De nat. anim., vi
se mirent alors à jouer ensemble; parfois ils luttaient de vitesse à la nage , parfois l’épbèbe montait sur le dauphin comme un cavalier sur son cheval h II y a là deux scènes distinctes, dont la seconde est figurée sur la plupart des monnaies d’Iasos, tandis que la première, qui se retrouve sur d’autres monnaies plus rares, fait le sujet de notre bronze. Elien, poursuivant son histoire, raconte que le jeune homme, s’étant blessé en se liissantsurle dauphin, celui-ci le ramena expirant au rivage et se laissa mourir sur le sahle à ses côtés. Les habitants d’Iasos, en souvenir de cette amitié touchante, élevèrent un tombeau commun à l’éphèbe. et au dauphin et le surmontèrent d’une stèle décorée d’un bas-relief1 2. Ce bas-relief funéraire paraît avoir été le prototype de la classe de monnaies la plus nombreuse3 4; les autres, ainsi que notre bronze, dérivent d’une œuvre d’art différente, représentant les premiers ébats de l’éphèbe avec le dauphin et le commencement de leur amitié. La présence des ailes sur notre applique n’a rien de surprenant, puisque le jeune homme d’Iasos était héroïsé. Il est probable d’ailleurs qu’elles existaient dans l’oeuvre originale, car elles ajoutent beaucoup à l'élégance de la composition, en rétablissant l’horizontalité des lignes extrêmes entre lesquelles se croisent, avec une grâce charmante, les corps onduleux de l’éphèbe et du dauphin.
Cicéron raconte que Verrès, passant près de la ville d’Haluntium, se fit apporter l’argenterie des habitants et s’appropria les reliefs ou les ornements, crustœ aut emblemata , des vases qu’il trouvait à sa convenance h Les emblemata sont les ornements massifs et fondus d’une seule pièce, formant de véritables statuettes ou des groupes,
1 . ’ASûpetv yoùv y.sr' ùn'opÇv.vro, xcù nij pc'sv yjpOYxcSvjv ■jzot.pxvti'you.évca ri voà splÇo/TS, Trfj
os 6 tcc/ùç «vccêatvwv wç ni îi).ov Ittkotï};. . . ytxvpo; èfépsro.
2. l'üen, loc. laud. : C'.y.zièog.cVCii â'z ’la<7sïç rriv <pù. tav iy.zîvwii rflv t cryypv.'J, cazzipyitoiv rà’fov xotvôv '■ipv.io'j [j.sipu.y.io\j y. ai (?î),yïvGç èpoiTiy.oO y.cd <7rvj).ïjv ÏT.irJ~'r,nc/.'j . Ka).oç 7r«tç imzzoMV Itt t oslipl/o^ ev.
3. mien. De nat. anim., \i, 15, à la fin: xai vô[Mcypcc/. Sï upyùpov y.cd yxlxoü eipycco-xvro /.où i Ji'it ’/.z'/.j 'Jou.iïv/ ri c/.y.yocj 77 c/.Ociç, xcà p./riyp na.péoo<7(z.v spyov roi toloûtov Osoô zig.ùvTZç, oi zxzïSi.
Un fin de la phrase paraît altérée. Cl. Plutarque, De sol. anim., 36. Kcù roô % ecGovç iidcrny-ov I '/'jijoc zi yc/.payu.u roü voutir/xarôç èor t, tcc/.lç inc'sp de/yïvoç 6yoûp.svo<;. Pollux (ix, 6, 984) nf' -lc aussi que les monnaies d’Iasos portaient un éphèbe sur un dauphin, ncàdv. §s\<pïvi ■ -■oyr/jywj. Kuhn, dans son commentaire sur ce passage, a réuni les textes relatifs au dauphin d’Iasos.
4. Cicéron, De signis, xxm, 5*2. Cf. ibid., xxi, 46; xxn, 48, 49.
DESCRIPTION DES PLANCHES
comme la figurine reproduite sur la pl. xlix; notre applique appartient à la classe des crustæ, où il semble naturel de reconnaître des lames minces de métal repoussées ou estampées, adhérant au moyen d’une légère soudure à la paroi du vase1.