Lenormant désignait ainsi A. de Longpérier
2. F. Lenormant (Liénard), dans la Gazette archéologique, 1879, p. 189-192.
8 Havel, l'Art grec au Trocadéro, dans les Beaux-Arts et les Arts décoratifs à l’Exposition universelle, 1879, l. I, p. 92 cl suiv. ( Gazette des Beaux-Arts, septembre 1878, p. 362).
» Catalogue 'le la Collection d’antiquités grecques de M. 0. Bayet, Paris, 1879, p. 30.
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dont les produits ont été jusqu’à ce jour retrouvés en plus grand nombre sont :
1° La fabrique de Pergame : la terre est grisâtre avec un noyau noir, très cuite, très dure, un peu poussiéreuse à la surface. Les figurines sont peintes, et la dorure n’y apparaît que rarement et comme accessoire.
2° La fabrique de Cymé : la terre est un peu plus rouge et plus légère que celle de Pergame; les figurines, peintes et sans dorure, sont presque toujours moulées négligemment; elles sont le plus souvent recouvertes d’une incrustation très mince, mais très dure.
3° La fabrique de Smyrne : la terre est rougeâtre avec un noyau noir, pailletée de parcelles de mica, bien cuite, mais friable. Les figurines sont de formes très élancées et paraissent souvent être des surmoulages de petits bronzes ou des copies de statues, surtout de l’école de Lysippe; les types d’Hercule, d’Éros et d’Aphrodite prédominent. Après la cuisson, les figurines ont été enduites d’une couche de jaune brun, plus rarement de rouge, sur laquelle une dorure a été appliquée au moyen d’un vigoureux frottis (Voir les lexicographes aux mots ypk6'o<x<Ÿ% et ^o^oodroiva.)
Les terres cuites d’Éphèse et de Magnésie du Méandre 1 ressemblent pour la matière et le caractère d’art à celles de Smyrne. On en a trouvé aussi à Milet et à Mylasa, mais en petit nombre, et je ne saurais préciser le caractère de ces fabriques.
De toutes les terres cuites asiatiques, les’seules qui puissent être discutées sont celles que, d’après les renseignements que j’ai pu recueillir, il faudrait attribuer à la fabrique de Smyrne et que d’autres croient provenir d’Éphèse. Je n’ai pas vu la moitié de celles qui ont été portées à Paris... Je ne saurais donc parler de toutes, et je ne puis exprimer de jugement que sur les quinze ou vingt que j’ai pu voir d’un peu plus près. Parmi celles-là, il y en avait une fausse, du reste très reconnaissable; quant aux autres, je crois à leur authenticité. »
Parmi les vingt-neuf figurines qui faisaient partie de la collection de M. Rayet, et qu’il attribuait à l’Asie-Mineure, il en est une (n° 122) qu’il accompagne de la mention : « Provenance incertaine. L’objet est venu par Smyrne, et la terre ressemble assez à
1. M. Rayet devait avoir vu des spécimens de ces dernières terres cuites, mais aucune, à notre connaissance, n’a encore été publiée avec cette indication de provenance. Il nous écrivait le 7 novembre 1880 : « Voyez donc s’il ne serait pas possible de fouiller dans la propriété du Tekké, près de Baladjik, sur le chemin de fer d’Aïdin. Cette propriété comprend tout l’emplacement de Magnésie du Méandre. Il y a là des tombeaux contenant des terres cuites et un ensemble de ruines très considérable. La nécropole est sur les hauteurs et pourrait être explorée en tout temps. »
celle de Cymé. » La signature MAIKTO(T), que M. Rayet a déchiffrée sur le revers, s’est retrouvée sur deux figurines de Myrina il est donc très vraisemblable que cette statuette est du nombre de celles qui ont été exhumées vers 1875 par les fouilles clandestines des paysans de Kalabassary.
