‹ La NéerlandeChapitre 4 sur 47 · IV RAPPORT A L INSTITUT DE FRANCE · texte numérisé non relu

IV RAPPORT A L INSTITUT DE FRANCE

gne, en préparant la ruine de l'industrie et du commerce, por<^ un coup plus funeste encore à la culture, à qui elle enleva ses débouchés. Ce n est que vers le milieu du siècle dernier que ragriculture a commencé à se relever dans les Flandres, comme dans toute l'Europe, et elle y a fait depuis cette époque des progrès continus, qui se sont fort accélérés depuis trente ans.

M. de Laveleye commence par décrire la zone du littoral. Là s'étendent d'immenses prairies naturelles, où paissent d'innombrables troupeaux. C'est aux environs de Furnes que se rencontrent les meilleurs de ces pâturages; un hectare y suffit pour entretenir et pour engraisser deux bœufs en une saison. Là se trouve ce qu'on appelle les polders, ou terres conquises sur la mer au moyen de digues. Depuis le treizième siècle plus de 50,000 hectares ont été ajoutés au domaine agricole sur la rive gauche de l'Escaut, et plus de 7,000 depuis 1813. C'est ainsi qu'a été comblé un bras de mer, le Zwyn, par où se faisait le commerce des grandes îles flamandes au moyen âge, et qui, en 1215, donnait asile aux 1,700 navires de la flotte de Philippe-Auguste. Les eaux profondes de ce golfe, où se livraient jadis des batailles navales, sont remplacées aujourd'hui par des terres ara-

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nAPPORT A L INSTITUT DE FRANCE. V

bles, de gras pâturages et de riches villages. La fécondité des polders est renommée, et ils méritent leur réputation ; les terres nouvellement endiguées produisent sans engrais des récoltes magnifiques, pendant quarante ou cinquante années de suite.

La grande région sablonneuse n'offre pas un spectacle moins extraordinaire. Là se montre lagriculture flamande avec tous ses caractères, dont les principaux sont la variété des produits, l'étendue donnée aux cultures dérobées ou secondes récoltes, l'emploi abondant des engrais les plus actifs et l'extrême petitesse des exploitations.

On peut citer, comme cultures industrielles, le colza, la cameline, le pavot, le houblon, le lin, le chanvre, le tabac, la chicorée; comme cultures alimentaires, le froment, le seigle, le sarrasin, les haricots, les pommes de terre; comme culture fourragères et racines, le trèfle ordinaire, le trèfle incarnat, la spergule, les féveroles, les vesces, l'avoine, les pois, les choux, les betteraves, les navets, les carottes. La diversité de ces récoltes donne aux campagnes, en toute saison, un aspect riant. Jamais les champs ne sont déserts, jamais le sol ne se repose. Plus d'un tiers de la surface est consacré à ce qu'on appelle les cultures dérobées, c'est à dire à ces

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V'I HAPrOUT A L INSTITUT DE FRANCE.

plantes à végétation rapide, comme la.spergule, le navet, et le trèfle incarnat, le sarrasin, qui permettent de prendre sur le même sol deux récoltes en un an. Une culture aussi intensive sur un terrain aussi rebelle exige lemploi énergique des engrais. C'est la principale préoccupation du cultivateur flamand; il ne se contente pas des matières fertilisantes que lui fournissent les nombreux animaux qu il nourrit, il y ajoute les boues de la ville, la chaux, le guano, les os broyés, les tourteaux, les déchets de fabrique, et enfin l'engrais humain, un des plus puissants.

Les Flandres sont par excellence le pays do la petite culture. Les exploitations nont en moyenne que trois hectares et demi dans la Flandre occidentale, et deux hectares et diènn dans la Flandre orientale. Cette moyenne même, toute réduite quelle est, donne à peine une idée du morcellement. Dans la Flandre occidentale, la moitié des exploitations n'atteignent pas cinquante ares. Ce morcellement a surtout pour cause la concurrence des cultivateurs; il ne s'accroît que très peu par l'effet de la loi de succession. Quand une pièce de terre ne peut se partager sans que la valeur en soit diminuée ou l'exploitation rendue plus difficile, les héritiers sont trop pénétrés de leur propre intérêt pour

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