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680,000 vacBes à 90 millions, soit 132 francs par tête, et en Suisse on a inscrit 100 millions pour 525,000 vaches, ce qui fait 190 francs par tête. Le chiffre adopté pour la Hollande se rapprocherait donc beaucoup de celui qu'on a cru pouvoir constater en Suisse; il le dépasserait même un peu, parce que si la nourriture est de moins bonne qualité que celle des pâturages alpestres, elle est beaucoup plus abondante. 11 serait notablement supérieur à celui de la Belgique, parce que, sauf en Flaiidf e et dans la Campine, les vaches y sont mal nourries l'hiver et donnent ainsi peu de lait pendant le tiers de l'année.

Si l'on veut maintenant se faire une idée suffisamment exacte du produit brut de la Néerlande considérée comme territoire agricole, il ne reste plus qu'à former un tableau dont les détails qui viennent d'être exposés ont fourni la base.

Produits. végétaux.

Céréales (semence déduite). . . 90,000,000 fr. Fiantes industrielles, fruits, etc. . 50,000,000 Pommes de terre, légumes . . . 70,000,000

Bois 10,000,000

A reporter. . . . 220,000,000 fr.

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i.Fs PHonnts.

Produits animaux.

Report Lait, beurre, fromage. .

Viande

Laines, volailles, peaux, etc Jeunes chevaux . . .

Total.

220,000,000 fr.

481,000,000 fr.

Ces résultats méritent, à plus d un égard, de fixer l'attention. Ils montrent que Tagriculture de la Néerlande, si peu connue de l'étranger, la classe dès aujourd'hui parmi les nations les plus avancées sous ce rapport, car le produit brut s'élève à 150 francs par hectare de. la superficie totale, tandis que dans les îles britanniques il ne va qu'à 135 francs et en France à 100 francs. Les Pays-Bas ne le céderaient donc qu'à l'Angleterre proprement dite, prise indépendamment de rÉcosse et de l'Irlande, à la Belgique et à la Lombardie. Si l'on ne considérait que la superficie productive, déduction faite des terrains vagues, on arriverait au magnifique résultat de ^40 francs par hectare. Ce sont les belles prairies de la Hollande et dé la Frise, les riches terres d'alluvion de la Zélande et de la

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Groningue, qui compensent la stérilité naturelle dô la région sablonneuse et qui contribuent principalement à élever la moyenne aussi haut.

Il est encore un fait qui vient confirmer les données précédentes , et qui étonnera ceux qui sont habitués à considérer la Néerlande comme un pays qui tire sa principale richesse du commerce : c'est que nul autre État en Europe n exporte relativement une égale quantité de produits agricoles. Le chiffre de ces exportations s'est élevé en 1860 à plus de 100 millions de francs. Dans ce total, le fromage entrait pour ISmillions, le beurre pour 21 , la garance pour 13, le lin pour 13, l'avoine pour 5, et le bétail pourri millions.

L'accroissement delà population est encore un indice qui permet de mesurer les progrès de l'agriculture, principalement quand l'importation des denrées alimentaires a diminué sans que la condition des classes inférieures ait empiré. 'Or les Pays-Bas présentent sous ce rapport des faits extrêmement remarquables : il y a telles provinces qui ont été pour ainsi dire créées par le travail agricole, la Groningue et l'Over-Yssel par exemple. Il ne faut pas oublier

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que tout le poids des formidables luttes contre l'Espagne d'-abord, puis contre l'Angleterre et la France, a été supporté presque en totalité par trois provinces, la Hollande, la Zélande et la Frise. Dans les dépenses de la fédération, sur '100 florins, la Hollande seule en payait 58, et la Gueldre, la Groningue, TOver-Yssel ensemble, à peine 18, c'est à dire moins du tiers. Ces Quatre provinces formaient en grande partie de vastes déserts, des landes à moitié recouvertes . de tourbières, de marais et de dunes de sables mouvants.Onrencontrait de disfanceen distance, au milieu de la màrke, une oasis, un village qui se suffisait à lui-même, mais qui n'avait rien à exporter, et qui manquait par conséquent de capital disponible et de numéraire. Même vers la fin du siècle dernier, la province de Groningue ne comptait que 110,000 habitants, et celle d'Over-Yssel 120,000; la Drenthe n'en avait pas 40,000, dont 6,000 seulement dans les villes. Dans cette dernière région, la population a plus que doublé en un demi-siècle, tandis qu'en même temps la condition des habitants s'améliorait beaucoup, et cet accroissement s'est produit, non comme dans d'autres pays par le dé-

ÉCONOMIE RURALB. 24

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^82 • LES CULTUftKS ET LA PRODUCTION.

veloppement de Tindustrie et du commerce, mais uniquement par le progrès de l'agriculture. On sait comment le sol arable de certaines régions de la Néerlande a été conquis pas à pasimy^^mer , sur les sables et sur les tourbiéi cultivateur ici une argile d une mei condité, là un terrain tout à fait an composé avec tant d'art et si conve fumé, que ses produits égalent ceux de la plus favorisée. La population ne ses pas accumulée sur une superficie immuabi s avançant ainsi, comme le prophétisent les^ économistes, vers une gêne croissante : elle s'est répandue sur des espaces nouveaux tirés du néant, pour ainsi dire, par son propre labeur , elle a colonisé le territoire même du pays.

L'étendue de la surface productive s'est accrue plus rapidement encore que fe chiffre de la population, circonstance qui ne peut manquer de favoriser le bien-être de la nation tout entière (1).