Une circonstance fortuite allait trancher le débat qui s’agitait au sujet des terres cuites d’Asie-Mineure. Un antiquaire de Paris, M. Hoffmann, s’était rendu acquéreur d’un lot de figurines asiatiques sur lesquelles pesait, aux yeux des amateurs, la condamnation plus ou moins formelle de certains archéologues. Ce qui manquait le plus, comme l’avait fait observer Lenormant, c’étaient quelques spécimens bien authentiques et présentés, par un témoin digne de foi, avec l'indication exacte de leur provenance. M. Hoffmann, désireux de tirer la chose au clair, s’adressa à M. Waddington, qui était alors président du Conseil et ministre des affaires étrangères. M. Waddington se trouvait être, depuis quelque temps, en relations indirectes avec M. Aristide Bey Baltazzi de Constantinople, le possesseur du domaine d’Ali-Aga. Sur la demande du ministre, M. Baltazzi envoya à Paris quelques-unes des figurines de Myrina provenant des premières fouilles et qu’il avait heureusement transportées à Constantinople avant le vol de la collection d’Ali-Aga. Dans son bel ouvrage sur les Terres cuites d Asie- Mineure, où il a fait connaître pour la première fois une série considérable de statuettes asiatiques, M. Froehner a publié les figurines appartenant à M. Waddington avec la mention de leur provenance exacte, Myrina 1 2.
« L'an dernier, écrit-il, pour sortir de l’incertitude où l’on était au sujet de l'origine précise de nos terres cuites, un de mes amis eut recours aux bons offices de M. Waddington... M. Waddington, que la vie politique n’avait pas distrait des choses de la science, prit un vif intérêt à la question, car l’Asie- Mineuro est son domaine propre. 11 réussit à obtenir des renseignements sûrs et de la meilleure source. Si nous sommes à même de soulever un coin du
1 Voir a la fin notre Catalogue des figurines de Myrina au Musée du Louvre, nos 82, 83.
2 Froehner, Turcs cuites d’Asie-Mineure, Paris, 1879-1881, p. 39, p], 17, 24, 27, 38.
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voile et d’apprécier toute une série de figurines trouvée à Myrina, c’est grâce à cette haute intervention h »
Cette intervention eut encore un autre résultat, dont la science, l’Ecole d’Athènes et le Musée du Louvre étaient appelés à profiter. Heureux de l’intérêt que les figurines envoyées par lui inspiraient à M. Waddington, M. Aristide Bey Baltazzi eut la généreuse pensée de déclarer à M. Fournier, alors ambassadeur de France à Constantinople, qu’il accorderait volontiers à des envoyés du gouvernement français le droit d’explorer la nécropole de Myrina. Cette proposition fut transmise à M. Waddington, puis au Ministre de l’Instruction Publique et au directeur de l’École Française d’Athènes, M. Foucart. L’École sollicita et obtint du gouvernement turc la permission de pratiquer des fouilles pendant un an sur toute l’étendue du domaine d’Ali-Aga, comprenant le territoire de Myrina et une partie, malheureusement plantée de vignes, de l’emplacement de Cymé.
Chargés par M. Foucart de commencer les travaux, nous arrivâmes à Smyrne au commencement du mois de juillet 1880. M. Aristide Bey Baltazzi voulut bien mettre à notre disposition son château d’Ali-Aga, situé à cinq kilomètres de la nécropole, et vint exprès de" Constantinople pour y faciliter notre installation. Son frère, M. Démosthènes Baltazzi, aujourd’hui inspecteur des antiquités en Asie-Mineure , était nommé commissaire du gouvernement ottoman pour la surveillance des fouilles. Pendant deux ans, M. Démosthènes Baltazzi s’est acquitté de ces délicates fonctions avec une bienveillance et un esprit d’équité qui facilitèrent singulièrement notre tâche; nous sommes heureux de lui renouveler ici l’expression de notre reconnaissance.
L M. Baltazzi et plusieurs antiquaires de Smyrne et d’Athènes croyaient encore, à cette époque, que la nécropole de Kalabassary était située sur l’emplacement de Grynium. De là, dans l’ouvrage de M. Froehner, l’attribution de la provenance de Grynium à certaines figurines qui viennent probablement de Myrina (pl. 19, p. 44; pl. 35; pl. 37, 39, 40, p. 58). Pour une autre statuette, qui est évidemment myrinéenne, M. Froehner indique comme provenance « une nécropole des environs de Phocée. » (PL 6, p. 20.) Ailleurs, il attribue à la nécropole de Cymé « plusieurs figures d’amours combattant des fauves », qui paraissent avoir été trouvées à Myrina, où nous en avons recueilli d’identiques (p. 43). Voir à la fin notre Catalogue des figurines du Musée du Louvre, n° HO.
