RAPPORT A L INSTITUT DE FRANCE. XVII
bruyère, gibier rare, nichent encore sur les hautes landes, les écrevisses fourmillent dans les ruisseaux et la truite bondit dans les eaux froides des torrents. A lautorane, les grives engraissées dans les vignobles de la Moselle s'abattent sur les baies de corail du sorbier. Le mouton a un goût exquis. Joignez-y les aspects primitifs de la nature sauvage, les souvenirs historiques et légendaires ; c'est au centre de TArdenne que résidaient les chefs des Francs austrasiens; c'est là que le patron des chasseurs, saint Hubert, vit apparaître le cerf miraculeux.
A cette description de l'Ardenne, M. de Laveleye en ajoute une autre plus agréable encore, celle du bas Luxembourg. Quand on descend vers le sud de ces hauteurs agrestes, le pays prend un caractère tout différent. Le massif ardennais arrête les vents glacés du nord; l'influence d'une latitude plus méridionale se fait sentir tout à coup. Ce climat a paru si doux qu'on lui a donné le nom flatteur de Petite- Provence. Le raisin y mûrit; les poires, Iqs abricots, les prunes, tous les fruits sont si abondants que, dans les bonnes années, on en extrait des quantités notables d eau-de-vie. Le sol appartient au terrain jurassique, le plus fertile de tous.
« Avec son doux climat, dit M. de Laveleye,
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