Carlault, Collection Lecuyer, pi. G
5. Sur l’identification de Cymé et de Namourt, voy. plus haut, p. 29 et suiv.
4. L’étiquette Cymé placée sur des figurines dans diverses collections n’a le plus souvent aucune autorité, les terres cuites de Myrina et d’autres nécropoles asiatiques ayant été vendues jusqu’en 1881 comme provenant de Cymé, de Pliocée ou d’Éphèse. Lenormant a dressé en 1879 la liste des statuettes que l’on attribuait alors à Cymé [Gazette archéologique,
1879, p. 189-192.) M. Épaminondas de Baltazzi, qui a fouillé à Cymé en 1874, m’apprend qu’on y a surtout découvert des verreries, dont quelques-unes sont au Musée de l’École évangélique à Smyrne; les statuettes, peu nombreuses, avaient une apparence hiératique; elles étaient souvent ornées de coiffures et de diadèmes très élevés; il y avait des masques comiques, mais les figures de danseurs et de danseuses, si fréquentes à Myrina, faisaient absolument défaut. Il faut nous contenter de ces renseignements un peu vagues, puisque l’emplacement de Cymé, entièrement planté de vignes, semble aujourd’hui perdu pour l'archéologie.
aient aperçu devant eux une grande pierre meulière inclinée ; en dégageant la terre à l’entour, je réussis à faire soulever la pierre par six hommes et pus alors jeter un regard sur l’intérieur de ce tombeau, à moitié rempli d’une eau limpide, infiltrée des marécages voisins par les fissures des pierres. Le coup d’œil était fort intéressant, car l’on voyait laplupartdes grands objets disposés dans le tombeau presque vide et la pureté de l’eau permettait d’en noter la situation. Une grande cruche avec anse, d’un modèle commun en Cyrénaïque, autrefois ornée de peintures presque effacées par l’eau, flottait à la surface; dans un coin, à gauche, on voyait une lampe, puis deux cruches et des fragments de strigiles placés autour d’elles. Le lendemain, je fis apporter des seaux et, en formant la chaîne, on put vider le tombeau aux trois quarts avant de descendre pour y fouiller. Malheureusement, quelques minutes après, l’eau, qui suintait à travers les fissures, avait presque retrouvé son niveau et l’exploration de la tombe , dont le fond était formé d’une couche de vase accrue par la fouille, devenait par là très pénible. Après la fin de mes travaux à Cymé, ce caveau a encore été fouillé deux fois; on y a trouvé une petite boucle d’oreille en or, quelques pots communs et un petit fragment de terre cuite. Malgré sa beauté et ses dimensions exceptionnelles, il présente en somme les mêmes caractères que les autres sépultures de la nécropole : les poteries et les verreries y prédominent ; les belles terres cuites du genre do celles de Myrina font défaut h
La tète d’Héraklès, qui est seule arrivée au Louvre, est d’une terre
\ . Voici le relevé des objets découverts dans ce tombeau : un grand nombre d’ossements, surtout des mâchoires; un petit bronze autonome de Cymé; la tête d’Héraklès; un aryballe intact en porcelaine dite de Rhodes; un grand fragment d’un autre vase du même style; 105 pots communs et bouteilles intacts ou brisés ; une grande figurine en terre cuite, représentant uu cphèbe ailé appuyé sur un bouclier; un grand miroir en bronze orné de cercles concentriques; des fragments d’un grand vase en bronze; une fiole de verre intacte; un grand pot orné de guirlandes; un autre orné de fleurs ciselées; une coupe de verre surmontée d’une soucoupe soudée à la coupe avec de la cire; un osselet en terre cuite; deux bracelets d’argent; 'Lux poinçons de bronze; de nombreux fragments de strigiles, quelques-uns avec des verres de couleur incrustés dans le manche; 147 verres de couleur ronds ou ovales imitant des 1 '■ maraudes, des saphirs, des améthystes, des grenats (peut-être des jetons de jeux); deux • • ''•! s en verre de couleur émeraude; de petites paillettes d’or; beaucoup de menus objets
a bronze, anneaux, pointes, etc. ; deux lampes enterre cuite (objetsjtrès rares a Myrina),
I une portant un aigle en relief, l’autre des ornements divers.
DESCRIPTION DES PLANCHES
noire, dure, d’un grain extrêmement fin qui offre presque l’apparence du jayet. Elle forme une boîte creuse qui s’ouvre par un petit clapet glissant à coulisse ; à l’intérieur étaient renfermés dix petits osselets en terre noire très dure et d’apparence vitrifiée. Le type d’Héraklès est barbu, avec des cheveux crépus et courts; on peut le rapprocher d’une tête en bronze du cabinet de Vienne, qui paraît copiée sur le même modèle l.
Nous ne connaissons aucun autre exemple d’une tête en terre cuite ayant servi de boîte à osselets et s’ouvrant par un tiroir ; mais on peut citer quelques dispositions analogues. Il y a d’abord la série des vases en forme de têtes, dont les spécimens en terre cuite et en bronze sont fort nombreux 2. Plusieurs de ces têtes en bronze s’ouvrent par le haut au moyen d’un couvercle mobile ; on y a généralement reconnu des vases à encens. D’autres fois, les vases récipients affectent la forme de figurines entières 3. Le Musée do Saint- Germain possède une statuette gallo-romaine en bronze représentant la Fortune ; une fente verticale entre les genoux donne accès à l’intérieur, qui est creux et a dû servir de tirelire 4. On a signalé différents récipients monétaires du même genre; l’un d’eux, trouvé à Rome, est orné d’un buste d’Héraklès 5. Une analogie plus directe est fournie par une tête d’esclave en bronze du cabinet de Arienne G, dont le revers offre un clapet avec tiroir identique à celui de la terre cuite
1. Sacken, Antike Bronzen, pl. xl, n» H. Une autre tète analogue, mais en haut relief, se trouve sur un poids en bronze d’Héraclée Pontique ( Monumenti delï Instit., 1855, pl. i.) M. Paris a signalé, dans la collection des terres cuites de la société archéologique d’Athènes, une tète d’Héraklès barbu aux cheveux ébouriffés et ceints d’une bandelette, en terre noire comme la nôtre. La provenance est inconnue, probablement égyptienne (collection Joannis Dimitriou, n° 781 du catalogue inédit de M. Paris.)
2. Pour les vases en argile, cf. Treu, Griechische Thongefàsse in Statuetten und Büstenformen, Winckelmannsprogramm, Berlin, 1875. Pour les bronzes, cf. Sacken, Antike Bronzen, pl. xvm, 9, xxxix, 11; Friederichs, Kl. Kunst u. lnd., Gercithe und Bronzen, nos 1562-1566; Longpérier, Notice sur les bronzes du Louvre , nos 240, 241, 257, 295, 296, 297, 626, 627, 628, 629, 631; Iîrunn, Bullettino dell’ Inst., 1858, p. 159; Monumenti, t. VIII, pl. xii, 2; Annali, 1864, p. 377 ; Gazette Archéologique, 1879, pl. 13, p. 84; Collection Dutuit, 1879, pl. 12; Collection Pourtalès, n03 722, 723, 777-781 ; Bevue Archéol., 1886, I, p. 79; Collection Gréau, (bronzes), nos 386-391, etc.