La première campagne de fouilles, qui donna dès le début d’excellents résultats, dura sans interruption depuis le 10 juillet jusqu’à la fin de septembre. Vers le milieu du mois d’août, M. Reinacb dut quitter Ali-Aga; M. Pottier continua les recherches pendant six semaines et put faire transporter à Smyrne, où ils devaient être l’objet d’un premier partage, quinze cents objets, terres cuites, vases, verreries, etc., que l’on avait recueillis en moins de trois mois. Les recherches archéologiques dans l’empire ottoman étaient alors régies par le décret du 24 mars 1874, au terme duquel un tiers des trouvailles appartenait aux explorateurs, un tiers au gouvernement et un tiers au propriétaire du terrain. Le partage des antiquités trouvées à Myrina fut opéré à Smyrne, sous la présidence de Midhat Pacha, gouverneur du vilayet d’Aïdin. M. Aristide Baltazzi abandonna généreusement au gouvernement français le tiers qui lui revenait de droit; il demanda en même temps que le firman, accordé à l’Ecole Française pour pratiquer les fouilles, fût prorogé d’une année. Ces marques de bienveillance et de désintéressement ne devaient pas être les dernières. Élevé en France comme ses frères, plein de reconnaissance et de dévouement pour notre pays, M. Aristide Baltazzi s’est conduit dans ces circonstances avec une libéralité qui l’honore, et son nom, inscrit dans les vitrines de Myrina au Musée du Louvre, restera parmi ceux des bienfaiteurs les plus éclairés de nos collections nationales.
Les deux tiers des objets découverts à Myrina arrivèrent dans les premiers jours d’octobre 1880 à l’École Française d’Athènes, où l'on s’occupa de classer les figurines et de recoller celles qui étaient encore en morceaux. Dans les restaurations, du reste peu nombreuses, dont elles ont été l’objet, on s’est toujours astreint à ne rétablir que ce qui était rigoureusement indispensable à l’équilibre et à la cohésion des statuettes. Un grand nombre de figurines ayant été brisées dès l’antiquité et ensevelies à l’état de fragments, il a fallu parfois ajouter certaines parties afin de pouvoir utiliser tous les morceaux recueillis; mais on a eu soin de con- -'•r\ t à ces restaurations la teinte naturelle du plâtre mêlé de minium, ce qui permet de les reconnaître au premier coup d’œil.
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Pendant les mois de novembre et de décembre 1880, les fouilles furent reprises à Myrina par M. Démosthènes Baltazzi, au nom et aux frais de l’École d’Athènes. M. Reinach vint en prendre la direction à la fin de l’année, et les continua jusqu’au mois de juin 1881. Aux mois de mars et d’avril, il étendit ses recherches à la nécropole voisine de Gymé; malheureusement, la collection formée par lui fut réclamée par le gouvernement ottoman, qui l’a fait placer au Musée de Tchinli-Kiosk à Constantinople, et l’on ne put recouvrer que deux objets de cette provenance, une tête d’Hercule et un masque tragique. En revanche, les fouilles de Myrina avaient donné de très beaux résultats, et M. Aristide Baltazzi déclara une fois de plus qu’il faisait don de sa part à la France. Les objets découverts au cours de cette seconde campagne furent transportés à Smyrne; M. Pottier y rejoignit M. Reinach au mois d’octobre 1881 et surveilla les opérations du nouveau partage, qui eut lieu sous la direction de M. Dutel, vice-consul de France, et d’un délégué du Musée de Tchinli-Kiosk, Kadri-Bey. Comme l’année précédente, les deux tiers de la collection prirent le chemin d’Athènes et furent mis à l’abri dans les vitrines de l’École.
M. Pottier continua les fouilles de Myrina, avec une courte interruption au mois de décembre, depuis le mois d’octobre 1881 jusqu’au mois d’avril de l’année suivante. On ne pouvait procéder à un second partage si peu de temps après le second : les objets découverts furent laissés à Ali-Aga, sous la garde de M. Démosthènes Baltazzi.
