XVI. Mois de mars
Du % au !23 mars, on rencontre dix-neuf tombeaux. Je ne parlerai ici que d’un seul.
Le 5, on trouve, à plus d’un mètre au-dessus d’un tombeau de petite dimension, les poteries ordinaires avec un canthare, une fiole en albâtre et six petits vases grecs (aryballes et alabastres).
Le tombeau lui-même renfermait quantité de pièces composant un des mobiliers les plus variés. Je signalerai simplement six pendants en or, deux bracelets et plusieurs bagues en argent, un grand cercle de même métal ayant servi de soutien à un collier, et parmi les éléments de collier une douzaine de scarabées (fig. 86), portant chacun sur le plat un texte hiéroglyphique différent. Une curieuse cornaline représente un personnage sans jambes, la tête coiffée d’une sorte de chapeau de gendarme et les mains appliquées sur les flancs.
A CAllTHAGE.
Une autre amulette est à double face. De chaque côté on y voit figurer, sur deux crocodiles, un
Fig. 86. Scarabées L
cynocéphale entre deux Anubis à tête portant le globe que surmonte un épervier. La base qui porte ce groupe de mythologie égyptienne est couverte d’hiéroglyphes.
Enfin on trouve dans cette sépulture une de ces fioles à glaçure verdâtre (fig. 87), telle que nous en avons déjà rencontré plusieurs. Un plus grand vase de même terre et de même fabrication a été retrouvé brisé en menus fragments, s’effritant à la simple pression des doigts. La cassure de ces objets offre le grain et la couleur blanche du plâtre.
Les fouilles de la nécropole de Douïmès touchaient presque à leur fin lorsque, dans la tran-
1. Le dernier de ces scarabées a été reproduit par erreur la tête en bas.
434 LA NECROPOLE PUNrQUE DE DOUÏMES
chée voisine du chemin de Sidi-Bou-Said, le 11 mars, on trouva, avec une anse d’amphore
Fie. 87. Fioles a glaçure verdâtre.
punique marquée d’une tête en relief et avec un fond de poterie grecque noire, deux anses d’amphores rhodiennes.
Sur l’une on lisait :
AOPIÜNOS
et sur l’autre :
EmnEI2I
2TPATOÏ
TAKIN0IOY
A peu près en même temps sortait de terre, dans la même fouille, une anse à marque circulaire, ornée au centre d’une rose, emblème de l’île de Rhodes, qui produisait en abondance cette fleur odoriférante. L’inscription qui entourait la rose n’est pas complètement conservée. Mais il est facile d’y lire :
/////// AAMOKPATE Y2
Les amphores qui portaient ces différentes marques sont de plusieurs siècles, je crois, moins anciennes que la plupart des tombes de la nécropole de Douïmès 1 .