‹ La nécropole de MyrinaChapitre 449 sur 488 · Pline, Hist. Nat., xxxv, 140; Overbeck, op. L, n · texte numérisé non relu

Pline, Hist. Nat., xxxv, 140; Overbeck, op. L, n

caricature dans l’art grec se réduisent à bien peu de chose. C’est qu’en effet il n’est pas probable que la sculpture ni la grande peinture, celles qui ont produit les œuvres célèbres dont les compilateurs anciens nous ont gardé la description, l’aient jamais pratiquée1 2. C’est à des arts inférieurs, aux arts industriels, qu’elle était réservée et ceux-là en ont tiré les effets les plus imprévus et les plus drolatiques, avec une richesse d’imagination que rien n’épuise, avec une justesse d’observation à laquelle rien n’échappe.

Dans la peinture de vases on saisit, dès une époque assez ancienne, une tentative des artistes pour donner aux figures une apparence burlesque : les comédies et les drames satyriques étaient une source intarissable de modèles en ce genre. Cependant ces essais sont encore très timides et apparaissent rarement sur les vases à figures noires J : tout au plus donne-t-on aux personnages une attitude de danse ou des gestes burlesques qui trahissent l’influence des chœurs comiques et satyriques 3, mais les traits du visage, à moins qu’ils ne représentent des Satyres, ne sont pas en général déformés. Sur les vases à figures rouges de style encore sévère, une intention manifeste de caricature apparait dans les personnages qui appartiennent aux races étrangères et dont l’artiste veut ridiculiser les mésaventures : tels sont les serviteurs du roi égyptien Busiris qui, chargés d’immoler

1. Voici ce que dit M. Perrot, op. I., p. 31 : • La statuaire proprement dite, celle qui employait le marbre et le bronze pour produire des figures de grandeur naturelle, n’a jamais cherché, chez les Grecs, à provoquer le rire par la reproduction volontaire de la laideur et de la difformité. Il en a certainement été de même pour la peinture à fresque qui décorait les parois des palais et des portiques, ainsique pour les grands tableaux de chevalet. Il y a quelque chose de bizarre et de choquant dans l’idée d’épuiser, pour imiter la laideur, toutes les finesses d’un dessin et d’un modèle savant, toute cette habileté que l’artiste a conquise au prix d’un long et opiniâtre labeur. Aussi, chez les modernes comme chez les anciens, la caricature peinte, la caricature traitée comme un tableau, n’a-t-elle jamais eu de succès; elle a toujours paru déplaisante. »

2. Panofka, op. L, a soutenu une thèse très exagérée en attribuant une intention comique à des peintures archaïques comme la célèbre coupe d’Arcésilas et celle de Polyphème aveuglé par Ulysse (toutes deux au Cabinet des Médailles de Paris); ce sont des œuvres naïves, qui nous paraissent plaisantes actuellement, mais qui sont certainement exécutées avec sérieux. La juste mesure, à propos des œuvres de cette époque, a été indiquée par M. Saglio, Gazette Archéologique, 1887, p. 5.

3. Voy. une nombreuse série de représentations de ce genre sur les vases de type corinthien, cyrénéen et attique; Dumont et Chaplain, Céramiques de la Grèce propre, p. 239, 240 et note 1,237, 307, 333 et note 1. Voy. une représentation des compagnons d’Ulysse qui crèvent l’œil du Cyclope en dansant, Monumenti dell’ Inst., 1878, t. X, pi. 53, n° 2.

DESCRIPTION DES PLANCHES

Hercule devant un autel, sont saisis et massacrés par lui b Les figures effarées et grotesques de ces malheureux forment un amusant contraste avec la tranquille et invincible force du héros grec ; le type africain est poussé franchement à la caricature; le nez est écrasé, la bouche lippue, le crâne chauve; le développement de l’aîSotov rappelle aussi un des accessoires particuliers du costume des acteurs grecs. La légende d’Hercule, qui a si largement défrayé la comédie du ve siècle, a plus que toute autre inspiré la verve des peintres de vases , comme le prouve une série nombreuse de monuments qui sont pour la plupart antérieurs à Alexandre. Il faut citer en première ligne un groupe d’amphores à figures rouges2, qui a été l'objet d’une intéressante étude de M. Cecil Smith 5 : elles représentent un épisode de la vie d’Hercule dont les auteurs, à notre connaissance, n’ont pas fait mention, sa lutte avec Géras, personnification de la vieillesse sous les traits d’un petit homme nu, chauve, d’une maigreur excessive et au visage grotesque, qui étend vers le héros menaçant une main suppliante b Remarquons qu’ Aristophane avait fait une comédie intitulée Géras 5 ; il n’est pas impossible qu’il ait donné une physionomie de ce genre , à la hideuse vieillesse dont il voulait sans doute stigmatiser les ridicules et les vices. L’aventure d’Hercule avec les Pygmées est encore un motif qui avait dû fournir à la peinture des effets risibles6. Enfin nous avons la preuve que l’esprit moqueur des

Dumont et Chaplain, op. pi. xvm. Comparez un vase de Céré à figures noires, au Musée de Vienne, dans lequel la même intention est visible; Monumenti dell’ Inst., 1865, pl. 16.

2. Le vase que M. Lœsclicke a décrit dans ÏArch. Zeitung, 1881, p. 40, note 32, est donné par erreur comme décoré de figures noires. M. C. Smith dit qu’on en a perdu les traces (. Journal of hell. studies , 1883, p. 105, note 1.) Il est actuellement au Musée du Louvre (n° d’inventaire MNC 193) et porte encore inscrit au crayon sur le pied la mention : Doria.

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