La quatrième et dernière campagne de cette féconde exploration, qui semblait ne devoir laisser à tous que d’agréables souvenirs, fut attristée par un malheur imprévu dont l’École Française d’Athènes porte encore le deuil. Alphonse Veyries, membre de première année, avait été désigné par M. Foucart pour présider à la reprise des fouilles. Les recherches qu’il fit pratiquer à Myrina du 11 septembre au 23 octobre 1882 produisirent quelques figurines charmantes qui ont été réunies au Louvre sur un rayon spécial. Le 26 septembre, M. Reinach allait voir M. Yeyries à
Ali-À°'a. H le trouva plein d’ardeur pour sa tâche heureusement commencée; sa santé, jadis chancelante, semblait s’être affermie par l’exercice et le grand air. Il avait eu le bonheur de mettre la main sur quelques-unes des plus intéressantes statuettes qu’aient fournies les fouilles, et ses lettres font foi de la vivacité d’impression, du plaisir artistique et de la joie juvénile qu’il en ressentait. Mais le 24 octobre, M. Veyries, se sentant malade, retourna à Smyrne; le lendemain, il entrait à l’hôpital français. Une fièvre typhoïde se déclara; les symptômes, bénins au début, s’aggravèrent subitement à la fin du mois de novembre. Il mourut le 5 décembre, laissant à tous ceux qui l’ont connu un impérissable souvenir et à la science son beau mémoire sur les Figures criophores dans l'art grec, qu’il venait d’envoyer à l’Académie et qui a été publié l’année suivante dans la Bibliothèque de l’École Française d’Athènes b La mort nous a privés de la part de collaboration qu’il aurait prise à la publication des découvertes de Myrina; mais nous avons voulu du moins que son nom fût inscrit en tête de cet ouvrage, comme un hommage rendu à sa mémoire par notre amitié reconnaissante.
Un dernier partage eut lieu à Smyrne au mois de janvier 1883 et quelques centaines d’objets nouveaux vinrent enrichir la collection de l’École. A ce moment, le permis accordé par le gouvernement turc était expiré. L’Ecole d’Athènes en sollicita le renouvellement par l’entremise de l’ambassade de France à Constantinople; mais le gouvernement turc répondit qu’il ne pouvait pas accorder de firman à cet effet avant la promulgation du règlement sur les antiquités qui était alors en préparation. Ce règlement, publié le 21 février 1884, en remplacement de la loi de 1874, interdit absolument l’exportation des antiquités, et met toutes les dé- P uses des fouilles à la charge des explorateurs sans leur concéder
1 A N ■■ vrirs, Les figures criophores dans l’art grec, l’art gréco-romain et l’art chrétien, 39e 1 ' '' 'jU- ! I i bibliothèque des Écoles Françaises d’Athènes et de Rome, Paris, 1884. En tètede ' A • - .i i - 1 Imme, M. lîaudri I lart, un ami d’enfance de Veyries, lui a consacré une notice I’1 ra i .1 1 i - |ui-, La critique savante s’est associée à nos regrets (Litterarisches Centralblatt, 1. j iir i' i- 1883; Deutsche Littcratur:eitung , 27 décembre 1884; Revue Critique, 1884. n° 38,
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aucun droit de propriété sur les objets découverts. Dans ces conditions, il fut jugé impossible de recommencer les travaux.
