Catalogue , no
différent, dont l’une rappelle les traits d’Hermès et l’autre a plutôt la physionomie d’un Ploutos ou d’un dieu de l’Abondance *. Nous en revenons à la conclusion de M. Martha : c’est que pour une série très nombreuse de représentations, le nombre des moules est en somme restreint. Toute la variété vient de l’adresse et de la fertilité d’imagination avec laquelle le coroplaste sait combiner un petit nombre de moules et d’accessoires 2.
Nous aurons toutefois occasion de remarquer que dans la fabrique de Myrina un plus grand nombre de moules paraît avoir été mis à la disposition des ouvriers. Presque toutes les fabriques de la Grèce propre ont un type de prédilection qui revient constamment et qui donne une grande uniformité aux produits de la même région. A Tanagre, c’est la jeune femme drapée dans les plis de son himation; en Locride, c’est l’épbèbe nu, à chevelure bouclée, couronné de feuillages; à Tégée, l’hydrophore debout et voilée. A Myrina, il serait difficile de déterminer un type prépondérant. Certains sujets reviennent fréquemment, comme les représentations d’Aphrodite, les Nikés, les Eros, les Sirènes funéraires; mais aucun de ces types n’a sur les autres un avantage très marqué. Les autres compositions sont également plus nombreuses que dans les produits de la Grèce propre.
Retouches. — Il nous reste à parler d’une dernière opération qui termine le façonnage et qui laisse la figurine prête pour la cuisson. C’est le travail de retouche qui consiste à reprendre l’argile fraîche au sortir du moule et à en perfectionner tous les détails avec l’ébaucboir. On sait que les artistes de Tanagre ont montré parfois dans leurs retouches une science consommée du modelé et une finesse exquise d’exécution 3. Mais, en général, on refuse aux coroplastes d’Asie le même soin apporté au perfectionnement de leur oeuvre. « Plus rien, dit M. Rayet, de cette bonhomie, de ce laisser-aller
> charmant, de ces accents spirituels et fantaisistes que donne la
> retouche, mais des figurines tirées de moules faits avec le plus
1. Cataloçjue , nos 200,209. Voir aussi sur celte question Furlwaenglcr, Collection Sabouroff , pl. lxxxviii; Cartaull, Collection Lecuyer, pi. V2.