‹ La nécropole de MyrinaChapitre 433 sur 488 · Cf. Pottier, Quam ob causam, etc., p · texte numérisé non relu

Cf. Pottier, Quam ob causam, etc., p

5° L’« esprit d’euphémisme » portait les Grecs « à égayer la solitude du tombeau et à déguiser la laideur de la mort sous de riants symboles l... Les anciens, qui faisaient parader des mimes et des bouffons jusque dans le cortège des grandes funérailles, considéraient le rire et même l'obscénité comme des dérivatifs aux influences funestes qui entourent la mort 2. » 6° L’art grec ayant représenté de bonne heure des sujets comiques ou grotesques, les statuettes destinées à provoquer le rire pouvaient, au même titre que les autres, être offertes aux morts comme des ex-voto 3.

Telles sont les causes qui ont pu contribuer à la naissance d’un usage que la vogue des représentations dramatiques, d’une part, et de l’autre le goût de l’art alexandrin pour les types populaires 4 eut naturellement pour effet de développer.

1. Acteur marchant à droite. — Yoy. Catalogue , n° 32i 5. Cette statuette, comme le n° 4 de la même planche, soulève une question assez difficile. Le geste du personnage prouve évidemment qu’il s’agit d’un acteur; il porte d’ailleurs la perruque, cretpiv/i rpr/wv, dont le caractère postiche est bien indiqué. Mais sa figure ne paraît pas recouverte d’un masque; elle est simplement barbouillée de rouge, suivant l’ancien usage des fêtes dionysiaques G. Dans une peinture de Pompéi où figurent trois acteurs7, deux seulement sont masqués, tandis que le troisième, une femme, semble jouer à visage découvert. On peut encore rapprocher de notre terre cuite une figurine de la collection Gréau 8, que M. Froebner, sans doute embarrassé par

L Ileuzey, Figurines du Louvre, texte, p. 16.

2. Ileuzey, l. c., p. 29. Cf. ibid., p. 22 : « Les sujets franchement grotesques avaient un autre but : c’était de rompre, parla puissance du rire, l'horreur néfaste du tombeau. » Voy. aussi Rayet, Monuments de l’art antique, notice de la pl. 86. Il y a là, en réalité, deux théories : d’après l’une, on veut protéger le mort (c’est notre 3°) ; d’après l’autre, on veut encore l’amuser. M. Stephani, comme M. Ileuzey, a donné à la fois les deux explications (Compte-Rendu p. 1866, p. 71-74; ibid., 1866, p. 193; 1869, p. 9-10, 148-149.) Il ne nous semble pas qu’elles se contredisent. Cf. Poltier, Quam ob causam, etc., p. 37.

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