Les fouilles étaient donc terminées. M. Foucart, directeur de l’École Française, pensant que les terres cuites de Myrina devaient prendre place dans nos collections nationales, et qu’il était de l’intérêt de la science qu’elles fussent transportées à Paris, pour être plus accessibles aux archéologues et aux artistes, prit l’initiative de demander au Ministre de l’Instruction Publique qu’un choix des plus beaux objets fût mis à la disposition du Musée du Louvre. Le Ministre délégua, pour procéder au triage nécessaire, M. Heuzey, conservateur des antiquités orientales au Musée, que ses attaches avec l’École d’Athènes et ses travaux bien connus sur les terres cuites désignaient tout particulièrement pour une mission de ce genre. M. Heuzey se rendit à Athènes et ramena à Paris plus de six cents terres cuites, bronzes, verreries et objets divers. C’est lui qui a présidé, pendant deux ans, avec un soin minutieux, au montage des antiquités provenant de Myrina et à leur installation dans trois vitrines, qui sont actuellement exposées au Musée du Louvre, dans la salle des terres cuites de la galerie Campana h Un tiers des trouvailles, laissé d’après la loi au gouvernement turc, a été transporté au Musée de Tchinli-Kiosk à Constantinople. Une petite partie de la collection est restée à l’École d’Athènes, qui, après avoir consacré pendant trois ans les modestes ressources dont elle dispose aux fouilles de Myrina et à la première publication des résultats dans le Bulletin de Correspondance Hellénique 1 2, a tenu encore à contribuer, dans la plus large mesure, aux frais du présent ouvrage. Nous remercions ici le directeur de l’École, qui a
1. Pour le travail délicat des réparations et des restaurations qu’on a jugées indispensables, M. Heuzey a tenu à s’entourer des conseils de quelques-uns de nos artistes les plus éminents. En particulier, le beau groupe représentant un homme et une femme assis sur un lit de repos ( Catalogue , n° 268) a été réparé d’après les indications de M. Chapu, statuaire, membre de l’Académie des Beaux-Arts.
2. Bulletin de Correspondance Hellénique , Athènes et Paris, tome V, pl. VI, XIV, XV, XVI; t. VI, p. 197-209; 388-433; 557-580; pl. IV, VI-X, XII-XX; t. VII, p. 81-95; 204-230; 440-447; 493-501; pl. IV, V, VI-XVI; t. VIII, p. 509-514; pl. VII; t. IX, p. 158-160; 165-207; 359-374; 485-493; pl. III-VI, X-XIII, XV. Le tome X, en préparation au moment où nous mettons sous presse, contiendra aussi plusieurs planches et articles relatifs à Myrina.
bien voulu de cette manière faciliter notre tâche et nous donner les moyens de la conduire à bon terme.
Les fouilles de l’École Française d’Athènes, prématurément interrompues, n’ont pas mis fin à l’exploitation de la nécropole de Myrina; commencée longtemps auparavant par les paysans et les marchands d'antiquités, elle a été continuée après notre départ, en partie au nom du Musée de Constantinople, et ne paraît pas encore terminée à l’heure où nous écrivons. On ne doit donc pas s’étonner de trouver un assez grand nombre de terres cuites de cette provenance répandues dans le commerce et dans les musées. En 1883, la Société archéologique d’Athènes en a acquis une petite collection; la même année, le Musée du Louvre a pu acheter d’un antiquaire de Smyrne cinquante terres cuites provenant presque toutes de Myrina. Le Musée de la Société évangélique à Smyrne, le Musée de Berlin, celui de Vienne, le British Muséum et de nombreuses collections particulières possèdent aujourd’hui des terres cuites de l’Éolide h Mais nous devons ajouter que depuis nos fouilles le commerce a quelque peu abusé du nom de Myrina, et que l’on a donné comme provenant de cette nécropole des figurines de valeur et d’origine très diverses 1 2. Les caractères de la fabrique de Myrina sont heureusement assez nets pour que des confusions de ce genre ne puissent pas longtemps résister à l’examen..
1. Depuis l’ouvrage de M. Froehner, voici, à notre connaissance, les terres cuites de Myrina qui ont été publiées : Terres cuites antiques de la collection C. Lecuyer, pl. Q (fig. à droite), X (fig. ;i gauche et à droite), ID (fig. à droite), IP (fig. à droite), Z3, AA CA D5 (iig. à gauche). Nous ne signalons ici que les figurines qui sont identiques aux nôtres. Beaucoup d’autres, dans le même ouvrage, provenant d’Asie-Mineure, rappellent de très près le style de Myrina et peuvent être attribuées à. cette fabrique. Voir aussi le groupe publié par M. Klein dans les Arch. Epigraph. Mittheilungen aus (Esterreich, VII, 2, pl. IV, et plusieurs acquisitions du Mu ée de Berlin, parmi lesquelles une femme assise avec la signature du fabricant Hermocralès, une Artémis assise sur un coq et une femme assise, avec les bras articulés, couronnée d'un haut diadème (Arch. Zeitung, 1883, p. 272.)
2. Cf. Archacologische Zeitung, 1883, p. 134 et 136, où deux groupes en terre cuite sont faussement ullribués à Myrina.