, Gazette des Beaux-Arts, 1879, t. XIX, p. 120; Hoffmann, Arch. Zeit ., 1878, p. 25; Schliemann, Mykenae, p. 257 et suiv.
2. Heuzey, Figurines du Louvre, pl. 13, n° 5, pl. 7, n° 1; texte, p. 15; Catalogue des figurines, p. 233; cf. Gazette archéol, 1877, p. 212. Un masque tenait lieu, à Athènes, d’une idole de Dionysos (Athénée, xu, p. 533; cf. Pausanias, n, 11, 3.)
3. Oscilla, cdùpa.. Cf. Virgile, Georg., ii, v. 387 ( oscilla ex alta suspendunt mollia pinu.) Les oscilla, qui sont à l’origine des poupées, ont été confondus plus tard avec les masques. Voy. Boetticher, Baumkultus der Hellenen und Ruiner, p. 80-92; Jahn, Archàol. Beitraege, p. 324; Annali dell' Inst., 1860, p. 8; Albert, Revue Archéol., 1881, n, p. 129 et suiv., pl. 16-19.
4. Sur les figurines grotesques que les forgerons et autres artisans suspendaient pour écarter les sortilèges, cf. Pollux, Onomast., vu, 108'(7rpo As zù-j xapuvwv -oî; -/al/.süG-ij sOot; vîv ysloïd zi'jv. ■AKTO’.pzâ.'j à ènnzkdzzeiv, h ri yôovoo knozpoirrj) et Bekker, Anecdota, p. 30, 5. Le prêtre arcadien se couvrait du masque de la Déméter Kidaria pour « fustiger les êtres souterrains, » c’est-à-dire détourner les maléfices des morts (Pausanias, vin, 16, 3; Ifeuze.y, Figurines du Louvre, texte, p. 11.) Le caractère à la fois décoratif et prophylactique des masques a été étudié par Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1866, p. 71 et suiv.; cf. Pottier, Quam ob causant, etc., p. 37; Clarac, Musée de sculpt., t. Il, 1, p. 422; Dütschke, Jahrbücher der Altertumsfr., t. lxxviii, p. 127.
5. On en a môme trouvé à Pompéi employés comme antéfixes pour terminer une rangée de tuiles. Cf. Roliden, Terracotten von Pompeji, p. 3, 13, 14, 22, 24, 33 et pl. ix, n° 1; Cartault, Collection Lecuyer, notice de la pl. D2; Pottier, Quam ob causam, etc., p. 71. Les masques sont extrêmement fréquents à Pompéi comme motifs de décoration (Helbig, Wandgemàlde, n0s 1728-1756; Zahn, Die schônsten Ornamente, pl. 86; Niccolini, Descr. generale, pl. 67; Albert, Rev. Archéol, 1881, ii, p.92 et suiv.; 129 et suiv., Robert, Arch. Zeit., 1878, p. 13-24, pl. 3-5.