‹ La nécropole de MyrinaChapitre 92 sur 488 · Ibid., p. xxiv, xxv, xxviii · texte numérisé non relu

Ibid., p. xxiv, xxv, xxviii

LES FIGURINES DE TERRE CUITE

changé les attributs : il a pris un bras droit tenant un plectre, un bras gauche soutenant une lyre et il les a soudés au corps ; deux ailes se sont trouvées sous sa main et, avec cette prédilection des coroplastes de Myrina pour les figures ailées, il les a collées au dos de la figurine b De cet assemblage est résultée une composition étrange qui montre avec le corps de Dionysos les ailes d’Éros et la lyre d’Apollon. Voudra-t-on y voir quelque représentation nouvelle d’un Apollon ailé ou bien la reproduction d’une statue de Dionysos Psilax, citée par Pausanias 1 2? N’est-ce pas plutôt une fantaisie du coroplaste, à une époque où l’on n’attachait plus d’importance à la signification précise du sujet, surtout dans les produits de style médiocre et de fabrication hâtive 3? Nous pourrions citer bien d’autres exemples de ces créations, nées de la combinaison des mêmes accessoires. Dans un tombeau on a trouvé trois Nikés ailées, sorties apparemment du même moule, en compagnie d’un grand Éros ailé et voilé, tenant dans sa main gauche une boîte à fard cylindrique 4. La tête de l’Eros est exactement semblable comme type et comme coiffure à celle des Nikés : c’est une tête de femme ajustée sur un corps masculin, et la draperie qui remonte en arrière sur la nuque ajoute encore au caractère féminin de cette représentation. Deux autres statuettes, sorties de la même fabrique, trouvées dans le même tombeau et portant toutes deux la signature de Ménopliilos, sont encore un exemple instructif à cet égard. Les deux corps d’hommes nus, avec une draperie jetée sur le bras gauche, les deux socles ronds, sont sortis du même moule; il a suffi de changer les bras, de donner à l’un une patère, à l’autre une corne d’abondance, de modifier certains détails de la coiffure, en mettant ici une couronne en torsade, là une couronne en bourrelet, en ajoutant ici quelques feuilles de pampre, en disposant là deux appendices en forme d’ailettes, pour produire deux divinités d’aspect tout

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