‹ La NéerlandeChapitre 14 sur 47 · RAPPORT A L INSTITUT DE FRANCE. XIX · texte numérisé non relu

RAPPORT A L INSTITUT DE FRANCE. XIX

d'autres preuves, la densité de la population, qui dépasse 150 habitants par 100 hectares, suffirait pour l'indiquer. Les Anglais se nourrissent mieux que les Belges ; mais ils importent aussi beaucoup plus de denrées alimentaires.

La production indigène doit être à peu près égale. Elle ne se compose pas tout à fait des mêmes éléments, en ce sens que les prairies naturelles occupent beaucoup moins de place en Belgique qu'en Angleterre, et que les moutons y sont infiniment moins nombreux; mais la Belgique regagne par ses autres cultures ce qui lui manque sous ce double rapport ; elle est plus riche en chevaux et en gros bétail, et elle produit plus de céréales.

Comparée à la France, sa production est environ le double de la nôtre à surface égale. C'est encore ce qu'indique assez exactement l'état de la population, qui n'atteint en France qu'à peine la moitié de la population belge, ou 68 habitants pour 100 hectares. Les causes de cette différence ne peuvent pas être dans la na-^ ture du sol et du climat, car un tiers seulement de la Belgique présente une fertilité exceptionnelle; les deux autres tiers se partagent entre les sables de l'ouest et la région montagneuse de l'est. La population belge ne parvient qu'à force de travail et d'industrie à racheter ce qui

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XX RAPPORT A l'institut DE FRANCE.

lui manque. Sept ou huit départements français peuvent lutter de richesse rurale ; tout le reste est fort au dessous. Il est vrai que les moyens de communication, les plus puissants instruments de production qui existent, sont beaucoup plus développés en Belgique qu'en France. On y compte trois fois plus de chemins de fer, proportionnellement à la surface, deux fois plus de routes de toute sorte et de voies navigables. Les parties de la France qui possèdent des moyens de communication aussi perfectionnés, présentent les mêmes résultats agricoles ; celles qui sont en arrière pour les transports sont en arrière pour tout, et ce sont de beaucoup les plus nombreuses, puisqu'elles comprennent au moins les neuf dixièmes du territoire.

Cette diiférence déjà si grande ne fait que s'accroître. Le nouveau recensement agricole publié en 1862 par ordre du gouvernement belge permet de mesurer assez exactement les progrès accomplis dans la période décennale de 1846 à 1856. En 1846, on comptait encore en Belgique 290,000 hectares de bruyère; 70,000 ont été défrichés en dix ans ; c'est presque le quart. La jachère a perdu non moins de terrain que les landes; de 82,000 hectares, elle est tombée à 64,000; elle a reculé de 18,000 hectares. La culture du froment s'est développée ; celle des ce-

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