Martha, op. I. , p. xxiji
9. Cf. Martha, op. L, p. xxiv; Rayet, Monuments de l’Art antique, II, pl. 78, p. 2 et 3.
LES FIGURINES DE TERRE CUITE
> grand soin et auxquelles il a suffi, avant de les mettre au four,
» de coller certaines parties détachées et de donner du poli *. » Nous trouvons pourtant dans la collection de Myrina un nombre assez considérable de types plusieurs fois répétés, dont les uns sont sortis du moule à l’état brut, et dont les autres paraissent devoir leur finesse à un travail de retouches. Un des exemples les plus frappants est la reproduction d’un épbèbe nu, tantôt ailé, tantôt sans ailes, dans l’attitude d’un personnage dansant ou marchant 1 2. Ce type est répété plus de dix fois et, en examinant les pièces avec attention, on voit qu’elles sortent du même moule : la variété ne consiste que dans la pose de la tête tournée à gauche ou à droite, dans un bras abaissé ou levé, dans les ailes ajoutées au corps. Pourtant on aurait peine au premier abord à se figurer que telle figurine très imparfaite, au torse massif, aux bras noueux et mal emmanchés, au visage vulgaire 3, est l’ébauche primitive de ce corps svelte et musclé, de ces jambes finement modelées, de ce visage à demisouriant que nous offre un des plus jolis produits de la fabrique myrinéenne 4.
La science des retouches est plus visible encore dans deux groupes représentant Dionysos et Ariane, trouvés tous deux par M. A. Veyries dans le même tombeau 5. Nous ne croyons pas que ce soient deux exemplaires sortis d’un moule identique, car on aperçoit dans les proportions générales et dans les détails quelques différences essentielles; ce serait plutôt l’exemple rare et fort intéressant de deux maquettes faites par le même artiste, dont l’une corrigerait les imperfections de l’autre, à moins qu’on n’aime mieux supposer que deux ouvriers, d’habileté inégale, se soient exercés sur le même modèle. Quoi qu’il en soit, la supériorité d’un de ces groupes vient surtout de la finesse des retouches, de la façon dont est rendu le moelleux des étoffes, de la pose plus naturelle donnée à la tête de Dionysos. Il a suffi de quelques modifications, d’un coup de pouce ou