‹ La nécropole de MyrinaChapitre 472 sur 488 · Ramsay, Journal of hellenic studies, 1881, p · texte numérisé non relu

Ramsay, Journal of hellenic studies, 1881, p

DESCRIPTION DES PLANCHES

» L’intérêt de ce vase, si grossière qu’en fût l’exécution, n’avait pas échappé à M. Ramsay. Dans le paragraphe qu’il lui consacre, il reconnaît qu’il faut y voir un produit de la plus ancienne céramique de la contrée S où ne se manifestent encore que les traditions d’un art indigène, analogue à celui que nous font connaître les sculptures taillées dans la roche vive ou sur des blocs gigantesques, comme il s’en trouve un peu partout dans la région centrale de l’Asie-Mineure, et même en quelques points, à Claros par exemple, jusque sur le rivage de la mer Egée.

» Revenons maintenant au vase de MM. Pottier et Reinach; évidemment c’est entre le vase du British Muséum et celui de Saint- Pétersbourg qu’il vient se placer 2; du premier il conserve la disposition de la tête en médaillon 3 et la couleur brun rouge de la peinture ; mais il a du second les ornements de style mixte répandus à profusion autour du motif principal : le buste d’un homme tourné vers la droite et levant les deux bras, dans une attitude qui, chez certains peuples de l’Asie-Mineure, était celle de la prière 4. Les zones de méandres placées au-dessus et au-devant de ce médaillon, les rangées montantes du même ornement qui l’encadrent, les svastikas, les carrés et les espèces d'astres rayonnants semés dans le champ sont, dans ce vase comme dans ceux des iles, la part de la décoration géométrique, tandis que la tête même de l’homme, avec son nez busqué, son crâne allongé, les yeux en amandes 5 a un caractère asiatique très

1. [Je dais dire qu’après avoir examiné récemment ce vase au British Muséum, j’ai modifié complètement l’opinion que j’en avais après avoir vu, comme M. Bayet, la simple reproduction de M. Ramsay. La couleur de l’argile est gris sale et donne à la poterie un air de parenté avec les vases chypriotes. Les couleurs d’applique sont ternes; rien n’y rappelle les couleurs claires et gaies que M. Rayet constate sur cette série de vases dont les produits rhodiens sont les plus intéressants spécimens. Je pense actuellement que ce vase est beaucoup moins ancien que l’ænochoé de Plianagoria et que c’est une œuvre d’archaïsme décadent. Voy. l’opinion de M. C. Smith dans ses Early paintings of Asia Minor, Journal of hell. stud., 1885, p. 182, note 1.]

2. J’ai déjà traité la question aux pages 44, 43, 46, d’une histoire de la Céramique grecque, étrusque et romain ;, qui est en cours d’impression. [Cet ouvrage, laissé inachevé par l’auteur, doit être continué et publié par les soins de M. Collignon.]

3. [Sur ce point, voy. C. Smith, l. c., p. 189; cf. le sarcophage peint de Clazomèno, Honumenti dell’ Inst., xi (1883), pl. 53 et Journal of hell. studios, 1883, p. 11, fig. 12.]

4. [La représentation de la main élevée et ouverte, la paume en dehors, est très fréquente sur les ex-voto puniques; voy. Perrot et Chipiez, Hist. de l'art, m, p. 437, 438; Duruy, Hist. des Romains, i, p. 432; cf. Corp. inscr. græc., n° 6845.]

5. [Comparez les figures représentées sur une œnochoé attique de style très ancien, Jahrbuch

prononcé. L’ornementation du côté opposé est une fleur de lotus (fig. 56).

Fig. 56.

» Nous devons donc à MM. Pottier et Reinach le troisième monument d’une série 1 dont nous discernons déjà avec sûreté les caractères distinctifs. Espérons que maintenant les œuvres de la céramique la plus ancienne du littoral de l’Asie-Mineure seront recueillies avec soin et deviendront assez nombreuses pour qu’il soit possible d’en entreprendre une étude méthodique et d’en tenter une classification vraiment scientifique. Pour le moment, elles sont si rares que beaucoup de réserve est encore nécessaire. Il suffit d’appeler sur cette classe toute nouvelle de monuments l’attention des explorateurs. »

o. RAYET.

Pour compléter cette notice, nous publions en gravure deux spécimens de poteries archaïques qui ont été recueillies, depuis notre départ, par M. Démosthènes Baltazzi aux environs de Pitane 2, sur

des dent. Inst., 18ST, p. 46, fig. 6, 7. Sur la forme de la barbiche en pointe, voy. Dumont, op. I., p. 324; lïelbig, Das homerische Epos, p. 174, 175.]

1. [Celte série s’est considérablement accrue depuis la rédaction de la présente notice; cf. Dumont, op. L, p. 220, note 3; C. Smith, art. cité. Pour la comparaison avec les vases archaïques d’Athènes, voy. Boehlau, Jahrbuch des deut. Inst., 1887, p. 47, 61. Déjà O. Jahn, Vascnsammlung zu München, Introduction, p. xxvn, avait signalé l'existence de poteries d’un style très ancien Irouvées à Xanthos et à Smyrne; ces dernières sont au Musée de Leyde.]

2. Sur ces fouilles dans la nécropole de Pitane, cf. Revue Archéol., 1883, n, p. 122.

DESCRIPTION DES PLANCHES

la côte septentrionale du golfe de Tchandarly (voy. la carte, pl. i). Le premier (fig. 57) 1 est un fragment de grand vase, probablement

Fig. 57.

analogue à l’amphore précédente. Le bouquetin et les ornements semés dans le champ, le fond clair de l’argile, la technique des couleurs et le style le font reconnaître comme un produit apparenté à la fabrique rhodienne 2, peut-être même comme un objet exporté de la grande île commerçante.

Le second (fig. 58) est un aryballe de style corinthien avec la zone de guerriers marchant et couverts par leurs grands boucliers ronds qu’on voit sur

des spécimens tout à fait pareils, trouvés en Grèce même 3.

1. Nous avons fait graver ces deux bois d’après les calques envoyés par M. Baltazzi. Les hachures dans la fig. 57 indiquent des appliques de couleur rouge et jaunâtre sur le corps du bouquetin, sur ses cornes et sur les ornements placés dans le champ. L'aryballe (fig. 58) est d’un argile bistre clair avec des appliques de couleur brun rouge très foncée; des cercles blancs et des points blancs décorent les boucliers.

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