(1) Il est bien remarquable qae malgré le déclin si rapide de son énorme commerce de transports maritimes, la ville d'Amsterdam n'ait point vu sa population diminuer pendant le dix-huitième siècle, tandis qu'en des circonstances analogues; Anvers, Gand, Brages, perdaient les deux tiers de leurs habitants; c'est qu'elles

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Maintenant les Pays-Bas figurent parmi les Etats les plus peuplés relativement à l'étendue nre. Au 30 décembre 1860, la Néerptait 3,336,000 habitants, ce qui fait it un habitant par hectare. C'est la, jportion qu'en Angleterre, soit environ . de plus qu'en France et un tiers de moins Belgique. La population des villes forme iers du chiffre total, les deux autres tierjs .ppartiennentaux classes rurales, de sorte qu'on trouve à la campagne précisément un habitant par hectare de terrain productif, ce qui ferait une moyenne de 4 hectares 1/2 par famille. Si l'on tient compte de la fertilité exceptionnelle d'une partie du royaume, cette proportion prise comme moyenne paraît suffisante. Aussi la condition des populations rurales est-elle en général assez heureuse : elles consomment une grande quantité de produits animaux sous forme de

avaient cessé d'être libres, tandis qu'Amsterdam l'était restée malgré ses revers. Avant l'époque de la réforme, ce n'était qu'une insignifiante bourgade perdue dans les marais de PY; en 1657, elle avait 145,000* habitants, en 1685,185,000, et en 1748, 241,000, chiffre qui s'est maintenu jusqu'à la fin du siècle. Gela fait supposer que l'accroissement de la production intérieure eompensait la décadence du commerce extérieur.

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lard, de poisson, (le lait et de fromage. Les boissons seulement laissent beaucoup à désirer. Les habitants des campagnes néerlandaises n'en ont point de généreuses ou de fortifiantes comme* le vin ou la bière; ils boivent du café et du thé très faibles et du genièvre, dont souvent ils abui sent. Les petits tableaux de 1 école hollandais* les Ostade, les Téniers, les Wouvermans, m' valent fait croire, comme à tout le monde, les compatriotes de ces peintres si exacts, si nutieux dans tous les détails, devaient être grcxuUo buveurs de bière. En réalité, soit que les habitudes aient changé, soit que les peintres qu'on appelle flamands s'inspirassent plutôt de la Flandre, il est certain que la bière est en Hollande une boisson de luxe qui se vend relativement cher, et il m'est arrivé souvent de n'en point trouver d'aucune sorte dans les villages de la Groningue et de la Frise (1).

Ce qui frappe l'étranger, c'est la part relati-

(1) Ce fait en apparence accessoire est pourtant d'une grande importance, car le défaut d'une bonne boisson pour le peuple est une regrettable lacune dans l'alimentation publique : il a pour e£Pet de favoriser la consommation des liqueurs alcooliques, si nuisibles en même temps à la santé et à la moralité.

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vement très forte que chaque famille, même parmi les moins aisées et dans les campagnes les plus reculées, consacre à l'entretien de son habitation iet de tout ce qui la garnit. Tandis que "nt ailleurs les demeures des ouvriers et le celles des fermiers ou des métayers, ne .entent que quelques meubles grossiers et ;s et des ustensiles ébréchés, ici on trouve ,que dans les plus humbles chaumières tous s bois parfaitement peints, frottés, lustrés, poussetés, les ustensiles de cuivre et d'étain brillants comme de lor ou de l'argent. Il est peu de ménages qui ne conservent quelque ancien bahut datant de l'époque de la splendeur de la république, c'est à dire du dix-septième siècle, et des porcelaines de Chine du même temps. Ce trait de mœurs est ancien, car l'excellent observateur qu'il faut toujours citer quand il s'agit de la Hollande d'autrefois, le chevalier Temple, l'a déjà noté. « De ce qu'ils peuvent épargner, dit-il, après la dépense nécessaire de la maison, ils emploient une partie à augmenter leurs fonds et revenus, et l'autre à embellir et meubler leurs demeures, et de cette façon non seulement ils accroissent la fortune de leur fa-

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mille, mais ils contribuent aussi à la beauté et à l'ornement du pays. » Tous les économistes sont d'acôord pour donner la préférence à ce genre de dépenses, qu'ils appellent des consommation^ lentes, par opposition aux consommations r des, qui sont celles qu'exige la satisfaction besoins journaliers. Dans le Nord, et surt dans un climat humide comme celui des Pa Bas, la demeure, le home, a une bien autre portance que dans le Midi, où l'on vit en pi air, et déjà les anciennes lois frisonnes parle^^o avec amour et respect de la chaude habitation où l'on se réfugie quand au dehors tombe la neige et souffle la tempête.

Si l'on consulte les données fournies par la statistique, on voit qu'elles viennent confirmer ce que nous avait révélé l'observation directe, c'est à dire que la population en Hollande, est en moyenne un peu mieux pourvue que celle des autres États européens, l'Angleterre exceptée. En effet, le chifire du produit brut, divisé par celui qui représente le nombre des habitants, donne pour résultat 150 francs par tête. C'est plus qu'en France, où la répartition par tête ne donne que 140 francs, et bien plus aussi qu'en

Belgique, où Ton n'arrive qua 110 francs. Toutefois il ne* faut pas oublier que la JS'éerlande exporte en Angleterre une notable partie de ses produits agricoles, en échange desquels elle reçoit, il est vrai, du numéraire ou des marchandises, mais qui sont néanmoins enlevés à la masse des denrées alimentaires que le pays consomme. On peut donc conclure de ces faits que si l'abondance et le haut prix de ses produits agricoles permettent à la Néerlande d'augmenter son capital, néanmoins, sous le rapport de l'alimentation publique, elle ne s'élève qu'un peu au dessus de la inoyenne des États de l'Europe occidentale.

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